En disant Bye-Bye Tsipras, les Grecs ont donné plusieurs leçons aux autres européens. Première leçon : le jeune leader de gauche Alexis Tsipras du parti Syriza ne sera plus premier ministre de la Grèce. Il a perdu les dernières élections. Il avait pourtant été élu en accusant le FMI, la Commission européenne et les banques européennes d'étrangler son pays. Il avait été élu sur un programme de rupture, de fin de l'austérité.

Mais la réalité a été plus forte que ses promesses, et Alexis Tsipras a dû changer de fusil d'épaule et pratiquer l'austérité qu'il avait toujours refusé. A sa décharge, l'austérité a marché, son pays affiche aujourd'hui une croissance économique au-dessus de la moyenne européenne, il est passé d'un déficit budgétaire chronique à un budget en excédent.

Mieux encore, la Grèce peut désormais se financer toute seule sur les marchés internationaux et avec un taux d'intérêt raisonnable de 2%. Bref, c'est un homme de gauche qui a fait un boulot de droite et le résultat final est excellent.

En disant Bye-Bye Tsipras, les Grecs ont donné plusieurs leçons aux autres européens.

Oui, sauf que ça, ce sont les chiffres, les gens, le peuple lui ne voit pas encore les résultats de ces sacrifices. Le chômage en Grèce est encore à 20%, le salaire minimum est passé de 760 euros à 580 euros et en moyenne la population grecque a perdu entre 30 et 40% de ses revenus. Et donc, c'est ce constat que paie aujourd'hui le premier ministre grec Alexis Tsipras. Il n'est pas certain que le parti qui lui succède fera mieux, mais ce parti va bénéficier du sale boulot réalisé par un parti de gauche. C'est la deuxième leçon de cette histoire grecque : seule la gauche est capable de faire passer des mesures libérales sans provoquer une révolution sociale.

La troisième leçon, et qui ne fera pas plaisir aux partis populistes de droite comme de gauche : c'est qu'au final, ils perdent toujours. On l'a vu avec la France insoumise de Jean-Luc Mélanchon mais on l'a aussi vu avec le parti de gauche espagnol Podemos. C'est d'ailleurs peut-être pour cette raison que le PTB ne veut pas gouverner en Belgique.

Et puis, regardons les dernières élections européennes : tous les médias ont tartiné sur le danger des partis populistes, sur le raz-de-marée populiste qu'il soit de droite ou de gauche, mais au final, qu'est-ce qu'on voit ? Que la nouvelle présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, appartient à un parti traditionnel, que le nouveau président du Conseil européen, le Belge Charles Michel appartient à un parti traditionnel, et que la nouvelle patronne de la Banque centrale européenne, la Française Christine Lagarde, appartient elle aussi à un parti traditionnel. Autrement dit, toutes les instances européennes restent aux mains des partis classiques et les populistes n'ont quasi aucun pouvoir. Les uns crieront à la trahison et les autres pousseront un "ouf" de soulagement.