Plusieurs scénarios sur la table pour une Belgique climatiquement neutre en 2050

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La Belgique a techniquement les moyens d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et plusieurs voies sont possibles pour y parvenir, mais cette transition passera à la fois par des changements de comportement, des progrès technologiques et d’importants investissements dans les infrastructures, selon une étude prospective réalisée par le Service Changements climatiques du SPF Santé publique et présentée mardi.

Plusieurs scénarios ont été identifiés menant à une Belgique neutre sur le plan climatique en 2050, l’un des principaux objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Ces scénarios ont été développés à partir d’un outil, disponible en ligne, qui permet de “jouer” sur les niveaux d’ambition de plus d’une centaine de leviers dans tous les secteurs de la société (production d’énergie, transport, bâtiments, agriculture, etc.) et d’en évaluer la répercussion sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2050 et sur la consommation des ressources.

Les différents scénarios

Parmi les voies possibles, un scénario comportemental met l’accent sur des changements de mode vie dans certains domaines, comme la mobilité, l’habitat et l’alimentation. Un scénario dit “technologique” privilégie le déploiement des technologies visant l’efficacité énergétique et les combustibles décarbonés tels que les carburants synthétiques ou l’hydrogène. Un scénario central repose sur une approche équilibrée entre les dimensions comportementale et technologique et permet d’atteindre une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 95% en 2050 par rapport à 1990, les émissions résiduelles, dans l’industrie notamment, étant compensées par des puits de carbone et différentes techniques de captage et stockage du carbone. Enfin, un scénario dit de “demande élevée” explore les implications d’une trajectoire caractérisée par une demande d’énergie plus élevée que les scénarios précédents.

Le mérite de cet exercice prospectif est de montrer que la neutralité climatique en Belgique d’ici 2050 est techniquement réalisable, souligne-t-on, “même si cela représente un grand défi dans tous les secteurs et nécessite des changements systémiques, tant comportementaux que technologiques”. A cet égard, une réduction des déplacements (le Belge roule en moyenne 13.000 km par an en voiture) ou une évolution des régimes alimentaires (une moindre consommation de viande, notamment), par exemple, représentent des leviers de réduction sensible des émissions de gaz à effet de serre.

Investir dans les infrastructures

Il apparaît également que la transition vers la neutralité carbone passera par davantage d’investissements dans les infrastructures, par la fin des combustibles fossiles et par un recours massif aux énergies renouvelables, éoliennes et photovoltaïques en tête, mais aussi à la biomasse, à l’hydrogène et d'”e-carburants”, produits à partir d’énergie renouvelable. L’étude montre que les investissements plus importants à consentir seraient compensés par une baisse de la facture énergétique.

Concernant l’agriculture, une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre (comme le méthane) passerait par une réduction de la taille des cheptels de bovins, un usage plus extensif des prairies et la libération et la reforestation de surfaces agricoles actuellement utilisées pour la culture fourragère.

La ministre fédérale du Climat, Zakia Khattabi, s’est réjouie de la mise à disposition de ce “nouvel instrument d’aide à la décision stratégique en matière de gouvernance climat”. Un outil qui permettra d’alimenter le débat public et sociétal. La diversité des scénarios présentés laisse en effet “une large place au dialogue et au débat public”, constate la ministre qui va, dans la foulée, mettre ce rapport à disposition de l’ensemble des gouvernements et des parlements du pays. “L’enjeu démocratique est au coeur de la transition, ce n’est qu’ensemble et en toute connaissance de cause que nous parviendrons à atteindre nos objectifs climatiques”, estime Mme Khattabi.

Une étude qui ne va “pas dans la bonne direction”

De leur côté, les ONG environnementales (Greenpeace, WWF, Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu) qualifient l’étude réalisée par l’administration “d’avancée dans la bonne direction, car elle démontre que la Belgique peut et doit s’engager vers cet objectif, seul à même de nous permettre de rester sous un réchauffement global de 1,5°C”.

Pour ces ONG, la Belgique “doit drastiquement diminuer ses émissions de gaz à effet de serre dès aujourd’hui, ce qu’elle ne fait plus depuis 2015” et atteindre la neutralité carbone dès 2040.

Des dizaines de pays et l’Union européenne, totalisant aujourd’hui 73% des émissions de gaz à effet de serre, se sont d’ores et déjà engagés à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

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