Le Belge fait partie d'une cohorte de cinq nouveaux astronautes européens de carrière, la première depuis 2009, composée à parité de genre. Âgé de 34 ans, ce Namurois, formé à Liège et Paris, a multiplié les cursus en physique fondamentale et ingénierie biomédicale pour devenir docteur en neurosciences. Il est actuellement chercheur et enseignant aux universités de Lausanne et Genève, après avoir travaillé à Singapour.
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Le Belge fait partie d'une cohorte de cinq nouveaux astronautes européens de carrière, la première depuis 2009, composée à parité de genre. Âgé de 34 ans, ce Namurois, formé à Liège et Paris, a multiplié les cursus en physique fondamentale et ingénierie biomédicale pour devenir docteur en neurosciences. Il est actuellement chercheur et enseignant aux universités de Lausanne et Genève, après avoir travaillé à Singapour. Ce polyglotte (français, anglais, néerlandais, allemand et luxembourgeois), pilote de montgolfière, adepte de jogging, de natation, de poésie, de musique et d'arts circassiens, dispose aussi de compétences en médias, particulièrement prisées par l'ESA qui compte sur le charisme de ses astronautes pour renouveler le succès médiatique du français Thomas Pesquet. Il a notamment collaboré avec la chaîne Canal C pour co-produire des capsules vidéo mettant en scène son retour en vélo de Singapour à Namur, à la rencontre de nombreux poètes.Sorti d'une sélection de plus de 22.000 aspirants, Raphaël Liégeois est appelé à succéder aux astronautes Dirk Frimout, qui fut en 1992 le premier Belge à se rendre dans l'espace, ainsi qu'à Frank De Winne, qui participa à deux missions vers la Station spatiale internationale (ISS) en 2002 et 2009. C'est ce dernier qui, en tant que directeur du centre européen des astronautes à Cologne, est appelé à encadrer son apprentissage dès le printemps prochain. Pour le secrétaire d'État à la Politique scientifique Thomas Dermine, qui représentait la Belgique à la ministérielle de l'ESA, ce troisième astronaute belge constitue "une immense fierté". "Il sera le meilleur ambassadeur des sciences et du savoir pour les 15 prochaines années", a-t-il commenté, soulignant les "aptitudes extraordinaires" du lauréat et "une personnalité empathique, à qui l'on peut s'identifier." "Un astronaute belge, ce serait super, avait récemment déclaré Thomas Dermine, pour la Relance et les Investissements stratégiques, chargé de la Politique scientifique. "Un astronaute a un vrai impact sur la société. C'est quelque part le visage des sciences, l'espace fait rêver, c'est la prochaine frontière, il exerce une incroyable fascination sur les enfants et influence l'attractivité des formations scientifiques. Il y avait 22.523 candidats, dont 1007 Belges, ce qui est considérable ramené aux nombre d'habitants, nous sommes le deuxième pays derrière la France". Thomas Dermine s'exprimait ainsi la semaine dernière, avant le réunion ministérielle à l'Agence spatiale européenne à Paris (ESA selon l'acronyme en anglais, European Space Agency) qui se tient les 22 et 23 novembre, qui fixe tous les trois ans les budgets et les projets spatiaux européens. Elle est aussi le moment choisi par l'ESA pour annoncer la nouvelle cohorte de 4 à 6 astronautes qui participera aux missions spatiales de l'Agence, sur l'ISS ou, à partir de 2024, sur la lune, avec la participation de l'ESA au programme de la Nasa, Artemis, du retour sur la lune. L'ESA fournit à la NASA le module de service qui accompagne le vaisseau spatial Oriondont un exemplaire est actuellement en train de tourner autour de la lune, sans équipage, pour un vol test."Ce qui est intéressant - c'est pour cela que c'est capital d'avoir un astronaute belge - c'est que nous sommes à l'aube d'une nouvelle conquête spatiale. La génération des astronautes qui seront recrutés par l'Agence est celle qui ira, dans les années 2030, construire une colonie lunaire. Elle devrait servir de base de départ pour l'exploration vers Mars, à l'horizon 2030/40."Les pays ne désignent pas les astronautes, c'est l'affaire de l'ESA, qui organise une sélection en plusieurs étapes. "En fin de course, il restait 30 personnes "able to fly", continue le secrétaire d'Etat. "Le dernier screening se fait sur des compétences émotives, de communication, et il y a un peu de lobbying à ce stade."L'ESA compte 22 pays membres, appartenant généralement à l'UE, sauf la Grande-Bretagne. La Belgique est le plus grand des petits contributeurs, derrière les 4 grands : France, Allemagne, Italie et Grande-Bretagne, avec un peu plus de 5% de contribution. La Belgique a accepté d'augmenter son financement annuel de 255 à 325 millions d'euros. "Nous n'avons plus eu d'astronaute depuis 2002, avec Frank De Winne" semblait alors regretter Thomas Dermine. "Nous estimons qu'il n'est pas illégitime que la Belgique ait un candidat éligible", était-il d'avis avant l'annonce de ce mercredi. Les montants versés à l'ESA assurent des commandes à des entreprises belges, ce qui contribue aux 2762 emplois du secteur, en croissance. Les entreprises wallonnes à elles seules développent un chiffre d'affaires de 720 millions d'euros (Sonaca, Spacebel, Amos, Safran Aero Booster,...) dans des productions à usage spatial.