Tailler dans les dépenses de fonctionnement pour financer une série d'allègements fiscaux, a priori personne ne contestera le principe mis en exergue par le nouveau gouvernement wallon. Cela sera-t-il suffisant ? Impossible à dire à ce stade, faute de chiffre ou de tableau budgétaire dans les trente pages de l'accord de gouvernement. Cela peut se comprendre car les mesures seront affinées au fil des mois par les ministres fonctionnels et les chiffres arriveront alors. On notera toutefois que le report d'un an du retour à l'équilibre budgétaire, décidé hier soir par le gouvernemen...

Tailler dans les dépenses de fonctionnement pour financer une série d'allègements fiscaux, a priori personne ne contestera le principe mis en exergue par le nouveau gouvernement wallon. Cela sera-t-il suffisant ? Impossible à dire à ce stade, faute de chiffre ou de tableau budgétaire dans les trente pages de l'accord de gouvernement. Cela peut se comprendre car les mesures seront affinées au fil des mois par les ministres fonctionnels et les chiffres arriveront alors. On notera toutefois que le report d'un an du retour à l'équilibre budgétaire, décidé hier soir par le gouvernement fédéral, apporte une petite soupape à la Wallonie qui dès lors pourra, elle aussi, étaler un peu sa trajectoire.Le choix des économies dans le fonctionnement de l'appareil public soulève toutefois une double interrogation. La première porte sur les structures visées par la nouvelle majorité. La rationalisation semble une évidence en matière de transports publics (on n'a jamais compris pourquoi il fallait cinq TEC provinciaux quand De Lijn fonctionne avec une structure unique) ou de gestionnaire de réseau de distribution d'énergie (GRD). En revanche, ce n'est peut-être plus vraiment le cas pour les outils économiques. Ces dernières années, la SRIW a bien élagué dans sa nébuleuse de filiales, tout en clarifiant les rôles entre elle, la Sogepa, la Sowalfin et les invests. En accentuant le mouvement, il ne faudrait pas aboutir à une centralisation excessive au détriment de la souplesse de réaction et d'intervention en faveur des entreprises. La seconde concerne l'équilibre financier global. Imposer la gratuité des mandats dérivés des fonctions de bourgmestre et d'échevin, c'est très bien. Intégrer tous les mandats dans les filiales d'intercommunales dans le champ des règles concernant le cumul et les plafonds de rémunération dans mandats publics, c'est très bien. Créer un GRD unique, c'est très bien. Supprimer quelques 200 mandats d'administrateurs, c'est très bien. Mais qui économisera les dizaines de millions d'euros annoncés grâce à cela ? Pas la Région wallonne. Si les intercommunales dépensent moins en rémunération des mandats, elles pourront soit augmenter leurs dividendes aux communes, soit réduire le coût de leurs services aux citoyens et aux entreprises. Mais cela n'apporte pas d'argent dans le budget wallon pour compenser, par exemple, la perte de la recette de la télé-redevance. Ou alors, il faudra revoir tout le financement des pouvoirs locaux, par exemple en rabotant le fonds des communes (dépense régionale) à concurrence de la hausse des dividendes versés par les intercommunales. Un chantier titanesque et ouvert à bien des arrangements au profit des communes "amies" de la nouvelle majorité.