Même si le microcosme des start-up numériques n'est clairement plus aussi "délirant" que par le passé et que l'argent des investisseurs ne s'y obtient plus aussi facilement, les jeunes pousses de la tech continuent d'intéresser. Probablement avec plus de prudence. Ou de manière plus pointue.
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Même si le microcosme des start-up numériques n'est clairement plus aussi "délirant" que par le passé et que l'argent des investisseurs ne s'y obtient plus aussi facilement, les jeunes pousses de la tech continuent d'intéresser. Probablement avec plus de prudence. Ou de manière plus pointue. C'est en tout cas ce que laisse penser la création actuelle de Nuketech, nouveau fonds privé dédié aux start-up du numérique. Mais pas n'importe lesquelles: celles qui s'activent sur le créneau, très actuel, du nucléaire. A la manoeuvre, Mathieu de Lophem, l'ancien boss de Deliveroo Belgique puis de Skipr (appli mobilité de D'Ieteren), et deux de ses amis: Guerric de Crombrugghe (ancien de Sabca et ScanWorld) et Amaury de Hults (ex-Engie et spécialiste du financement de l'énergie renouvelable). Leur idée? Mettre en place un fonds qui investira très précocement dans des start-up développant de l'innovation dans l'univers de l'atome. Un créneau porteur, d'après les trois entrepreneurs investisseurs. Surtout à l'heure de la mise en place d'un nouveau mix énergétique et alors que l'Etat belge vient de trouver un nouvel accord avec Engie pour la prolongation du nucléaire. "Le timing nous paraît excellent, plaide Mathieu de Lophem. Beaucoup de pays comme la France, la Pologne, les Pays-Bas réinvestissent dans le nucléaire. Et le challenge de décarbonation actuelle impose la combinaison du nucléaire et des énergies renouvelables." Or, après des années de désinvestissement, l'innovation serait nécessaire, y compris pour pallier le manque de talents auquel le secteur sera très rapidement confronté. Le marché serait donc hyper-porteur. Nuketech, fonds fermé qui ne peut donc pas attendre 30 ans avant d'avoir un retour sur investissement, soutiendra des start-up qui développent de l'innovation gravitant autour des centrales et des réacteurs."On veut investir dans des technologies qui permettent de sécuriser, optimiser voire démanteler les réacteurs, enchaîne le cofondateur de Nuketech. L'idée est de rester sur du software, de la robotique, des matériaux, etc." Mais pas uniquement chez nous: les créateurs de Nuketech auraient déjà identifié une centaine de start-up en Europe, dont 10% en Belgique. Le fonds investira des petits tickets de série A, pouvant aller de quelques centaines de milliers d'euros à plusieurs millions. Pour cela, il espère disposer, à terme, de 50 millions d'euros de la part d'investisseurs.