Il fait beau, il fait chaud pour notre plus grand plaisir. Et pendant ce temps, la planète finance continue sa course folle. La première folie, c'est aux Etats-Unis qu'elle s'exprime : nous sommes entrés dans le 121ème mois consécutif de croissance économique positive. 121 mois, c'est un record historique.

Les Etats-Unis n'ont jamais connu cela, en tout cas pas depuis que les statistiques officielles existent, c'est-à-dire depuis... 1854 ! Comme le faisait remarquer la lettre d'information Monfinancier.com, ce cycle économique positif et historique, c'est du jamais vu. Ce cycle a duré plus longtemps que les Beatles, plus longtemps que la fameuse série Seinfeld et ce cycle est plus vieux que l'application Instagram ! Et je vous passe encore les commentaires sur les indices boursiers américains qui, eux aussi, sont au plus haut, frôlant même leurs records historiques. Bref, tout va bien.

L'autre folie, c'est celle des taux d'intérêt négatifs. Je vous en parle souvent car c'est une aberration économique. Et maintenant, depuis deux jours, c'est autour de la Belgique d'avoir des taux négatifs. Plus précisément sur les obligations à 10 ans de l'Etat belge.

Plus les taux sont bas, voire négatifs, plus l'Etat a de la marge pour rembourser sa dette.

Les taux sont tombés sous 0% et pour être précis, ils sont à - 0.03% ! Autrement dit, un investisseur qui achète de la dette belge paie davantage que le montant qu'il recevra durant les dix prochaines années sous forme d'intérêt et de remboursement du capital à l'échéance en 2029.

C'est une folie et nous ne sommes pas les seuls à avoir des taux négatifs : c'est le cas aussi de la Suisse, des Pays-Bas, de l'Allemagne et de la France.

Bien entendu, c'est une aubaine pour les caisses de l'Etat. Plus les taux sont bas, voire négatifs, plus l'Etat a de la marge pour rembourser sa dette vu que la charge d'intérêt diminue. Mais justement, c'est cela le problème. Les taux bas jouent un peu le rôle d'anesthésiant auprès des gouvernements, ils les empêchent de prendre les mesures qu'il faut.

Comme il n'y a aucune pression, les mesures nécessaires ne sont pas prises, il y a un laisser-aller. Et donc, c'est un mauvais signal envoyé aux informateurs et formateurs du prochain gouvernement fédéral : les taux bas ou négatifs leur disent en quelque sorte, "ce n'est pas grave s'il n'y a pas de gouvernement, cela peut encore durer quelques mois".

C'est bien entendu un message faux, mais il risque d'être pris à la lettre. Voilà pourquoi je vous parlais de folie en démarrant cette chronique car tout cela n'a aucun sens sur le plan économique, mais il faut vivre avec comme ils disent !