Les tensions sont maximales au sein de la Vivaldi fédérale au sujet de la sortie du nucléaire, singulièremenent entre écologistes et libéraux francophones. Le rapport très attendu de la ministre de l'Energie Tinne Van der Straeten (Groen), qui a fuité ce matin dans la presse, est censé apporté une dose de pragmatisme et de sérénité au débat. Mais il n'en sera rien, avant le Conseil des ministres restreint (kern) qui se réunit vendredi à ce sujet. Car il est loin de faire l'unanimité.

Avant même sa diffusion, l'ancienne ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), dénonçait une vision ministérielle "dogmatique", irréaliste et "construite sur du sable". A le lecture du rapport, une source libérale confie au Soir: Ce rapport ne nous rassure en rien, ni sur l'approvisionnement, ni sur les prix. On nous dit qu'il a été rédigé par six personnes, dont quatre travaillent au ministre de l'Energie."

"Le MR est extrêmement déçu et inquiet à la lecture du rapport de la Ministre de l'énergie, appuie son président, Georges-Louis Bouchez, sur Twitter. Déçu car la Ministre ne respecte pas l'accord du gouvenrement fédéral qui prévoyait d'étudier DEUX scénarios: avec et sans nucléaire. Rien n'a été étudié sur la prolongation du nucléaire. Inquiet en raison de l'indigence des informations contenues: aucune étude sur le prix, aucune donnée sur le climat et les émissions de CO2. Mais aussi des contradictions incroyables sur la sécurité d'approvisionnement."

L'approvisionnement garanti, à condition que...

Pourtant, le rapport se veut rassurant sur pratiquement tous les points, évoquant seulement un impact "limité" sur les prix. Au sujet de la sécurité d'approvisionnement, il reprend les jalons posés minutieusement par la ministre en charge ces dernières semaines: apport des centrales au gaz, mécanisme de rémunération de capacité (CRM) annuel, éolien off-shore, connexions internationales.

"Il est conclu que le résultat de la première enchère (d'octobre 2021 - Ndlr) organisée dans le cadre du CRM a atteint son objectif, souligne le rapport." Avec une nouvelle enchère prévue en 2024, cela "permettra de garantir la sécurité d'approvisionnement du pays à partir de 2025 dans un contexte de fermeture complète de toutes les centrales nucléaires".

Il faut toutefois lire ce qui ne se trouve pas dans le rapport et... entre les lignes. Aucune mention n'est faite de la question de la centrale qu'Engie doit construire à Vilvorde - pour laquelle la ministre flamande de l'Energie, Zuhal Demir (N-VA), a refusé l'octroi d'un permis. En outre, en évoquant une nouvelle enchère en 2024, cela revient, potentiellement, à... renvoyer la patate chaude à la nouvelle majorité qui sortira des urnes en 2024.

L'impact sur la facture: sous-évalué?

Au sujet de l'impact sur les prix, le rapport reprend une étude de l'université de Gand qui avait déjà été fortement décriée par les libéraux. Notamment parce qu'elle partait d'une hypothèse trop basse en matière de besoins électriques, alors que ceux-ci vont exploser, et ne tenait pas compte de la forte hausse des prix sur les marchés internationaux. Les simulations de l'université de Gand sont complétées, dans le rapport, par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz, qui évalue la différence pour les factures entre 1,3% et 4,24%..

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a proposé mercredi une prolongations des deux centrales nucléaires les plus récentes, avec la mise en place d'un fonds de compensation à vocation sociale qui permettrait de réduire la facture des ménages. Le PS n'est pas convaincu par l'idée. En outre, socialistes et écologistes dénoncent une autre proposition faite par le libéral, selon laquelle l'Etat interviendrait pour le coût de démantèlement des autres centrales nucléaires - potentiellement, un fameux cadeau à Engie. L'idée de Georges-Louis Bouchez de "nationaliser" la facture des déchets radioactifs et du démantèlement est juste folle, souligne le député Samuel cogolati (Ecolo). On parle de 40 milliards d'euros!"

Dans les rangs écologistes, on rappelle que faute de décision, la loi s'appliquera et que l'on sortira bien du nucléaire en 2025. Tous les signaux semblent au vert, dit-on. Ce n'est pas l'avis libéral. "Nous ne pouvons accepter que notre Pays prenne une telle décision stratégique avec un rapport si maigre et tant d'incertitudes, suligne Georges-Louis Bouchez. Il faut répondre aux questions techniques."

"Pour l'instant, je ne suis pas encore rassuré", a lui aussi souligné Egbert Lachaert sur le plateau de LN24. Une solution doit être trouvé pour la centrale au gaz de Vilvorde, a-t-il prcisé, ou Engie doit proposer un projet de remplacement. "S'il n'y en a pas, on revient vers le nucléaire", a souligné le président libéral. Quoi qu'il en soit, la Belgique aura besoin de "tous les scénarios", estime-t-il. A ses yeux, même si les centrales actuelles sont fermées, il faudra investir dans le nucléaire de nouvelle génération. "On ne va pas laisser tomber le nucléaire complètement. Nous demandons que cette possibilité soit ouverte et que l'on change la loi pour cela", a-t-il ajouté

L'empoignade peut débuter. Elle devrait se prolonger deux semaines, au moins.

