"La République islamique d'Iran est déterminée à garder ouverts tous les canaux permettant de préserver" cet accord conclu à Vienne en 2015 et dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018, a dit M. Rohani, selon la présidence iranienne.

"L'Europe doit intensifier ses efforts en vue de réaliser les attentes légitimes de l'Iran et d'obtenir un cessez-le-feu dans la guerre économique des Etats-Unis" contre l'Iran, a-t-il ajouté. "La partie européenne et la partie iranienne (à l'accord) doivent essayer de prendre des mesures équilibrées en vue de sauver" ce pacte.

"Il y a des gens aux Etats-Unis qui ne veulent pas voir réussir les tentatives de maintenir" l'accord, a encore dit M. Rohani, avertissant que "le temps qui passe et les occasion manquées (finiront par forcer) l'Iran à mettre en oeuvre (la) troisième étape" de son plan de réduction de ses engagements pris à Vienne.

Le 11 juillet, le conseiller diplomatique de M. Macron, Emmanuel Bonne s'est entretenu avec M. Rohani à Téhéran ainsi qu'avec plusieurs responsables iraniens. L'Elysée a alors indiqué oeuvrer en vue d'une "pause" dans l'escalade entre Téhéran et Washington.

L'accord conclu entre l'Iran, pays pétrolier, et le Groupe des Six (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) est fragilisé depuis le retrait des Etats-Unis qui ont ensuite rétabli des sanctions économiques. Celles-ci privent la République islamique des bénéfices qu'elle attendait de ce pacte.

Après avoir en vain demandé aux autres parties à l'accord de garantir ses intérêts malgré les sanctions américaines, Téhéran a commencé en mai à s'affranchir progressivement de certains de ses engagements, indiquant vouloir de la sorte forcer ses partenaires à prendre leurs responsabilités pour sauver le pacte.

Conséquence de cette décision, les réserves d'uranium enrichi iraniennes ont dépassé début juillet la limite imposée par l'accord (300 kg) et l'Iran enrichit désormais l'uranium au taux de 4,5%, au-delà du maximum auquel elle a consenti en 2015.

L'Iran a aussi menacé de s'affranchir d'autres engagements début septembre (la "troisième étape" mentionnée par M. Rohani) si les Européens ne trouve pas un moyen de contourner les sanctions américaines afin de vendre son pétrole.

Par l'accord de Vienne, Téhéran a accepté de brider son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie.