Il y a bien des leçons à tirer de cette crise du Covid qui a braqué les projecteurs sur les hôpitaux depuis deux ans. "Nous pansons nos plaies", souligne Philippe Leroy, CEO du CHIU Saint-Pierre à Bruxelles, invité de l'émission Trends Talk, qui passera ce week-end en boucle sur Canal Z. Alors que la fin de la vague Omicron se profile, sans que l'on sache si d'autres se profilent.

La pandémie laisse l'hôpital et ses chevilles ouvrières épuisés, mais contraints néanmoins de repartir au combat dans un contexte budgétaire étriqué. "Dans l'histoire récente, on n'avait pas connu une crise de cette ampleur, souligne Philippe Leroy. Nous en tirons les leçons en terme d'organisation interne, de plan pandémie, de préparation à de nouvelles vagues éventuelles, mais il y a aussi des leçons à tirer en terme d'organisation des soins de santé et de financement."

"La vaccination fonctionne"

Dans cet entretien riche d'une demi-heure, le CEO du CHU Saint-Pierre souligne qu'il convient de trouver une autre façon de gérer la crise. "On devrait évoluer vers une nouvelle normalité pour la société", dit-il, avec la possibilité de ne plus devoir fermer des secteurs comme cela a eu lieu trop souvent. Pour cela, Philippe Leroy insiste sur le fait que "la vaccination fonctionne très bien" - ce qui signifie que les vaccinés ont une probabilité bien plus grande de ne pas faire de forme grave.

"Si nous avions eu une vaccination obligatoire pour la vague Omicron, mathématiquement, à la place d'avoir dix patients dans mes soins intensifs, je n'en aurais eu qu'un ou deux. Et donc, on aurait dû prendre moins de mesures pour limiter la circulation du virus type fermetures de classes d'écoles, fermeture de l'horeca, couvre-feu etc." La vaccination obligatoire, écartée jusqu'ici par les politiques" est-elle la solution? "En tout cas, je pense que c'est un outil qui d'un point de vue scientifique, analytique, a fait vraiment ses preuves."

Les manques de la réforme

Le directeur du CHU Saint-Pierre évoque longuement la réforme du financement des hôpitaux, présentée par le ministre fédéral, Frank Vandenbroucke (Vooruit). "Il y a de bons éléments dans cette réforme, dit-il. On va corriger une partie des effets pervers d'un financement par l'acte ne forfaitisant un peu plus."

Mais Philippe Leroy regrette aussi plusieurs manques. "Sur le fond, un grand absent de cette réforme, c'est la prévention en matière de santé." Parce qu'elle concerne un autre niveau de pouvoir. Il en va de même pour les collaborations avec maisons de repos, qui devraient être encouragées. Là encore, cela dépend des Régions.

Les différents niveaux de pouvoir devraient élaborer une réforme ensemble, insiste-t-il, au lieu d'un projet présenté par le seul Frank Vandenbroucke. Qui souligne combien la recherche de qualité et des économies d'échelle peuvent aller de pair.

En attendant, la reprise est difficile. "Nous avons beaucoup de projets, des transformations et des réorganisations qui sont nécessaires, on ne peut pas se permettre de rester dans le statu quo. On doit remobiliser les troupes autour de ça, mais c'est difficile. Mon défi, en tant que directeur d'hôpital, c'est de réinsuffler cette énergie, c'est d'autant plus difficile que nous avons une communication transparente et que l'on doit annoncer que nous démarrons l'année avec un déficit de cinq millions d'euros et que l'on devra ramer à contre-courant pour essayer d'être à l'équilibre. Comme programme pour l'année, quand je parle de ça avec les équieps, l'enthousiasme n'est pas au plafond."

Il y a bien des leçons à tirer de cette crise du Covid qui a braqué les projecteurs sur les hôpitaux depuis deux ans. "Nous pansons nos plaies", souligne Philippe Leroy, CEO du CHIU Saint-Pierre à Bruxelles, invité de l'émission Trends Talk, qui passera ce week-end en boucle sur Canal Z. Alors que la fin de la vague Omicron se profile, sans que l'on sache si d'autres se profilent.La pandémie laisse l'hôpital et ses chevilles ouvrières épuisés, mais contraints néanmoins de repartir au combat dans un contexte budgétaire étriqué. "Dans l'histoire récente, on n'avait pas connu une crise de cette ampleur, souligne Philippe Leroy. Nous en tirons les leçons en terme d'organisation interne, de plan pandémie, de préparation à de nouvelles vagues éventuelles, mais il y a aussi des leçons à tirer en terme d'organisation des soins de santé et de financement."Dans cet entretien riche d'une demi-heure, le CEO du CHU Saint-Pierre souligne qu'il convient de trouver une autre façon de gérer la crise. "On devrait évoluer vers une nouvelle normalité pour la société", dit-il, avec la possibilité de ne plus devoir fermer des secteurs comme cela a eu lieu trop souvent. Pour cela, Philippe Leroy insiste sur le fait que "la vaccination fonctionne très bien" - ce qui signifie que les vaccinés ont une probabilité bien plus grande de ne pas faire de forme grave."Si nous avions eu une vaccination obligatoire pour la vague Omicron, mathématiquement, à la place d'avoir dix patients dans mes soins intensifs, je n'en aurais eu qu'un ou deux. Et donc, on aurait dû prendre moins de mesures pour limiter la circulation du virus type fermetures de classes d'écoles, fermeture de l'horeca, couvre-feu etc." La vaccination obligatoire, écartée jusqu'ici par les politiques" est-elle la solution? "En tout cas, je pense que c'est un outil qui d'un point de vue scientifique, analytique, a fait vraiment ses preuves."Le directeur du CHU Saint-Pierre évoque longuement la réforme du financement des hôpitaux, présentée par le ministre fédéral, Frank Vandenbroucke (Vooruit). "Il y a de bons éléments dans cette réforme, dit-il. On va corriger une partie des effets pervers d'un financement par l'acte ne forfaitisant un peu plus."Mais Philippe Leroy regrette aussi plusieurs manques. "Sur le fond, un grand absent de cette réforme, c'est la prévention en matière de santé." Parce qu'elle concerne un autre niveau de pouvoir. Il en va de même pour les collaborations avec maisons de repos, qui devraient être encouragées. Là encore, cela dépend des Régions. Les différents niveaux de pouvoir devraient élaborer une réforme ensemble, insiste-t-il, au lieu d'un projet présenté par le seul Frank Vandenbroucke. Qui souligne combien la recherche de qualité et des économies d'échelle peuvent aller de pair.En attendant, la reprise est difficile. "Nous avons beaucoup de projets, des transformations et des réorganisations qui sont nécessaires, on ne peut pas se permettre de rester dans le statu quo. On doit remobiliser les troupes autour de ça, mais c'est difficile. Mon défi, en tant que directeur d'hôpital, c'est de réinsuffler cette énergie, c'est d'autant plus difficile que nous avons une communication transparente et que l'on doit annoncer que nous démarrons l'année avec un déficit de cinq millions d'euros et que l'on devra ramer à contre-courant pour essayer d'être à l'équilibre. Comme programme pour l'année, quand je parle de ça avec les équieps, l'enthousiasme n'est pas au plafond."