Il aura fallu 16 ans. Entamé en 2004, le long litige entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur les aides illégales d'Etat destinées à Airbus et Boeing a enfin été soldé par l'Organisation mondiale du commerce la semaine dernière. En octobre, l'OMC avait autorisé les Etats-Unis à appliquer des surtaxes douanières à hauteur de 7,...

Il aura fallu 16 ans. Entamé en 2004, le long litige entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur les aides illégales d'Etat destinées à Airbus et Boeing a enfin été soldé par l'Organisation mondiale du commerce la semaine dernière. En octobre, l'OMC avait autorisé les Etats-Unis à appliquer des surtaxes douanières à hauteur de 7,5 milliards de dollars sur des produits européens. L'administration Trump ne s'était pas privée de s'exécuter. Elle avait imposé une surtaxe de 15% sur les livraisons d'Airbus et de 25% sur moult produits comme le vin français, le parmesan ou l'huile d'olive espagnole. Dans le volet des aides illégales destinées à Boeing, l'OMC a autorisé la semaine dernière l'Union à lever des surtaxes à hauteur de quatre milliards de dollars sur des produits américains à partir du 27 octobre. La liste européenne est en cours d'élaboration mais il est déjà question de 15% sur les livraisons de Boeing et de 25% sur le ketchup Heinz, les pièces détachées automobiles et les patates douces. Reste à savoir si les Européens vont déclencher leurs représailles avant les élections américaines prévues début novembre. Valdis Dombrovkis, le commissaire européen au Commerce, est en faveur d'une solution négociée. Mais des ministres européens de l'Economie, ceux concernés par les surtaxes américaines, préfèreraient faire preuve de fermeté. Il est vrai que les Etats-Unis n'ont jamais vraiment voulu négocier. Quinze pour cent de surtaxe sur les livraisons Boeing, à l'heure où celles du 737 Max vont reprendre, serait un sale coup pour l'entreprise américaine. D'autant que Ryanair, son plus gros client, a déjà annoncé qu'il ne paiera pas la surtaxe.