À Tcherkassy, à deux heures de voiture au sud de Kiev, Tom Van Goey possède une ferme de 3.000 hectares. "Ce n'est pas petit, mais ce n'est pas grand non plus selon les normes ukrainiennes." Il y cultive du blé, du maïs, des pommes de terre, des tournesols et du colza. Mais plus maintenant... Lorsque nous l'avons eu au téléphone, sa femme et lui étaient dans l'un des nombreux embouteillages sur le chemin de l'exil.
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À Tcherkassy, à deux heures de voiture au sud de Kiev, Tom Van Goey possède une ferme de 3.000 hectares. "Ce n'est pas petit, mais ce n'est pas grand non plus selon les normes ukrainiennes." Il y cultive du blé, du maïs, des pommes de terre, des tournesols et du colza. Mais plus maintenant... Lorsque nous l'avons eu au téléphone, sa femme et lui étaient dans l'un des nombreux embouteillages sur le chemin de l'exil. "Nous essayons de passer les frontières jusqu'en Belgique", dit Van Goey. "Mais c'est très lent. La circulation dans la partie occidentale de l'Ukraine est très encombrée. Il nous a fallu cinq heures pour parcourir 80 kilomètres. Il y a de nombreux points de contrôle, avec des sacs de sable et des blocs de béton mais il n'y a pas tellement de contrôles à proprement parlé. Peut-être que ces points de contrôle servent à fluidifier quelque peu le trafic et à réduire les embouteillages plus loin le long de la frontière. Ou peut-être qu'ils devraient entraver l'avancée des Russes.Prendre les armesVan Goey veut suivre la situation en Ukraine depuis la Belgique. "Peut-être que nous retournerons à Tcherkassy la semaine prochaine. Cela dépendra de la façon dont les événements se déroulent. Jusqu'à présent, la ferme n'a pas souffert des combats ou des bombardements, bien qu'un avion russe ait été abattu à proximité ce matin.La ferme de Van Goey compte 90 employés. "Ils continuent simplement à travailler, parce qu'ils veulent soutenir leur pays. Les Ukrainiens sont un peuple fier. Ils ne laisseront pas passer ce qui arrive actuellement. Cinq employés ont été appelés sous les drapeaux. Si nécessaire, le reste prendra aussi sous les armes."À cette époque de l'année, il n'y a pas grand-chose à faire à la ferme, une aubaine, selon M. Van Goey. "Nous attendons le printemps. Cela viendra dans environ un mois et demi. Ensuite, le gros travail commencera. Pendant l'hiver, il y a du temps pour entretenir les machines agricoles et vendre la récolte. Heureusement, ces ventes ne se sont pas arrêtées.Relance économiqueIl y a 20 ans, le père de Van Goey a démarré cette ferme à Tcherkassy. Son fils Tom a repris les rênes en 2014. Il n'y reste pas à plein temps. "Je passe la moitié de mon temps en Belgique pour aider mon père, qui a des intérêts dans un certain nombre de sociétés de logistique."Si l'Ukraine devait tomber sous la coupe de la Russie, M. Van Goey espère que la vie économique, et donc la ferme de Tcherkassy, pourra se poursuivre. "Il ne serait pas intelligent de la part de Poutine de détruire l'infrastructure ukrainienne. Les Ukrainiens sont contre lui, il a perdu de toute façon. Si Poutine devait aussi détruire les infrastructures en Ukraine, il aurait le peuple ukrainien contre lui pour les 100 prochaines années."