Sur la couverture du dernier livre d'Amin Maalouf figure un bateau qui vogue en pleine tempête. Certes, rien ne dit que le navire finira par sombrer, mais le trois-mâts stylisé semble bel et bien en fâcheuse posture, alourdi par un titre forcément tragique : Le Naufrage des civilisations.

Dans cet essai paru au printemps dernier, l'écrivain franco-libanais dresse le portrait d'une humanité bien sombre qui a fini, au fil des décennies, par oublier les règles essentielles du respect et du vivre- ensemble. Patiemment, Amin Maalouf revient sur les grands bouleversements de l'histoire et tente de comprendre pourquoi et comment l'espèce humaine en est arrivée là.

Récemment de passage à Bruxelles pour le cycle de conférences Les grands invités de l'Hôtel de Ville, Amin Maalouf a accepté notre invitation à s'asseoir à la table de L'Ecailler du Palais Royal, le temps d'un déjeuner avec le bourgmestre bruxellois Philippe Close. Extraits d'une interview croisée sur fond d'actualité européenne.

TRENDS-TENDANCES. Amin Maalouf, vous évoquez notamment, dans votre dernier livre, l'effritement du rêve européen. Comment avez-vous ressenti cette nomination d'un nouveau commissaire de l'Union chargé, je cite, de la protection du mode de vie européen ?

AMIN MAALOUF. Je ne trouve pas indigne de défendre le mode de vie européen. Je pense que, si l'on est ouvert au monde, on peut espérer introduire d'autres personnes venant d'autres cultures au sein du mode de vie européen qui s'est construit sur des siècles et qui a, à mes yeux, une haute valeur humaine. Donc, honnêtement, ça ne me choque pas. Je pense même que c'est une bonne chose de définir le mode de vie européen et d'inviter les gens qui ont de l'admiration pour ce mode de vie, d'où qu'ils viennent, quelles que soient leurs origines, à entrer dans ce cadre et à l'enrichir.

PHILIPPE CLOSE. Moi, ce qui m'intéresse toujours en tant qu'homme politique, c'est de savoir comment un fait a été généré. Comment se fait-il qu'à un moment donné, dans une assemblée de personnes qui constituent quand même l'élite, on en arrive à utiliser ces mots. Il y a eu visiblement un consensus pour utiliser cet intitulé de " protection du mode de vie européen " pour cette fonction et c'est cela qui, moi, m'interpelle. Qu'est-ce qui fait que, aujourd'hui, on se trouve dans une société européenne qui n'a pas arrêté de se construire pour éviter les démons du passé et qui, finalement, a tellement peur d'elle-même qu'elle veut mettre des barrières en permanence. Or, lorsque l'on regarde l'histoire, on constate que, à chaque fois que l'Europe s'est fermée à une diversité ou à d'autres cultures, elle a régressé.

Je ne trouve pas indigne de défendre le mode de vie européen. " Amin Maalouf

Mais pour vous, Amin Maalouf, concrètement, qu'est-ce que le mode de vie européen ?

A.M. Ce sont beaucoup de choses ! C'est la démocratie, c'est l'égalité homme-femme, c'est le progrès, c'est la modernisation sociale... Ce sont des valeurs qui méritent d'être défendues et d'être propagées. En quoi la protection de ce mode de vie est-elle choquante ? Si on avait choisi " la protection de l'identité européenne ", là, oui, j'aurais tiqué.

P.C. S'il s'agit de construire une société ouverte qui défend les droits de l'homme, c'est intéressant, mais le problème, comme toujours, c'est que le temps politique et médiatique est tellement court qu'il ne permet pas toujours d'expliquer les choses. Or, nous fonctionnons aussi sur des symboles. Alors oui, bien sûr, il faut protéger une histoire ¬ on protège bien du patrimoine ¬ mais la polémique vient du fait que la Commission a renommé le ministère chargé de l'immigration en un nouvel intitulé, en l'occurrence la protection du mode de vie européen...

A.M. Moi, ça ne me choque pas. Pourquoi des gens viennent-ils en Europe ? Pourquoi, moi, suis-je venu ici ? Parce que nous voulons ce mode de vie européen ! Nous l'aimons et nous voulons en faire partie...

Des commentateurs ont pourtant affirmé que cette appellation visait surtout à " rassurer " certains dirigeants populistes de l'Union européenne...

A.M. En quoi le fait de préserver le mode de vie européen est-il de droite, d'extrême droite ou populiste ? C'est un mode de vie qui s'est construit avec la contribution de gens venant de tous les bords politiques, avec des écrivains, des philosophes, etc. Tout le monde veut préserver ce mode de vie européen, y compris les migrants qui n'ont pas envie d'arriver dans une société qui va se transformer en une société faillie comme dans leurs pays de départ. Moi, je n'ai pas envie de vivre dans une Europe communautarisée comme le Liban de mes origines. Les gens viennent ici parce qu'ils recherchent une certaine qualité de vie. Ils veulent ce mode de vie européen et notre rôle est de leur permettre d'y accéder dans les meilleures conditions.

