Les pensions complémentaires et la fiscalité qui s'y attache font l'objet d'un grand débat à la suite de la note d'un membre du Conseil supérieur des finances. Une note qui n'a pas encore été discutée par le CSF, mais dont la fuite dans La Libre a provoqué de gros remous car elle suggère de réformer le deuxième pilier des pensions, celui des assurances de groupe et des pensions complémentaires financées par les entreprises.
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Les pensions complémentaires et la fiscalité qui s'y attache font l'objet d'un grand débat à la suite de la note d'un membre du Conseil supérieur des finances. Une note qui n'a pas encore été discutée par le CSF, mais dont la fuite dans La Libre a provoqué de gros remous car elle suggère de réformer le deuxième pilier des pensions, celui des assurances de groupe et des pensions complémentaires financées par les entreprises. L'idée serait, pour financer la réforme de l'impôt sur les personnes physiques, d'obliger les pensionnés à percevoir leurs assurances de groupe sous forme de rentes. Ces revenus entreraient en ligne de compte dans le calcul du taux progressif de l'impôt sur les personnes physiques, avec un taux marginal qui monte vite à 40% et au-delà, alors qu'aujourd'hui, les sommes versées dans le cadre d'une assurance de groupe sont ponctionnées à hauteur d'une vingtaine de pour cent.... La ministre des Pensions, Karine Lalieux, serait partante. "Il est plus que temps de réformer pour mettre un terme au dérapage budgétaire lié au deuxième pilier de pension", dit-elle. Certes, la fiscalité inhérente à ce deuxième pilier avantage les revenus les plus aisés, qui sont ceux qui peuvent se permettre les versements les plus importants. Le manque à gagner annuel pour l'Etat serait de 2 milliards, ce qui n'est évidemment pas rien. Mais casser ce système serait oublier qu'il a été instauré parce que les pensions légales se révèlent de plus en plus incapables d'assurer un niveau de vie correct aux retraités. Les ministres des Pensions et les ministres de Finances successifs ont régulièrement encouragé, via des incitants fiscaux, la population à se constituer une autre poire pour la soif. Venir la confisquer maintenant viendrait effilocher un peu plus encore le lien, déjà ténu, de confiance entre l'Etat et le citoyen. Vous pouvez changer le système pour les nouveaux entrants. Mais pas pour ceux qui y sont depuis longtemps. Sinon, comme le fait remarquer Bruno Colmant, professeur à l'ULB et l'UCLouvain, on rompt le contrat. Imaginez: vous n'êtes plus qu'à deux ou trois années de la pension. Vous destiniez l'argent de votre assurance de groupe à l'un ou l'autre projet pour vous ou votre famille. Et puis ce n'est plus qu'une rente... Votre ressentiment est immense. On ne réforme pas les pensions comme ça! Et si l'on veut parler d'équité, parlons d'équité. Faut-il rappeler que chez nous, les parlementaires bénéficient toujours d'indemnités de sortie et d'un système de retraite très avantageux? Faut-il rappeler que celui qui, par choix ou par nécessité, a dû cotiser à des régimes de pension différents (salarié, indépendant) est désavantagé par rapport à celui qui est resté toute sa vie dans un seul régime? Un problème qui n'a jamais été résolu alors que l'on parle sans cesse de flexibilité du travail. Faut-il rappeler qu'un système de rente n'est pas vraiment égalitaire? L'espérance de vie varie, en fonction du capital génétique, du mode de vie ou du niveau de vie. Les ménages aux revenus les plus modestes ont malheureusement une espérance de vie un peu plus basse que la moyenne. On ne doute pas que le système des pensions mérite une réforme. Mais elle doit être large et équilibrée. Elle ne doit pas donner une nouvelle image désastreuse de la gouvernance erratique de l'Etat. Il n'en a pas besoin après les images effarantes du centre de vaccination désertique du Heysel et l'annonce tout aussi hallucinante que nous pouvons mettre à la poubelle ces fameux masques Avrox payés cher et vilain.