La crise du Covid est un choc d'une telle envergure pour les économies qu'il n'est pas facile d'en comprendre toutes les conséquences à court et encore moins long terme. Il y a bien entendu l'impact direct des mesures de confinement. Mais il y a aussi et surtout les décisions politiques pour contrer les effets économiques de ces mesures, les changements d'habitude des ménages et des entreprises, l'incertitude quant à la suite des événements, etc. C'est à la fois un fascinant terrain d'études et une montagne d'incertitudes.
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La crise du Covid est un choc d'une telle envergure pour les économies qu'il n'est pas facile d'en comprendre toutes les conséquences à court et encore moins long terme. Il y a bien entendu l'impact direct des mesures de confinement. Mais il y a aussi et surtout les décisions politiques pour contrer les effets économiques de ces mesures, les changements d'habitude des ménages et des entreprises, l'incertitude quant à la suite des événements, etc. C'est à la fois un fascinant terrain d'études et une montagne d'incertitudes. Dès lors, la plupart des relations économiques connues sont, dans le cas présent, inopérantes car elles ont été calibrées sur des conditions normales de fonctionnement de l'économie. En outre, les prévisions économiques sont encore trop tributaires de paramètres non économiques (succès de la vaccination, nouvelles mutations, intelligence politique dans les décisions qui seront prises, etc.) pour rester inchangées plus que quelques semaines. La publication du chiffre du PIB du quatrième trimestre en est une nouvelle illustration. On a en effet appris que selon la première estimation des comptes nationaux, le PIB de la Belgique a progressé de 0,2% au quatrième trimestre par rapport au précédent. Pourtant, tout le monde se rappelle que le quatrième trimestre a été marqué par une deuxième vague particulièrement virulente du Covid, nécessitant la fermeture de nombreux secteurs, en ce compris l'ensemble des magasins non essentiels durant trois semaines. Le secteur de l'horeca a également dû fermer durant la période la plus importante de l'année pour lui. Et que dire de celui des soins de santé, obligé encore une fois de postposer une grande partie de son activité habituelle pour laisser place aux patients atteints du Covid. Tout ceci, au-delà des drames humains, risquait de provoquer une nouvelle contraction forte de l'activité. Il n'en a donc rien été. A défaut de confirmer les attentes, la publication d'un chiffre positif est donc une très bonne surprise. Il semble en effet que les secteurs de l'industrie et de la construction ont su poursuivre leur reprise d'activité entamée au troisième trimestre (selon la première estimation de la Banque nationale, l'activité y a progressé de respectivement 4,7% et 3,3% au dernier trimestre). Cela aurait permis de compenser la nouvelle contraction du secteur des services. Avec toutes les réserves qui s'imposent, il semble donc que plusieurs pans de l'économie soient devenus plus résilients face aux mesures prises pour contrer la crise sanitaire. Les protocoles dans les entreprises ont certainement été améliorés par rapport à la première vague, permettant la poursuite de leur activité. C'est une bonne chose. Faut-il y voir un signe que nous "gérons" collectivement mieux la crise. Pas vraiment. Les mesures de confinement en vigueur actuellement et l'application qui en est faite ne permettent plus de faire baisser le nombre de contaminations. Et alors que certains secteurs semblent améliorer leur activité petit à petit, d'autres continuent de mourir à petit feu, faute de ne pouvoir exercer. On ne peut donc certainement pas parler d'un équilibre permettant, d'un point de vue économique, de "vivre" malgré le virus. Cette situation reste intenable à terme et seule la vaccination semble pouvoir réellement l'améliorer.