Il va être temps pour Emmanuel Macron de mettre les bouchées doubles, alors que les Français commencent à se demander s'ils ont élu un chef aussi vaniteux que jupitérien ou un réformateur déterminé, capable de faire bouger le pays. A la fin de l'année, Macron sera à la moitié de son mandat. Les Français voudront voir le résultat de ses réformes - en matière de croissance et d'emploi - et voir s'ils doivent encore s'accommoder de son style présidentiel et souvent autoritaire.
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Il va être temps pour Emmanuel Macron de mettre les bouchées doubles, alors que les Français commencent à se demander s'ils ont élu un chef aussi vaniteux que jupitérien ou un réformateur déterminé, capable de faire bouger le pays. A la fin de l'année, Macron sera à la moitié de son mandat. Les Français voudront voir le résultat de ses réformes - en matière de croissance et d'emploi - et voir s'ils doivent encore s'accommoder de son style présidentiel et souvent autoritaire. Emmanuel Macron balayera les critiques et continuera à avancer dans son programme. Le 1er janvier prochain, la France passera au prélèvement de l'impôt à la source, abandonnant son ancien système où les impôts étaient prélevés sur les revenus de l'année précédente. La baisse nominale des revenus apparaissant désormais sur les bulletins de salaire pourrait en faire s'étrangler plus d'un. Les projets de réforme des allocations chômage et de réorganisation du système des retraites suscitent également des inquiétudes. Le principe : regrouper 35 régimes différents en un unique système par points pour plus d'équité et de transparence ainsi qu'une meilleure compatibilité avec des parcours professionnels moins linéaires qu'autrefois. L'objectif est d'encourager la mobilité dans l'emploi et de préparer l'Etat providence français à un monde du travail de plus en plus instable. Pour ce faire, le président français pourra compter sur une solide majorité parlementaire et l'un des rares gouvernearriver en tête des suffrages cette année - de quoi donner de nouvelles sueurs froides à l'Europe dite libérale. Emmanuel Macron aura du mal à réitérer l'exploit de 2017, quand son tout jeune mouvement est venu chambouler la scène politique française. La chancelière allemande, Angela Merkel, ne devrait en effet guère apprécier de le voir chasser sur ses terres avec ses oeillades en direction des partis européens du centre droit. Emmanuel Macron devrait néanmoins émerger comme l'un des principaux contrepoids aux discours populistes et protectionnistes et se faire le défenseur d'un ordre libéral et progressiste contre les forces obscurantistes du nationalisme. Indifférent aux réticences de Berlin et aux eurosceptiques qui l'entourent, il plaidera pour une Europe toujours plus intégrée. Bien que ses efforts avec Donald Trump n'aient guère suffi à réconcilier ce dernier avec la notion de multilatéralisme, et même s'il manque toujours de leviers de pression sur la Russie, la Syrie ou l'Iran, le président français restera actif sur la scène internationale. Il devrait insister sur le problème du réchauffement climatique, notamment à l'occasion du sommet du G7, qui se déroulera en août à Biarritz. Le plus dur pour cet ancien banquier d'affaires sera probablement de convaincre ses compatriotes que ses réformes intérieures ne servent pas qu'à enrichir ses amis et autres membres fortunés des élites mondialisées. Il est trop facile de caricaturer sa politique, c'est pourquoi il doit montrer que ses principes directeurs visent sincèrement à améliorer les conditions de vie de chacun. Le tout sans paraître si méprisant envers les gens ordinaires. Par Sophie Pedder.