C'est à cause du manque d'enthousiasme que l'entreprise d'Elon Musk a été appelée Tesla. En hommage à un inventeur génial, Nikola Tesla. Il y a près de 150 ans, ce jeune physicien et ingénieur, alors plein de rêves et d'ambition, débarquait à New York pour collaborer avec Thomas Edison à l'amélioration du réseau électrique de la ville. Il avait travaillé jour et nuit sur une technologie révolutionnaire, le courant électrique alternatif, vecteur incroyable de progrès mais qui obligerait les autorités new-yorkaises à revoir entièrement le modèle industriel établi. Il se heurta donc de plein fouet à la réticence au changement et au manque d'enthousiasme. Son invention mena à la fameuse "guerre des courants" (entre l'alternatif de Tesla et le continu d'Edison), qui vit finalement l'invention de Tesla triompher... sans lui hélas. Tesla finit seul, criblé de dettes et laissant derrière lui 300 brevets inexploités. Heureusement, pour un Nikola Tesla, il y a eu des dizaines de success stories incroyables de gens qui sont partis de rien et qui ont fondé une entreprise florissante (Joseph-Jean D'Ieteren, Franz Colruyt, Paul Janssen, Ingvar Kamprad, Anita Roddick, Oprah Winfrey, Bill Gates, ...). Point commun de toutes ces personnalités aux destins extraordinaires : une vision, des idées, de l'ambition, une volonté hors du commun et beaucoup de travail. Mais aussi des obstacles, des erreurs, des doutes et du découragement, souvent face au manque de soutien.

Ne pas subir le monde

Nous vivons une période complexe, entre la crise du Covid et le réchauffement climatique. Certes, il y a une série d'initiatives enthousiasmantes qui se font entendre, notamment avec la grande mobilisation des jeunes pour le climat ou encore des entreprises qui se sont réinventées à l'heure du Covid. Je rencontre aussi une série d'entrepreneurs ultra-motivés, qui croient dur comme fer dans leur startup. Mais les exemples ne sont pas toujours légion dans une actualité sombre.

Pourtant, je suis persuadé que de nombreux projets audacieux sommeillent ou sont relégués au fond d'un tiroir. Comment faire en sorte que ces projets porteurs d'emploi émergent et soient soutenus ? Pourquoi la Belgique, contrairement aux Etats-Unis, est-elle si frileuse quand il s'agit de soutenir l'ambition ? Faudrait-il tristement se limiter à l'aménagement du présent ? L'enthousiasme, pas à la mode ? On revient de loin : les premiers philosophes grecs le considéraient comme de la possession divine, produisant délires et convulsions (*1) ! Je vous rassure, je ne suis ni fou ni naïf : en tant que créateur et chef d'entreprise, je connais la difficulté du parcours entre une idée et sa concrétisation. Mais rêver est la condition sine qua non pour faire bouger les lignes. Et pour oser son rêve, il faut de l'enthousiasme. De ceux qui portent les projets mais aussi et surtout de ceux qui sont censés les soutenir. Henry Ford ne disait-il pas avec justesse : "l'enthousiasme est à la base de tout progrès"?

La confiance, corollaire de l'enthousiasme

La confiance en soi vient d'abord des autres. Elle est une capacité à s'engager efficacement dans l'action. Une personne qui a confiance en elle ne sera pas prudente à l'excès, ne renoncera pas à la première difficulté et ne procrastinera pas. Elle a au contraire cette envie d'avancer, de réussir et de dépasser les obstacles pour mener à bien son projet. Et cette certitude qu'on est capable de déplacer des montagnes, ça se cultive dès le plus jeune âge. On répond trop souvent à une petite fille qui émet le souhait d'être présidente que ce sera très compliqué, voire inaccessible, sous prétexte qu'il faut composer avec le principe de réalité. Or, un enfant dont on ne bride pas les désirs arrive bien souvent à ses fins ; il apprend à ne pas renoncer et à aller jusqu'au bout de ses rêves. Louise Ciccone serait-elle devenue Madonna si son père avait refusé de la laisser suivre très jeune des cours de danse alors qu'elle les réclamait avec insistance ? Si ce professeur ne lui avait pas donné la confiance en cadeau ? Et si je vous parle de cette histoire, c'est parce que l'idée de mon entreprise m'a été soufflée par un de mes professeurs qui m'a fait confiance.

Échouer pour réussir

Nelson Mandela disait très justement " Je ne perds jamais, soit je gagne soit j'apprends'. On connaît tous les déconvenues de Steve Jobs ou d'Elon Musk qui ont été mis à la porte par le Conseil d'Administration de leur propre société (*2), avant de rebondir magistralement ensuite. Des multiples tentatives ratées de Thomas Edison avant de mettre au point son ampoule à incandescence. N'est-ce pas parce qu'ils ont échoué qu'ils ont réussi (*3) ? Que ces déconvenues leur ont donné l'occasion de réfléchir et de rebondir ? Je plaide pour une évolution des mentalités : non, les échecs et les erreurs ne sont pas des cataclysmes mais bien des opportunités de progression ; oui, osons un état d'esprit positif et un enthousiasme affiché ! Sortir de notre zone de confort en proposant des projets audacieux, c'est ma vision de l'esprit d'entreprise. Qui ne pourra se réaliser qu'avec du soutien et de la confiance. La capacité de croire en ce qui n'existe pas encore. C'est à ce prix que nous pourrons créer des cercles vertueux, réenchanter la société et rallumer les étoiles (*4). Pour ne pas subir le monde mais contribuer à le faire évoluer.