Les tensions sont maximales au sein de la Vivaldi fédérale au sujet de la sortie du nucléaire, singulièremenent entre écologistes et libéraux francophones. Le rapport très attendu de la ministre de l'Energie Tinne Van der Straeten (Groen), qui a fuité ce matin dans la presse, est censé apporté une dose de pragmatisme et de sérénité au débat. Mais il n'en sera rien, avant le Conseil des ministres restreint (kern) qui se réunit vendredi à ce sujet. Car il est loin de faire l'unanimité.Avant même sa diffusion, l'ancienne ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), dénonçait une vision ministérielle "dogmatique", irréaliste et "construite sur du sable". A le lecture du rapport, une source libérale confie au Soir: Ce rapport ne nous rassure en rien, ni sur l'approvisionnement, ni sur les prix. On nous dit qu'il a été rédigé par six personnes, dont quatre travaillent au ministre de l'Energie.""Le MR est extrêmement déçu et inquiet à la lecture du rapport de la Ministre de l'énergie, appuie son président, Georges-Louis Bouchez, sur Twitter. Déçu car la Ministre ne respecte pas l'accord du gouvenrement fédéral qui prévoyait d'étudier DEUX scénarios: avec et sans nucléaire. Rien n'a été étudié sur la prolongation du nucléaire. Inquiet en raison de l'indigence des informations contenues: aucune étude sur le prix, aucune donnée sur le climat et les émissions de CO2. Mais aussi des contradictions incroyables sur la sécurité d'approvisionnement."Pourtant, le rapport se veut rassurant sur pratiquement tous les points, évoquant seulement un impact "limité" sur les prix. Au sujet de la sécurité d'approvisionnement, il reprend les jalons posés minutieusement par la ministre en charge ces dernières semaines: apport des centrales au gaz, mécanisme de rémunération de capacité (CRM) annuel, éolien off-shore, connexions internationales."Il est conclu que le résultat de la première enchère (d'octobre 2021 - Ndlr) organisée dans le cadre du CRM a atteint son objectif, souligne le rapport." Avec une nouvelle enchère prévue en 2024, cela "permettra de garantir la sécurité d'approvisionnement du pays à partir de 2025 dans un contexte de fermeture complète de toutes les centrales nucléaires". Il faut toutefois lire ce qui ne se trouve pas dans le rapport et... entre les lignes. Aucune mention n'est faite de la question de la centrale qu'Engie doit construire à Vilvorde - pour laquelle la ministre flamande de l'Energie, Zuhal Demir (N-VA), a refusé l'octroi d'un permis. En outre, en évoquant une nouvelle enchère en 2024, cela revient, potentiellement, à... renvoyer la patate chaude à la nouvelle majorité qui sortira des urnes en 2024.Au sujet de l'impact sur les prix, le rapport reprend une étude de l'université de Gand qui avait déjà été fortement décriée par les libéraux. Notamment parce qu'elle partait d'une hypothèse trop basse en matière de besoins électriques, alors que ceux-ci vont exploser, et ne tenait pas compte de la forte hausse des prix sur les marchés internationaux. Les simulations de l'université de Gand sont complétées, dans le rapport, par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz, qui évalue la différence pour les factures entre 1,3% et 4,24%..Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a proposé mercredi une prolongations des deux centrales nucléaires les plus récentes, avec la mise en place d'un fonds de compensation à vocation sociale qui permettrait de réduire la facture des ménages. Le PS n'est pas convaincu par l'idée. En outre, socialistes et écologistes dénoncent une autre proposition faite par le libéral, selon laquelle l'Etat interviendrait pour le coût de démantèlement des autres centrales nucléaires - potentiellement, un fameux cadeau à Engie. L'idée de Georges-Louis Bouchez de "nationaliser" la facture des déchets radioactifs et du démantèlement est juste folle, souligne le député Samuel cogolati (Ecolo). On parle de 40 milliards d'euros!"Dans les rangs écologistes, on rappelle que faute de décision, la loi s'appliquera et que l'on sortira bien du nucléaire en 2025. Tous les signaux semblent au vert, dit-on. Ce n'est pas l'avis libéral. "Nous ne pouvons accepter que notre Pays prenne une telle décision stratégique avec un rapport si maigre et tant d'incertitudes, suligne Georges-Louis Bouchez. Il faut répondre aux questions techniques." "Pour l'instant, je ne suis pas encore rassuré", a lui aussi souligné Egbert Lachaert sur le plateau de LN24. Une solution doit être trouvé pour la centrale au gaz de Vilvorde, a-t-il prcisé, ou Engie doit proposer un projet de remplacement. "S'il n'y en a pas, on revient vers le nucléaire", a souligné le président libéral. Quoi qu'il en soit, la Belgique aura besoin de "tous les scénarios", estime-t-il. A ses yeux, même si les centrales actuelles sont fermées, il faudra investir dans le nucléaire de nouvelle génération. "On ne va pas laisser tomber le nucléaire complètement. Nous demandons que cette possibilité soit ouverte et que l'on change la loi pour cela", a-t-il ajoutéL'empoignade peut débuter. Elle devrait se prolonger deux semaines, au moins.