Le pavé a été jeté dans la mare dès vendredi par le superviseur européen qui a appelé les grandes banques de la zone euro à ne pas rémunérer leurs actionnaires pour les années 2019 et 2020, et ce "au moins jusqu'au 1er octobre 2020". Ces dernières sont également invitées à ne pas racheter leurs propres actions - un autre moyen de rémunérer leurs actionnaires - durant la pandémie de Covid-19. Les entreprises versent généralement leurs dividendes au moment des assemblées générales, qui se tiennent parfois plusieurs mois après que leur exercice comptable a été bouclé.

Une banque va donc le plus souvent payer au printemps 2020 le dividende basé sur le bénéfice dégagé en 2019, mais elle peut aussi choisir de verser des acomptes avant l'échéance de l'assemblée générale. "Contrairement à la crise financière de 2008, les banques ne sont pas cette fois la source du problème. Mais nous devons nous assurer qu'elles peuvent faire partie de la solution", a écrit le président du superviseur bancaire Andrea Enria dans un billet publié sur le site de la BCE.

Renoncer aux dividendes pourrait libérer 30 milliards d'euros de capital, estime-t-il, sans manquer de rappeler les mesures prises récemment par l'institution de Franfort pour assouplir les exigences de capital ou les règles de prudence sur le crédit, afin de garantir que les banques continuent de soutenir l'économie. En échange de ces mesures, la BCE avait déjà souligné mi-mars attendre des banques qu'elles "n'augmentent pas la distribution de dividendes". L'institution est allée plus loin vendredi en disant désormais attendre des actionnaires des banques qu'"ils rejoignent cet effort collectif" contre l'épidémie en cours.

Mesure "de bon sens"

"C'est une mesure de bon sens de la part de la BCE" qui "démontre aussi l'utilité du mécanisme de supervision unique", a estimé Nicolas Véron, analyste pour le groupe de réflexion bruxellois Bruegel. "Une telle action aurait sans doute été très difficile voire impossible dans la situation précédente de supervision fragmentée au niveau national, car chacun aurait voulu protéger ses banques dans une perception de concurrence entre systèmes bancaires nationaux", ajoute-t-il.

Première à réagir, la Fédération bancaire européenne, organisme représentant les banques de la zone euro, a de son côté recommandé à ses membres de suspendre les dividendes au titre de l'exercice 2020, mais de se décider concernant 2019 en fonction des "attentes des actionnaires", selon un document consulté par l'AFP. Du côté des banques, les réactions sont diverses. Le géant espagnol Santander - dont les hauts dirigeants ont décidé de verser une partie de leurs salaires à un fonds de soutien - a annoncé dès lundi vouloir "revoir le dividende" versé pour l'année 2020 et proposer un "dividende final unique" à ses actionnaires en 2021, précisant qu'aucun acompte ne serait versé en novembre 2020.

Les banques françaises réservées

Plusieurs groupes européens se sont depuis engagés à ne pas rémunérer leurs actionnaires au moins jusqu'à octobre à l'image de l'allemand Commerzbank ou des trois principaux groupes bancaires néerlandais, ING, ABN Amro et Rabobank. Même décision en Italie pour Banca Generali et Unicredit qui a aussi renoncé au rachat d'actions propres à hauteur de 467 millions d'euros au titre de 2019 tout comme le bancassureur belge KBC.

L'exception est pour l'heure française, les banques de l'Hexagone, parmi les plus solides de la zone euro, et ayant engrangé de juteux bénéfices en 2019, demeurant très réservées sur la question. Sollicités par l'AFP, BNP Paribas, Société Générale, Natixis et Crédit Agricole SA ont répondu avoir "pris connaissance des recommandations de la BCE" sans s'engager à suivre ses recommandations. Le sujet "sera examiné en conseil d'administration" cette semaine, a précisé Natixis tout comme Crédit Agricole SA qui sollicitera ses administrateurs au plus tard le 14 avril. Lundi, le superviseur bancaire français a à son tour appelé les banques actives en France et les sociétés de financement à s'abstenir de distribuer un dividende.

