Depuis le début du premier confinement, ils sont partout, sur tous les écrans, dans toutes les controverses. "Ils", ce sont les experts officiels, ceux choisis par le gouvernement. Il est possible qu'ils donnent à celui-ci des avis scientifiques, que l'on ne voit jamais. Pour le reste, ils tweetent beaucoup, prennent des positions systématiquement dures, invitent à toujours plus de mesures liberticides. Même le Premier ministre, peu suspect d'être un "anti-mesures", a dû le constater: il y a parmi ces experts officiels une espèce de surenchère particulièrement anxiogène.
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Depuis le début du premier confinement, ils sont partout, sur tous les écrans, dans toutes les controverses. "Ils", ce sont les experts officiels, ceux choisis par le gouvernement. Il est possible qu'ils donnent à celui-ci des avis scientifiques, que l'on ne voit jamais. Pour le reste, ils tweetent beaucoup, prennent des positions systématiquement dures, invitent à toujours plus de mesures liberticides. Même le Premier ministre, peu suspect d'être un "anti-mesures", a dû le constater: il y a parmi ces experts officiels une espèce de surenchère particulièrement anxiogène. Le gouvernement et la plus grande partie de la presse s'obstinent à les dénommer "les experts". On fait comme si ces experts officiels étaient les seules personnes compétentes, les seuls "vrais" virologues. Lorsque d'autres essayent d'exprimer des idées divergentes, comme ce fut le cas il y a quelques mois de l'éminent professeur Jean-Luc Gala, on le fit taire, et le ministre Vandenbroucke lui-même, qui se croit sans doute devenu lui aussi virologue, proféra à son égard des propos inacceptables. Récemment encore, certains d'entre eux se sont présentés comme les détenteurs de "la Science" à eux tous seuls. C'est au nom de cet argument, si l'on peut dire, qu'ils répondent à Georges-Louis Bouchez, un président de parti de la majorité, qui paraît certes parfois être le plus ferme opposant à la politique du gouvernement... Certains des experts officiels ont un parcours académique de très bon niveau ; pour d'autres, on devra admettre que c'est moins impressionnant. Mais quoi qu'il en soit, affirmer qu'ils sont les seuls détenteurs de la vérité scientifique, cela relève de l'argument d'autorité, qui est précisément le contraire de l'esprit scientifique. C'est d'autant moins admissible qu'ils ne sont pas toujours d'accord entre eux et que d'autres virologues de très haute réputation ont le courage, malgré l'ambiance de "politiquement correct" autour des mesures autoritaires du gouvernement, d'exprimer d'autres points de vue. Ainsi, le virologue, professeur et ancien recteur à l'université de Liège, Bernard Rentier, osait dire il y a quelques jours: "Pour les experts de Vandenbroucke, l'idéal est d'enfermer tout le monde. Mais il existe une stratégie alternative". Malgré tout cela, ledit ministre s'obstine à suivre ceux des experts ¬ nommés par lui sans mise en concurrence ¬ qui, sans véritable contradiction organisée, sont favorables aux mesures les plus sévères pour les citoyens. Pire, on a parfois l'impression que les ministres fuient les responsabilités pour lesquelles ils ont été nommés en se cachant derrière l'opinion de ces experts-là. Ils ignorent les autres et n'assument pas leur fonction. Celle-ci implique de ne pas tenir compte du seul aspect sanitaire mais aussi des autres conséquences. C'est le rôle des élus de décider, en tenant compte de tous les aspects du problème, y compris ceux qui ne relèvent pas de l'expertise des "virologues officiels". Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, sont d'avis que les conséquences des mesures gouvernementales sur le plan économique, et psychologique, et aussi sur le sort de nos libertés fondamentales, sont plus graves que celles de la maladie que l'on affirme combattre.