Les ménages flamands paient implicitement un transfert aux ménages wallons de 4,6 milliards d'euros par an et d'un milliard aux ménages bruxellois, peut-on lire dans le récent Rapport sur l'économie wallonne de l'Institut wallon de la statistique (IWEPS), mais d'autres paramètres font apparaître certains apports de l'économie wallonne à ses consoeurs.

Cette évaluation de la solidarité entre régions plus ou moins prospères, jouant dans tout État, équivaut à dire que chaque personne en Flandre verse en moyenne un transfert implicite de 874 euros par an.

Un montant identique - hasard de la statistique - est reçu par chaque bruxellois, et ces transferts permettent en moyenne à chaque personne en Wallonie de disposer de 1.285 euros supplémentaires par an, selon un encadré de ce rapport présenté la semaine dernière.

Le déficit wallon est en grande partie lié à la contribution moindre en termes de cotisations sociales et d'impôts que ce que le poids démographique de la Wallonie aurait prédit, note sans surprise l'IWEPS.

A contrario, malgré un déficit d'activité interne et d'emploi, la part wallonne dans les prestations sociales ne dépasse au final que peu sa part dans la population (avec des spécificités telles qu'un chômage relativement plus élevé, moins de pensions, etc), note l'Institut.

100 euros dépensés en Wallonie généreront, en plus de leurs effets locaux, 36 euros supplémentaires en Flandre et 24 à Bruxelles

Plusieurs études sont déjà parues sur le sujet et varient selon la méthodologie adoptée. La particularité de cette dernière étude de l'IWEPS, fondée sur des données de 2012, est d'ajouter, dans l'estimation des transferts généralement limitée aux transferts du revenu "poche" (après impôts et aides sociales), les transferts liés aux soins de santé et à l'enseignement ("revenu disponible net ajusté"), au prorata de la population régionale ("clé population").

Une autre approche est la clé "juste retour", liée aux revenus primaires, ce qui permet de comparer les prestations fournies aux ménages d'une région à la capacité de cette région d'en supporter seule le coût. Le résultat en est quelque peu modifié: les ménages flamands versent 939 euros, les bruxellois en reçoivent 952 et les wallons 1.376.

L'étude de l'IWEPS va plus loin dans l'évaluation des flux interrégionaux. Elle montre notamment que la Wallonie accuse un déficit commercial de 16 milliards d'euros par rapport aux deux autres régions, dont 5,5 milliards au bénéfice de la Flandre. Ce déficit est essentiellement dû à la demande des ménages et des entreprises du sud du pays pour les biens et services produits dans les deux autres régions.

Les effets croisés sont tels que 100 euros dépensés en Wallonie généreront, en plus de leurs effets locaux, 36 euros supplémentaires en Flandre et 24 à Bruxelles, là où 100 euros dépensés en Flandre ne généreront que 9 euros supplémentaires en Wallonie et 19 euros à Bruxelles.

Les ménages flamands paient implicitement un transfert aux ménages wallons de 4,6 milliards d'euros par an et d'un milliard aux ménages bruxellois, peut-on lire dans le récent Rapport sur l'économie wallonne de l'Institut wallon de la statistique (IWEPS), mais d'autres paramètres font apparaître certains apports de l'économie wallonne à ses consoeurs.Cette évaluation de la solidarité entre régions plus ou moins prospères, jouant dans tout État, équivaut à dire que chaque personne en Flandre verse en moyenne un transfert implicite de 874 euros par an. Un montant identique - hasard de la statistique - est reçu par chaque bruxellois, et ces transferts permettent en moyenne à chaque personne en Wallonie de disposer de 1.285 euros supplémentaires par an, selon un encadré de ce rapport présenté la semaine dernière. Le déficit wallon est en grande partie lié à la contribution moindre en termes de cotisations sociales et d'impôts que ce que le poids démographique de la Wallonie aurait prédit, note sans surprise l'IWEPS. A contrario, malgré un déficit d'activité interne et d'emploi, la part wallonne dans les prestations sociales ne dépasse au final que peu sa part dans la population (avec des spécificités telles qu'un chômage relativement plus élevé, moins de pensions, etc), note l'Institut.Plusieurs études sont déjà parues sur le sujet et varient selon la méthodologie adoptée. La particularité de cette dernière étude de l'IWEPS, fondée sur des données de 2012, est d'ajouter, dans l'estimation des transferts généralement limitée aux transferts du revenu "poche" (après impôts et aides sociales), les transferts liés aux soins de santé et à l'enseignement ("revenu disponible net ajusté"), au prorata de la population régionale ("clé population"). Une autre approche est la clé "juste retour", liée aux revenus primaires, ce qui permet de comparer les prestations fournies aux ménages d'une région à la capacité de cette région d'en supporter seule le coût. Le résultat en est quelque peu modifié: les ménages flamands versent 939 euros, les bruxellois en reçoivent 952 et les wallons 1.376. L'étude de l'IWEPS va plus loin dans l'évaluation des flux interrégionaux. Elle montre notamment que la Wallonie accuse un déficit commercial de 16 milliards d'euros par rapport aux deux autres régions, dont 5,5 milliards au bénéfice de la Flandre. Ce déficit est essentiellement dû à la demande des ménages et des entreprises du sud du pays pour les biens et services produits dans les deux autres régions. Les effets croisés sont tels que 100 euros dépensés en Wallonie généreront, en plus de leurs effets locaux, 36 euros supplémentaires en Flandre et 24 à Bruxelles, là où 100 euros dépensés en Flandre ne généreront que 9 euros supplémentaires en Wallonie et 19 euros à Bruxelles.