Le pavé a été jeté dans la mare dès vendredi par le superviseur européen qui a appelé les grandes banques de la zone euro à ne pas rémunérer leurs actionnaires pour les années 2019 et 2020, et ce "au moins jusqu'au 1er octobre 2020". Ces dernières sont également invitées à ne pas racheter leurs propres actions - un autre moyen de rémunérer leurs actionnaires - durant la pandémie de Covid-19. Les entreprises versent généralement leurs dividendes au moment des assemblées générales, qui se tiennent parfois plusieurs mois après que leur exercice comptable a été bouclé. Une banque va donc le plus souvent payer au printemps 2020 le dividende basé sur le bénéfice dégagé en 2019, mais elle peut aussi choisir de verser des acomptes avant l'échéance de l'assemblée générale. "Contrairement à la crise financière de 2008, les banques ne sont pas cette fois la source du problème. Mais nous devons nous assurer qu'elles peuvent faire partie de la solution", a écrit le président du superviseur bancaire Andrea Enria dans un billet publié sur le site de la BCE.Renoncer aux dividendes pourrait libérer 30 milliards d'euros de capital, estime-t-il, sans manquer de rappeler les mesures prises récemment par l'institution de Franfort pour assouplir les exigences de capital ou les règles de prudence sur le crédit, afin de garantir que les banques continuent de soutenir l'économie. En échange de ces mesures, la BCE avait déjà souligné mi-mars attendre des banques qu'elles "n'augmentent pas la distribution de dividendes". L'institution est allée plus loin vendredi en disant désormais attendre des actionnaires des banques qu'"ils rejoignent cet effort collectif" contre l'épidémie en cours."C'est une mesure de bon sens de la part de la BCE" qui "démontre aussi l'utilité du mécanisme de supervision unique", a estimé Nicolas Véron, analyste pour le groupe de réflexion bruxellois Bruegel. "Une telle action aurait sans doute été très difficile voire impossible dans la situation précédente de supervision fragmentée au niveau national, car chacun aurait voulu protéger ses banques dans une perception de concurrence entre systèmes bancaires nationaux", ajoute-t-il.Première à réagir, la Fédération bancaire européenne, organisme représentant les banques de la zone euro, a de son côté recommandé à ses membres de suspendre les dividendes au titre de l'exercice 2020, mais de se décider concernant 2019 en fonction des "attentes des actionnaires", selon un document consulté par l'AFP. Du côté des banques, les réactions sont diverses. Le géant espagnol Santander - dont les hauts dirigeants ont décidé de verser une partie de leurs salaires à un fonds de soutien - a annoncé dès lundi vouloir "revoir le dividende" versé pour l'année 2020 et proposer un "dividende final unique" à ses actionnaires en 2021, précisant qu'aucun acompte ne serait versé en novembre 2020.Plusieurs groupes européens se sont depuis engagés à ne pas rémunérer leurs actionnaires au moins jusqu'à octobre à l'image de l'allemand Commerzbank ou des trois principaux groupes bancaires néerlandais, ING, ABN Amro et Rabobank. Même décision en Italie pour Banca Generali et Unicredit qui a aussi renoncé au rachat d'actions propres à hauteur de 467 millions d'euros au titre de 2019 tout comme le bancassureur belge KBC.L'exception est pour l'heure française, les banques de l'Hexagone, parmi les plus solides de la zone euro, et ayant engrangé de juteux bénéfices en 2019, demeurant très réservées sur la question. Sollicités par l'AFP, BNP Paribas, Société Générale, Natixis et Crédit Agricole SA ont répondu avoir "pris connaissance des recommandations de la BCE" sans s'engager à suivre ses recommandations. Le sujet "sera examiné en conseil d'administration" cette semaine, a précisé Natixis tout comme Crédit Agricole SA qui sollicitera ses administrateurs au plus tard le 14 avril. Lundi, le superviseur bancaire français a à son tour appelé les banques actives en France et les sociétés de financement à s'abstenir de distribuer un dividende.