"Comme tout le monde sait, le ministre allemand des Finances est un pyromane qui tente de se faire passer pour un pompier", a lancé le président du Parti socialiste portugais, Carlos César, réagissant à des propos tenus la veille par M. Schäuble à Bucarest.

"Le Portugal a connu beaucoup de réussite et est sorti avec succès de son programme d'aide internationale jusqu'au moment où un nouveau gouvernement a annoncé publiquement, après les élections: +nous n'allons pas respecter les engagements du précédent gouvernement+", avait déclaré le ministre allemand.

"Ses compatriotes ne pensent pas comme lui", et investissent au Portugal, appréciant la "stabilité politique et sociale" et reconnaissant que le pays "est capable de progresser avec la politique actuelle", a assuré M. César.

Le Premier ministre Antonio Costa s'en est mêlé dans la soirée, affirmant qu'il ne prêtait attention "qu'aux Allemands qui connaissent le Portugal et savent par conséquent de quoi ils parlent".

"Les Allemands qui connaissent le Portugal investissent, produisent et créent de la richesse dans le pays", a-t-il ajouté.

Arrivé au pouvoir en novembre 2015 grâce à une alliance avec la gauche radicale, le gouvernement socialiste est revenu sur des mesures de rigueur instaurées par la droite après l'appel à l'aide internationale en 2011, tout en s'engageant à ramener le déficit public à 2,4% du PIB cette année.

De précédentes déclarations controversées de M. Schäuble sur la nécessité d'un nouveau plan de sauvetage avaient déclenché en juillet une mini-crise diplomatique entre Berlin et Lisbonne, qui avait convoqué l'ambassadeur d'Allemagne au Portugal pour protester.

"Le Portugal commettrait une grave erreur s'il ne respecte plus ses engagements. Il aurait alors besoin de demander un nouveau programme d'aide et l'obtiendrait", avait averti lors d'une conférence à Berlin le ministre allemand, chantre de l'orthodoxie budgétaire en Europe.