Ce n'est pas moi qui aie fait cette remarque mais mon confrère Jean-Marc Vittori, éditorialiste au quotidien économique français Les Echos. Souvenez-vous en mars 2020, tous les gouvernements en Europe ont décidé de fermer les usines, les bureaux pour lutter contre la pandémie et éviter que les hôpitaux ne soient débordés. A l'époque, nous avions fait volontairement le choix de la récession économique pour lutter contre le virus. Or, ici, que faisons-nous depuis quelques mois ? Exactement la même chose !

Pour libérer l'Ukraine et éviter que demain Poutine ne s'engage dans d'autres aventures, nous avons collectivement décidé d'imposer des sanctions économiques et financières contre la Russie. Et la Russie pour se défendre a cessé de nous livrer son gaz. Et c'est cela qui fait que nous risquons de plonger en récession dans les mois à venir. Comme l'écrit Jean-Marc Vittori, c'est en quelque sorte historique. Jusqu'à présent, les récessions, personne n'en voulait, elles venaient en raison d'un événement externe et subi. Pensez par exemple au choc pétrolier de 1973 ou au choc pétrolier de 1979. Mais voilà, depuis 3 ans, les gouvernements européens ont fait le choix - volontaire - d'entrer directement en récession.

D'ailleurs, la dernière décision de la banque centrale européenne va dans le même sens. Motif ? Pour nous éviter une trop grande inflation, la BCE a choisi d'augmenter les taux d'intérêt avec le risque de casser la croissance et de nous faire entrer en récession plus vite que prévu. Mais est-ce que l'histoire est toujours écrite d'avance ? Peut-être pas. D'ailleurs, certains économistes trouvent aussi que nous avons trop tendance à broyer du noir ces jours-ci et les médias ne nous aident pas en ce sens. Après tout, on a l'impression que l'inflation, après l'avoir niée, après avoir dit qu'elle était momentanée, et puis, après avoir reconnu tardivement qu'elle était là, nous serions tout d'un coup passé en mode panique, celui où "oui, elle est là l'inflation, mais en plus cette inflation est durable et galopante".

Bref, on serait passé du déni à la panique en quelques mois. D'autant que le pouvoir d'achat est devenu - vous l'aurez aussi remarqué - une sorte d'acquis social pour lequel le gouvernement est prié d'agir sans plus tarder. Mais pourtant tous les germes de l'inflation sont en train de s'éteindre discrètement et à l'abri des médias. Les prix des semi-conducteurs sont en baisse, mais qui en parle ? Les prix de la plupart des matières premières sont en baisse mais qui en parle ? Le fret maritime a repris son fonctionnement presque normal mais qui en parle ? Et même l'indicateur de perturbation des chaines d'approvisionnement s'est calmé mais qui en parle ? Et c'est ce qui fait dire à ces économistes que, si l'inflation est aujourd'hui de 9 à 10%, d'ici quelques mois elle pourrait être divisée par deux ou par trois. C'est une autre manière de nous dire, chiffres à l'appui, que nous ne sommes pas condamnés au malheur perpétuel. Mais malheureusement, sans jeu de mots, le malheur se vend mieux médiatiquement que le bonheur.

Ce n'est pas moi qui aie fait cette remarque mais mon confrère Jean-Marc Vittori, éditorialiste au quotidien économique français Les Echos. Souvenez-vous en mars 2020, tous les gouvernements en Europe ont décidé de fermer les usines, les bureaux pour lutter contre la pandémie et éviter que les hôpitaux ne soient débordés. A l'époque, nous avions fait volontairement le choix de la récession économique pour lutter contre le virus. Or, ici, que faisons-nous depuis quelques mois ? Exactement la même chose ! Pour libérer l'Ukraine et éviter que demain Poutine ne s'engage dans d'autres aventures, nous avons collectivement décidé d'imposer des sanctions économiques et financières contre la Russie. Et la Russie pour se défendre a cessé de nous livrer son gaz. Et c'est cela qui fait que nous risquons de plonger en récession dans les mois à venir. Comme l'écrit Jean-Marc Vittori, c'est en quelque sorte historique. Jusqu'à présent, les récessions, personne n'en voulait, elles venaient en raison d'un événement externe et subi. Pensez par exemple au choc pétrolier de 1973 ou au choc pétrolier de 1979. Mais voilà, depuis 3 ans, les gouvernements européens ont fait le choix - volontaire - d'entrer directement en récession. D'ailleurs, la dernière décision de la banque centrale européenne va dans le même sens. Motif ? Pour nous éviter une trop grande inflation, la BCE a choisi d'augmenter les taux d'intérêt avec le risque de casser la croissance et de nous faire entrer en récession plus vite que prévu. Mais est-ce que l'histoire est toujours écrite d'avance ? Peut-être pas. D'ailleurs, certains économistes trouvent aussi que nous avons trop tendance à broyer du noir ces jours-ci et les médias ne nous aident pas en ce sens. Après tout, on a l'impression que l'inflation, après l'avoir niée, après avoir dit qu'elle était momentanée, et puis, après avoir reconnu tardivement qu'elle était là, nous serions tout d'un coup passé en mode panique, celui où "oui, elle est là l'inflation, mais en plus cette inflation est durable et galopante". Bref, on serait passé du déni à la panique en quelques mois. D'autant que le pouvoir d'achat est devenu - vous l'aurez aussi remarqué - une sorte d'acquis social pour lequel le gouvernement est prié d'agir sans plus tarder. Mais pourtant tous les germes de l'inflation sont en train de s'éteindre discrètement et à l'abri des médias. Les prix des semi-conducteurs sont en baisse, mais qui en parle ? Les prix de la plupart des matières premières sont en baisse mais qui en parle ? Le fret maritime a repris son fonctionnement presque normal mais qui en parle ? Et même l'indicateur de perturbation des chaines d'approvisionnement s'est calmé mais qui en parle ? Et c'est ce qui fait dire à ces économistes que, si l'inflation est aujourd'hui de 9 à 10%, d'ici quelques mois elle pourrait être divisée par deux ou par trois. C'est une autre manière de nous dire, chiffres à l'appui, que nous ne sommes pas condamnés au malheur perpétuel. Mais malheureusement, sans jeu de mots, le malheur se vend mieux médiatiquement que le bonheur.