Aujourd'hui, pour être candidat à la Maison-Blanche, il faut avoir plus de 70 ans, c'est presque comme du temps de l'ex-URSS dans les années 70 et 80 où la plupart des dirigeants soviétiques avaient largement dépassé le cap des 75 ans.

A l'époque, les commentateurs parlaient de gérontocratie et donc, la question posée par mes confrères du Figaro, c'est : faut-il aussi parler de gérontocratie pour les Etats-Unis. Les chiffres disent oui.

Donald Trump, l'actuel président, a 73 ans, et il veut rempiler le 3 novembre 2020 pour 4 années de plus. Il faut dire qu'on l'aime ou pas, il affiche une santé incroyable.

Face à lui, dans le camp des Démocrates, ce ne sont pas de perdreaux de l'année. Tous les favoris ont plus de 70 ans. Prenons la sénatrice Elisabeth Warren, située très à gauche du parti Démocrate car elle veut imposer un impôt sur la fortune de 2% pour les milliardaires.

Cette candidate est née en 1949, mais elle-même est presque une gamine comparée à Bernie Sanders qui du haut de ses 78 ans s'affiche comme un "démocrate socialiste", et quant à Joe Biden, l'ancien favori des Démocrates et ancien vice-président de Barack Obama, il affiche aussi 77 ans au compteur. Et comme pour couronner le tout, Michael Bloomberg, la 8ème fortune du monde, vient de se déclarer candidat pour la primaire démocrate, et lui aussi affiche avec bonheur ses 77 ans.

Donc, en résumé, l'élection de Donald Trump en 2016 a démontré que des surprises pouvaient arriver et que l'art du pronostic en politique est un art compliqué.

En revanche, à l'instar du Figaro, je peux vous dire avec certitude : le prochain président ou président des Etats-Unis aura plus de 70 ans.

C'est déjà pas mal, non ? Bien entendu, la question, c'est pourquoi ? Pourquoi un pays qui est le leader mondial en matière d'innovation, et dont la majeure partie de la population est plutôt jeune, pourquoi donc ce pays met-il à sa tête des personnes nées pendant la Seconde Guerre mondiale ? La réponse tient en un seul mot : l'argent.

Aujourd'hui pour avoir une chance d'être élu à la Maison-Blanche, il faut dépenser beaucoup d'argent dans la campagne électorale. Et pour cela, il faut être connu et avoir des réseaux de financement, sans quoi, adieu veaux et cochons.

Pire encore, comme le rappelle Le Figaro, le financement de l'élection américaine a été libéralisé : un milliardaire ne finance plus un candidat, le milliardaire peut se présenter lui-même.

C'est le cas avec Donald Trump, mais c'est aussi le cas avec Michael Bloomberg, qui est je le rappelle, le 8ème homme le plus riche du monde, et qui a déjà dépensé 31 millions de dollars rien qu'en spots télés.

Aujourd'hui, le message est clair, un milliardaire peut s'offrir la Maison-Blanche s'il le veut. Mieux encore, il peut le faire directement et ne plus se cacher derrière un candidat. Et ça, ça éclaire d'une lumière nouvelle la démocratie ou plutôt la gérontocratie américaine.