On a ainsi appris que, pour recaser des politiciens privés de mandats suite à une restructuration, on a créé des comités inutiles composés des personnes ainsi évincées, se réunissant fort peu, pour ne pas faire grand-chose, et auxquels beaucoup de membres éprouvaient rarement le besoin d'assister. Ils étaient néanmoins rémunérés à un niveau correspondant, pour beaucoup de gens, à un vrai salaire mensuel. Pour faire bonne mesure, ou pour éviter des critiques, on a fait en sorte que des représentants de tous les partis traditionnels profitent de l'aubaine.
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On a ainsi appris que, pour recaser des politiciens privés de mandats suite à une restructuration, on a créé des comités inutiles composés des personnes ainsi évincées, se réunissant fort peu, pour ne pas faire grand-chose, et auxquels beaucoup de membres éprouvaient rarement le besoin d'assister. Ils étaient néanmoins rémunérés à un niveau correspondant, pour beaucoup de gens, à un vrai salaire mensuel. Pour faire bonne mesure, ou pour éviter des critiques, on a fait en sorte que des représentants de tous les partis traditionnels profitent de l'aubaine. Cet exemple particulier, mais concernant de nombreux mandataires, révèle une mentalité traditionnelle des pouvoirs publics, où l'on cherche à se créer de petits avantages, pécuniaires ou en termes d'emplois, pour des mandataires politiques ou leurs obligés. Le problème n'est pas tellement celui de l'absentéisme aux réunions des comités en question. Il paraît clair que de toute manière ils ne servaient à rien, et que leurs membres, suivant le système habituel en Belgique étaient choisis exclusivement en fonction de leur appartenance politique et de pondérations entre les différents partis. La valeur ajoutée de réunions de comités sans pouvoirs, composés de personnes sans compétences, est évidemment nulle. Le problème ne serait donc pas différent si ces personnes s'étaient rendues aux réunions. Ce qui importe, c'est qu'ils ont perçu des sommes à charge des caisses publiques pour des fonctions inutiles. Il y a d'ailleurs encore pire que des mandataires qui ne font rien. Si l'on examine la composition du conseil d'administration de la société Publifin SCIRL, telle qu'elle ressort du dernier rapport publié, pour l'année 2015, on remarque, qu'il est composé d'un président, de deux vice-présidents, de 13 administrateurs représentant la province de Liège, de 14 administrateurs représentant des communes, et d'un représentant de la Région wallonne, soit un total de 31 personnes. Aucune de celles-ci n'est choisie en fonction de ses compétences financières, managériales, ou techniques relatives aux activités du groupe. Tous, sans exception, sont, soit conseillers provinciaux, soit mandataires communaux. Ils sont choisis suivant des critères exclusivement politiques.On peut se demander pourquoi il est nécessaire d'avoir un conseil d'administration composé de tant de personnes, dont aucune n'est choisie en raison de compétences liées aux activités du groupe. Celles-ci sont par ailleurs très variées et vont des télécommunications, à l'énergie (y compris en France, en Serbie et au Kenya) et à la presse. Ainsi, l'acquisition par cette intercommunale dominée par le PS, des journaux contrôlés par... l'évêché de Namur paraît avoir un lien très ténu avec l'intérêt des habitants des communes membres de cette intercommunale liégeoise. Mais le pire est encore que les résultats, positifs, du groupe, ne sont réalisés que parce que les pertes très importantes de VOO sont compensées par les bénéfices réalisés par la distribution d'énergie aux habitants des communes concernées. Ce type de gestion sur le dos des habitants amène à se demander si les gestionnaires ne coûtent pas encore plus cher lorsqu'ils travaillent que lorsqu'ils ne font rien. Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres de la manière dont fonctionnent des organismes publics qui s'immiscent dans des activités économiques. La vraie question est de savoir s'il se justifie que l'argent des contribuables soit investi dans des sociétés gérées d'une manière aussi discutable et dont les activités n'ont parfois aucun lien avec les communes qui en sont membres ? Comment justifier qu'il pourrait être d'intérêt communal de détenir une participation dans une société qui possède un journal, ou des parcs éoliens au Kenya, alors que la trésorerie des communes est en général difficile ? Quant à la province, dont le rôle dans Publifin est tellement important qu'elle contrôle près de la moitié des mandats, existe-t-elle encore ? Il n'y a aucune justification à l'existence de quatre niveaux de pouvoir, l'Etat fédéral, les régions, les provinces et les communes et si le niveau provincial subsiste, c'est seulement parce que tous les partis qui participent au pouvoir y trouvent un intérêt. Les activités d'intercommunales comme Publifin devraient toutes être cédées, au meilleur prix, à des entreprises privées qui les géreraient de manière rationnelle. Il n'y a aujourd'hui plus aucune raison pour que la production et la distribution d'énergie, la télédistribution et les autres activités de ce type d'intercommunales soient maintenues dans le domaine public. Mais les intérêts des uns et des autres sont tellement imbriqués qu'aucun parti, y compris celui qui se dit parfois libéral, ne propose de privatiser.