Aucun projet précis n'est évoqué, et l'on se contente de dire que les investissements se feront dans " la transition numérique, la cybersécurité, l'enseignement, les soins de santé, l'énergie, la mobilité ", soit tous des domaines bien séduisants en période électorale.
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Aucun projet précis n'est évoqué, et l'on se contente de dire que les investissements se feront dans " la transition numérique, la cybersécurité, l'enseignement, les soins de santé, l'énergie, la mobilité ", soit tous des domaines bien séduisants en période électorale. On rassure tout de suite en annonçant que 55 % du financement proviendra du " privé ". En réalité, aucune entreprise n'a pris d'engagement concret. Les entreprises ne fonctionnent pas comme les gouvernements qui seuls sont capables de faire leur propagande en clamant qu'ils vont dépenser l'argent des autres, celui des contribuables, sans savoir à quoi il sera affecté. Comme si la dépense publique était une vertu ! Les entreprises, elles, ne dépensent rien sans perspective de rentabilité. Soit elles auraient de toute manière investi, et le plan ne sert à rien, soit les investissements ne se révèlent pas rentables, et ils ne se feront pas. Il reste une dernière possibilité : celle où les investissements ne deviendront rentables que parce que les pouvoirs publics leur accorderont des subsides ou d'autres avantages. Dans ce cas, ce sont des investissements " privés " qui coûteront aux contribuables, d'une manière ou d'une autre. Il est malsain de présenter des grandes entreprises comme les alliées du gouvernement. Leur rôle n'est pas d'aider sa politique, ni d'en profiter. Ce mélange des genres, commun au Pacte national d'investissements " comme au Plan Marshall wallon, fait plutôt penser à la triste mais omniprésente notion de " capitalisme de connivence ". Quant au financement public (les 45 % restants), on voit mal comment il pourrait être trouvé, alors que le recours à l'emprunt est quasiment impossible en raison du niveau élevé de la dette publique, et que la Belgique est déjà l'un des pays les plus taxés au monde. Le gouvernement annonce le recours à des " fonds européens ", comme si ceux-ci n'étaient pas eux-mêmes financés par les contribuables : la Belgique n'a jamais été un bénéficiaire net dans ses rapports avec l'Europe et ce qui viendra de celle-ci aura donc été largement financé par les contributions belges. Quant aux ventes d'actifs, le gouvernement, qui a reporté aux calendes grecques la vente d'une modeste participation de 30 % dans la seule Belfius n'a aucune crédibilité pour les rendre plausibles : il a disposé de quatre ans pour vendre ses participations dans Proximus et Bpost, par exemple, et n'en a rien fait. Ces quatre années n'ont en rien contribué à réduire le poids de l'Etat dans la vie des gens et dans l'économie. Elles n'ont servi qu'à consolider un ruineux Etat providence incapable de réduire ses dépenses et ses impôts écrasants tant pour les travailleurs que les épargnants. La conclusion s'impose d'elle-même: soit les investissements publics annoncés n'auront pas lieu, soit ils seront financés par le contribuable. Jamais libéral, le gouvernement semble encore croire aux vieilles recettes keynésiennes, jamais efficaces dans la réalité, selon lesquelles les investissements publics relanceraient l'économie. Il devrait faire exactement le contraire : réduire enfin ses dépenses, ce qu'il n'a jamais fait depuis qu'il est en fonction, et privatiser dans tous les domaines où le rôle de l'Etat ne se justifie pas. Qui peut imaginer que, si sa construction avait été confiée à une entreprise privée, et son fonctionnement payé par ses utilisateurs, le réseau RER bruxellois en serait toujours au stade où il est actuellement, c'est-à-dire nulle part ? Ce Plan National n'est qu'une nouvelle version des " politiques des grands travaux " qui accroissent encore les dépenses publiques, et dont le seul effet est de permettre un jour à des politiciens d'inaugurer, à grand renfort de publicité, des infrastructures payées par le contribuable.