Les partis politiques ont reçu l'an dernier un total de 73,8 millions d'euros de dotations publiques, apprend-on à la lecture de la comptabilité des partis, publiée sur le site de la Chambre. Ces dotations étant liées, et c'est bien logique, aux résultats électoraux de chacun, les plus gros partis bénéficient le plus de ce système: la N-VA a ainsi reçu 10,8 millions d'euros l'an dernier et le PS 8,4 millions d'euros.
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Les partis politiques ont reçu l'an dernier un total de 73,8 millions d'euros de dotations publiques, apprend-on à la lecture de la comptabilité des partis, publiée sur le site de la Chambre. Ces dotations étant liées, et c'est bien logique, aux résultats électoraux de chacun, les plus gros partis bénéficient le plus de ce système: la N-VA a ainsi reçu 10,8 millions d'euros l'an dernier et le PS 8,4 millions d'euros. A l'autre bout du spectre, DéFI ne reçoit "que" 660.000 euros. Le parti dirigé par François De Smet pâtit du fait que le financement est essentiellement dirigé vers les groupes parlementaires et qu'il n'a pas suffisamment d'élus pour former un groupe politique à la Chambre, à la Région wallonne et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ses 10 députés bruxellois forment bien un groupe politique mais, pas de chance pour DéFI, le parlement de la capitale est le seul qui ne finance pas ses groupes politiques! On notera que les dotations ne proviennent pas que des parlements mais aussi des conseils provinciaux. Ceux-ci apportent 3,8 millions d'euros aux partis politiques. Ce chiffre aide sans doute à comprendre pourquoi personne ne s'empresse de vouloir supprimer l'institution provinciale... Les partis disposent d'autres recettes, notamment les cotisations des membres et les versements des mandataires (les partis exigent généralement la rétrocession d'une partie des salaires des élus). Le parti qui mobilise le plus ses militants est le PTB: les cotisations représentent 19% des ressources du parti, très loin devant le CD&V (5%), le PS, le MR et Vooruit (4%). En chiffres absolus, l'écart est spectaculaire: 1,9 million d'euros de recettes de cotisations pour le PTB contre 406.000 pour le deuxième, le CD&V. Le parti de la gauche radicale est également celui qui met le plus à contribution ses propres élus: ils ont versé l'an dernier 2,4 millions d'euros dans les caisses du parti contre à peine 54.000 euros pour les mandataires de l'Open Vld, de loin les moins "ponctionnés" du pays. A cet égard, il est amusant de constater que les partis idéologiquement les plus réticents envers le principe de l'intervention publique dans l'économie (Open Vld, VB, N-VA, MR et CD&V) sont ceux qui vivent proportionnellement le plus grâce aux dotations publiques... La comptabilité des partis prévoit une rubrique spécifique: provision de campagne électorale. Ils y ont réservé ensemble la coquette somme de 21 millions d'euros. De manière assez étonnante parce qu'il est très loin d'être le parti le plus riche, c'est le cdH qui affiche la provision la plus fournie (3,7 millions), devant le CD&V (3,1 millions) et la N-VA (3 millions). DéFI et le PTB n'ont tout simplement aucune provision de campagne. Les partis n'attendent toutefois pas les scrutins pour mener campagne. En 2020, année non électorale, ils ont dépensé plus de 12 millions d'euros en propagandes diverses. Les plus offensifs en la matière sont la N-VA, le VB et le PTB qui ont dépensé ensemble 60% du total (avec respectivement 2,9, 2,3 et 2 millions de dépenses de propagande). La publicité sur les réseaux sociaux a englouti une bonne part de ces montants.