Les investisseurs boursiers n'ont pas trop confiance en Donald Trump, ils pensent de plus en plus que c'est un tigre de Twitter, exactement comme les Chinois disent de leurs ennemis qu'ils sont des tigres de papier. Vous remplacez le mot "papier" par "tweet" et vous avez l'idée que la Bourse se fait du locataire actuel de la Maison Blanche.

Et au niveau politique international, l'image de Donald Trump n'est guère meilleure ! En effet, la Maison Blanche a informé ses alliés kurdes qu'elle ne les défendrait pas contre une attaque de la Turquie. Aussitôt après cette annonce, même ses alliés politiques à Washington se sont désolidarisés de Trump en disant que c'était un choix "porteur de désastre" et qu'une telle décision allait permettre à l'Etat islamique de revenir dans la Région. Et, ce n'est que parce qu'il a constaté toute cette levée de boucliers que Donald Trump a rétropédalé et qu'il a dit, via Twitter, je le cite : "Si la Turquie fait quelque chose que, dans ma grande et incomparable sagesse, je juge hors des limites, je détruirai complètement l'économie turque" (fin de citation).

Bref, c'est du Donald Trump tout craché... Mais en attendant, ce lâchage de nos alliés Kurdes a aussi ouvert les yeux de son allié israélien. Le quotidien Jerusalem Post n'y va d'ailleurs pas avec le dos de la cuillère et fait le parallèle avec l'absence ahurissant de réponse militaire américaine après l'attaque, le mois dernier, contre les installations pétrolières saoudiennes, et avec cet abandon de nos alliés Kurdes. Les commentateurs avaient rappelé, et j'en fais partie, que les Etats-Unis sont liés par un pacte de protection de l'Arabie Saoudite en cas d'attaque du Royaume, les Américains étaient donc censés réagir, mais ils ne l'ont pas fait. Les Israéliens, et notamment leur presse, en concluent qu'Israël doit compter uniquement sur lui-même, exactement comme sous l'administration Obama, alors qu'en principe Trump est supposé être très proche d'Israël.

En fait, ce lâchage des Kurdes arrive juste un mois après que les Etats-Unis et Israël aient parlé de conclure une sorte de pacte de défense mutuelle. Pour le Jerusalem Post, ce pacte, s'il est signé un jour, n'aura aucune valeur : des mots, alors que le retrait des troupes américaines au Moyen-Orient, ce sont des actes ! Et plutôt que se fier aux mots, il faudra se fier uniquement aux actes avec Donald Trump : Israël, mais aussi l'Arabie Saoudite, ont compris que les mots ne valent pas le prix du papier sur lequel ils sont écrits.

En conclusion, Trump n'est plus pris au sérieux en Bourse, et pas plus en matière de politique internationale... Cela commence à faire beaucoup de déçus !