Quelle surprise d'entendre la déclaration de Paul Magnette, réputé sérieux et brillant intellectuel, proposer qu'après être sortie du nucléaire, la Belgique devienne le premier Etat sans commerce électronique. Même s'il a depuis lors rectifié, on peut se demander comment il est possible qu'une personne de cette envergure soit à ce point incapable de contrôler ses propos.
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Quelle surprise d'entendre la déclaration de Paul Magnette, réputé sérieux et brillant intellectuel, proposer qu'après être sortie du nucléaire, la Belgique devienne le premier Etat sans commerce électronique. Même s'il a depuis lors rectifié, on peut se demander comment il est possible qu'une personne de cette envergure soit à ce point incapable de contrôler ses propos. Supprimer l'ensemble de l'e-commerce, c'est tout simplement une aberration et quelque chose d'impossible à réaliser. C'est bien de dire qu'il faut des "vrais magasins", ce que personne ne conteste. Mais comme pour toute activité, le commerce doit justifier son utilité. Cela veut dire: apporter quelque chose à ses clients. Les commerçants avisés ont compris depuis longtemps qu'ils pouvaient concurrencer les grandes entreprises de l'e-commerce en se spécialisant, en proposant du conseil, en utilisant leur proximité, en innovant. C'est là qu'est leur avenir et non dans une interdiction, dépourvue de sens pour le consommateur, du commerce en ligne. Rappelons quand même qu'avant celui-ci, il existait déjà de la vente par correspondance pour permettre aux clients qui le souhaitent d'acheter sans se déplacer, ou encore de commander la nuit ou le dimanche, moments où la loi empêche les commerçants qui ont des "vrais magasins" de travailler. On a compris ensuite que ce qu'accepte le président du parti socialiste, c'est quand même un peu d'e-commerce, à condition que cela soit réalisé par des entreprises bien de chez nous et pas par des multinationales. C'est étrange de voir un parti de gauche afficher ainsi sa "préférence nationale", en utilisant à peine d'autres mots que l'extrême droite qu'il réprouve à juste titre. On peut aimer ou non Amazon et les autres grandes entreprises de commerce électronique. On doit admettre que le géant américain de l'e-commerce est l'exemple d'une réussite due à la recherche de l'innovation. Pendant des années, cette entreprise, sans demander des aides publiques, a investi encore et encore, en perdant de l'argent année après année mais en croyant au service qu'elle proposait. Aujourd'hui, ses investissements produisent enfin beaucoup de bénéfices. Plutôt que de les jalouser, on ferait mieux de se demander pourquoi Amazon n'a pas été créée en Wallonie et pourquoi tous ses concurrents sont chinois, japonais ou américains. On peut penser que si Amazon avait son siège à Charleroi, le bourgmestre de cette ville en serait fier. Mais il n'y a évidemment aucune chance, aujourd'hui, que ce type d'entreprise soit créée ou se développe à cet endroit. Et surtout pas lorsque l'on écoute les exigences du patron du PS. Pour être performante, une entreprise n'a pas besoin de l'aide de la Région, mais bien de liberté, de flexibilité et de sécurité juridique. Tout ce que l'on ne trouve pas dans un enfer fiscal et réglementaire, où l'on ne peut rien faire sans demander une autorisation de l'Autorité, et où les bénéfices et les salaires servent essentiellement à payer des impôts et des charges. Supprimer ou réguler excessivement des entreprises, ce sont des mesures qui sont finalement payées, très cher, par le consommateur. Sans commerce électronique, avec moins de concurrence, il paierait beaucoup plus cher. Et c'est son pouvoir d'achat, celui qu'en général le parti de Paul Magnette déclare défendre, qui serait réduit. Enfin, rappelons combien le gouvernement n'a pas vraiment aidé les "vrais magasins" en ordonnant leur fermeture pendant des mois...