Vous avez d'un côté, les pays baltes et d'autres pays d'Europe centrale, comme la Pologne, qui estiment que les sanctions économiques commencent seulement à porter leurs fruits, qu'il faut les intensifier et surtout ne pas céder aux revendications de Poutine. En d'autres mots, ces pays rejettent toute forme de cessez-le-feu car, pour eux, cela reviendrait à geler le conflit au profit de Poutine. Et même si c'est dur sur le plan économique pour l'Europe, il ne faut pas craquer car la victoire sera là dans quelques mois.

Et puis, vous avez de l'autre côté, un bloc emmené par l'Italie, la France, l'Allemagne et d'autres pays, comme la Belgique, qui estiment qu'une guerre longue sera trop difficile à supporter pour l'Europe et même pour l'Ukraine. Sans compter qu'une guerre interminable pourrait provoquer d'autres dangers, comme l'extension du conflit, une crise migratoire énorme, un risque d'attaque nucléaire ou une provocation directe contre un pays de l'OTAN.

Bref, l'idée de ce camp de la paix pourrait se résumer à la volonté répétée d'Emmanuel Macron de ne pas humilier Poutine, de lui laisser une porte de sortie car la réalité géographique est là : la Russie est notre voisin, "un voisin qui ne déménagera pas". Même les Américains, soucieux d'être très durs à l'égard de la Russie, sont en train de se demander si Henry Kissinger, l'ancien secrétaire d'Etat, âgé aujourd'hui de 99 ans et considéré comme le plus grand gourou de la géopolitique mondiale n'a pas raison. Connu pour son cynisme et son franc-parler, il estime lui aussi que l'Ukraine doit faire des concessions territoriales. Il l'a encore affirmé lors du dernier sommet de Davos.

A l'évidence Zelensky, le président ukrainien est en colère, il sait que des tractations se manigancent derrière son dos. Il avait déjà compris que les Européens n'allaient pas verser une goutte de sang pour libérer son pays, mais il découvre aussi, depuis peu que l'Europe (du moins sa partie occidentale) n'est pas prête non plus à sacrifier indéfiniment son pouvoir d'achat. Non plus pour l'Ukraine, comme le faisait remarquer le commentateur financier Marc Fiorentino, "même s'ils clameront le contraire comme ils l'ont fait pour la Crimée, un statu quo avec le Donbass annexé par la Russie n'empêcherait aucun de nos dirigeants de dormir à condition que le conflit s'arrête et que le prix de l'essence baisse et qu'il y ait de la moutarde dans nos magasins". Et Marc Fiorentino ajoute : "Zelensky l'a compris et il est en colère. Mais la messe est dite".

A vous de voir dans quel camp vous êtes : le camp des réalistes qui estiment qu'il faudra bien continuer à vivre avec la Russie, la paix revenue, ou le camp des idéalistes qui, comme l'historien Thierry Wolton, estime cette vision immorale, et qui consiste au nom de la "real politik" à passer par pertes et profits les crimes commis par les soldats russes ?

Vous avez d'un côté, les pays baltes et d'autres pays d'Europe centrale, comme la Pologne, qui estiment que les sanctions économiques commencent seulement à porter leurs fruits, qu'il faut les intensifier et surtout ne pas céder aux revendications de Poutine. En d'autres mots, ces pays rejettent toute forme de cessez-le-feu car, pour eux, cela reviendrait à geler le conflit au profit de Poutine. Et même si c'est dur sur le plan économique pour l'Europe, il ne faut pas craquer car la victoire sera là dans quelques mois.Et puis, vous avez de l'autre côté, un bloc emmené par l'Italie, la France, l'Allemagne et d'autres pays, comme la Belgique, qui estiment qu'une guerre longue sera trop difficile à supporter pour l'Europe et même pour l'Ukraine. Sans compter qu'une guerre interminable pourrait provoquer d'autres dangers, comme l'extension du conflit, une crise migratoire énorme, un risque d'attaque nucléaire ou une provocation directe contre un pays de l'OTAN. Bref, l'idée de ce camp de la paix pourrait se résumer à la volonté répétée d'Emmanuel Macron de ne pas humilier Poutine, de lui laisser une porte de sortie car la réalité géographique est là : la Russie est notre voisin, "un voisin qui ne déménagera pas". Même les Américains, soucieux d'être très durs à l'égard de la Russie, sont en train de se demander si Henry Kissinger, l'ancien secrétaire d'Etat, âgé aujourd'hui de 99 ans et considéré comme le plus grand gourou de la géopolitique mondiale n'a pas raison. Connu pour son cynisme et son franc-parler, il estime lui aussi que l'Ukraine doit faire des concessions territoriales. Il l'a encore affirmé lors du dernier sommet de Davos.A l'évidence Zelensky, le président ukrainien est en colère, il sait que des tractations se manigancent derrière son dos. Il avait déjà compris que les Européens n'allaient pas verser une goutte de sang pour libérer son pays, mais il découvre aussi, depuis peu que l'Europe (du moins sa partie occidentale) n'est pas prête non plus à sacrifier indéfiniment son pouvoir d'achat. Non plus pour l'Ukraine, comme le faisait remarquer le commentateur financier Marc Fiorentino, "même s'ils clameront le contraire comme ils l'ont fait pour la Crimée, un statu quo avec le Donbass annexé par la Russie n'empêcherait aucun de nos dirigeants de dormir à condition que le conflit s'arrête et que le prix de l'essence baisse et qu'il y ait de la moutarde dans nos magasins". Et Marc Fiorentino ajoute : "Zelensky l'a compris et il est en colère. Mais la messe est dite".A vous de voir dans quel camp vous êtes : le camp des réalistes qui estiment qu'il faudra bien continuer à vivre avec la Russie, la paix revenue, ou le camp des idéalistes qui, comme l'historien Thierry Wolton, estime cette vision immorale, et qui consiste au nom de la "real politik" à passer par pertes et profits les crimes commis par les soldats russes ?