(*1) Les conceptions de l'enthousiasme chez les philosophes présocratiques, Armand Delatte

(*2) "C'est le problème quand on prend des vacances," a dit Musk des années plus tard au sujet de ce voyage malencontreux à la fin des années 2000. (Il s'agissait du CA de PayPal)

(*3) Les vertus de l'échec, Charles Pépin

(*4) Comme le disait Guillaume Apollinaire

C'est à cause du manque d'enthousiasme que l'entreprise d'Elon Musk a été appelée Tesla. En hommage à un inventeur génial, Nikola Tesla. Il y a près de 150 ans, ce jeune physicien et ingénieur, alors plein de rêves et d'ambition, débarquait à New York pour collaborer avec Thomas Edison à l'amélioration du réseau électrique de la ville. Il avait travaillé jour et nuit sur une technologie révolutionnaire, le courant électrique alternatif, vecteur incroyable de progrès mais qui obligerait les autorités new-yorkaises à revoir entièrement le modèle industriel établi. Il se heurta donc de plein fouet à la réticence au changement et au manque d'enthousiasme. Son invention mena à la fameuse "guerre des courants" (entre l'alternatif de Tesla et le continu d'Edison), qui vit finalement l'invention de Tesla triompher... sans lui hélas. Tesla finit seul, criblé de dettes et laissant derrière lui 300 brevets inexploités. Heureusement, pour un Nikola Tesla, il y a eu des dizaines de success stories incroyables de gens qui sont partis de rien et qui ont fondé une entreprise florissante (Joseph-Jean D'Ieteren, Franz Colruyt, Paul Janssen, Ingvar Kamprad, Anita Roddick, Oprah Winfrey, Bill Gates, ...). Point commun de toutes ces personnalités aux destins extraordinaires : une vision, des idées, de l'ambition, une volonté hors du commun et beaucoup de travail. Mais aussi des obstacles, des erreurs, des doutes et du découragement, souvent face au manque de soutien.Ne pas subir le monde Nous vivons une période complexe, entre la crise du Covid et le réchauffement climatique. Certes, il y a une série d'initiatives enthousiasmantes qui se font entendre, notamment avec la grande mobilisation des jeunes pour le climat ou encore des entreprises qui se sont réinventées à l'heure du Covid. Je rencontre aussi une série d'entrepreneurs ultra-motivés, qui croient dur comme fer dans leur startup. Mais les exemples ne sont pas toujours légion dans une actualité sombre. Pourtant, je suis persuadé que de nombreux projets audacieux sommeillent ou sont relégués au fond d'un tiroir. Comment faire en sorte que ces projets porteurs d'emploi émergent et soient soutenus ? Pourquoi la Belgique, contrairement aux Etats-Unis, est-elle si frileuse quand il s'agit de soutenir l'ambition ? Faudrait-il tristement se limiter à l'aménagement du présent ? L'enthousiasme, pas à la mode ? On revient de loin : les premiers philosophes grecs le considéraient comme de la possession divine, produisant délires et convulsions (*1) ! Je vous rassure, je ne suis ni fou ni naïf : en tant que créateur et chef d'entreprise, je connais la difficulté du parcours entre une idée et sa concrétisation. Mais rêver est la condition sine qua non pour faire bouger les lignes. Et pour oser son rêve, il faut de l'enthousiasme. De ceux qui portent les projets mais aussi et surtout de ceux qui sont censés les soutenir. Henry Ford ne disait-il pas avec justesse : "l'enthousiasme est à la base de tout progrès"? La confiance, corollaire de l'enthousiasme La confiance en soi vient d'abord des autres. Elle est une capacité à s'engager efficacement dans l'action. Une personne qui a confiance en elle ne sera pas prudente à l'excès, ne renoncera pas à la première difficulté et ne procrastinera pas. Elle a au contraire cette envie d'avancer, de réussir et de dépasser les obstacles pour mener à bien son projet. Et cette certitude qu'on est capable de déplacer des montagnes, ça se cultive dès le plus jeune âge. On répond trop souvent à une petite fille qui émet le souhait d'être présidente que ce sera très compliqué, voire inaccessible, sous prétexte qu'il faut composer avec le principe de réalité. Or, un enfant dont on ne bride pas les désirs arrive bien souvent à ses fins ; il apprend à ne pas renoncer et à aller jusqu'au bout de ses rêves. Louise Ciccone serait-elle devenue Madonna si son père avait refusé de la laisser suivre très jeune des cours de danse alors qu'elle les réclamait avec insistance ? Si ce professeur ne lui avait pas donné la confiance en cadeau ? Et si je vous parle de cette histoire, c'est parce que l'idée de mon entreprise m'a été soufflée par un de mes professeurs qui m'a fait confiance. Échouer pour réussir Nelson Mandela disait très justement " Je ne perds jamais, soit je gagne soit j'apprends'. On connaît tous les déconvenues de Steve Jobs ou d'Elon Musk qui ont été mis à la porte par le Conseil d'Administration de leur propre société (*2), avant de rebondir magistralement ensuite. Des multiples tentatives ratées de Thomas Edison avant de mettre au point son ampoule à incandescence. N'est-ce pas parce qu'ils ont échoué qu'ils ont réussi (*3) ? Que ces déconvenues leur ont donné l'occasion de réfléchir et de rebondir ? Je plaide pour une évolution des mentalités : non, les échecs et les erreurs ne sont pas des cataclysmes mais bien des opportunités de progression ; oui, osons un état d'esprit positif et un enthousiasme affiché ! Sortir de notre zone de confort en proposant des projets audacieux, c'est ma vision de l'esprit d'entreprise. Qui ne pourra se réaliser qu'avec du soutien et de la confiance. La capacité de croire en ce qui n'existe pas encore. C'est à ce prix que nous pourrons créer des cercles vertueux, réenchanter la société et rallumer les étoiles (*4). Pour ne pas subir le monde mais contribuer à le faire évoluer.