P.C. Le mode de vie n'est pas une régression, mais ce que je reproche à la Commission, c'est de ne pas s'être posé la question de savoir s'il ne fallait mieux pas expliquer ce changement de dénomination. Parce que, autrement, on risque un choc...

A.M. Mon reproche à l'Europe, c'est qu'elle n'assume pas pleinement son rôle mondial. Elle a appris les leçons de l'histoire dans les relations entre ses peuples et dans ses relations avec le reste du monde, elle est mûre pour jouer un rôle de conciliation et un rôle de sagesse, mais aujourd'hui, elle n'aide personne en s'installant dans une logique de mea-culpa permanent et en répétant : " Oh la la, nous avons été horribles... " Je déplore que l'Europe ne joue pas le rôle qu'elle pourrait jouer aujourd'hui dans le monde.

P.C. En fait, si l'Europe avait choisi un commissariat à la promotion du mode de vie européen et non pas à sa protection, il y aurait sans doute eu moins de polémiques. La protection incarne quelque chose de figé. Or, il faut faire évoluer les choses. La justice, les droits de l'homme ou encore la sécurité sociale ¬ qui me tient à coeur ¬ sont en évolution permanente. La ville aussi ! A ce propos, il y a un grand architecte français, Paul Chemetov, qui a dit : " Il faut apprendre aux gens que la ville ne se finit jamais ". C'est très intelligent et c'est la même chose pour la société : on ne peut pas la figer...

C'est un clin d'oeil au piétonnier ? La ville serait-elle donc en mutation permanente ?

P.C. Permanente ! Un jour quelqu'un m'a demandé : " Mais quand les travaux vont-ils s'arrêter à Bruxelles ? " Je lui ai répondu : " Jamais ! Je suis désolé de vous le dire, mais les travaux ne vont jamais s'arrêter ! " Si la ville n'est pas en mutation permanente, elle disparaît. J'en reviens donc à ce que je disais : le mot protection incarne quelque chose de figé. Il aurait été plus adroit d'utiliser, je pense, l'expression " promotion du mode de vie européen ".

A.M. Protection n'est pas un gros mot non plus. C'est vrai que l'on a, parfois, des sociétés qui ont un peu trop tendance à se protéger mais, en même temps, on parle aussi de protection sociale, de protection de la mère et de l'enfant, etc. Le mot protection n'est pas un problème en lui-même...

P.C. Bien sûr.

A.M. Il y a des sujets épineux qui suscitent automatiquement des réactions, avec des clans qui se forment, mais je pense qu'il faut savoir raison garder. Nous avons besoin de réfléchir sereinement à toutes ces questions plutôt que de réagir épidermiquement à tel ou tel mot. Je pense que nous devons plutôt adopter une attitude d'échange serein.

P.C. Cela me fait penser à un projet que mène une amie très proche depuis des années au Proche-Orient et qui s'appelle Simone Susskind. Depuis des années, elle invite des élèves de cinquième secondaire à se rendre à la fois en Israël et en Palestine, mais elle emmène avec elle aussi bien des élèves issus de l'enseignement technique et professionnel ¬ des écoles plus modestes donc ¬ que des écoles considérées comme privilégiées, par exemple le lycée Emile Jacqmain à Bruxelles. Ce qui est intéressant dans cette démarche, c'est non seulement le fait que ces étudiants belges sont allés au Proche-Orient pour s'intéresser aux problèmes sur place, mais c'est aussi le fait, pour ces élèves d'écoles différentes, de se côtoyer. Ici, à Bruxelles, ils ne se seraient jamais croisés ou, du moins, ils ne se seraient jamais parlé. Et là, je rebondis sur ce que vous dites parce que Simone Susskind appellent ces jeunes des ambassadeurs de nuance...

A.M. C'est très joli.

P.C. Elle les invite à transmettre cette nuance dans leurs écoles respectives, à leur retour, parce que tout n'est pas tout blanc ou tout noir dans la vie. Ces ambassadeurs sont là pour transmettre leur expérience et surtout mettre en avant la complexité des choses. Vous l'expliquez d'ailleurs très bien dans votre dernier livre : quand des sociétés décident de se fermer et d'exclure, elles perdent la nuance et leur dynamique.

A.M. On a besoin de sérénité et de subtilité. On n'a pas besoin de polémiques épidermiques sur des questions aussi graves. La première obligation pour un débat, quel qu'il soit, est qu'il se fasse dans la sérénité. Les débats qui se font dans l'agitation et la polémique ne mènent nulle part. Les idées viennent beaucoup mieux dans l'échange serein et la discussion.

Monsieur Close, vous avez lu " Le Naufrage des civilisations " d'Amin Maalouf qui dresse un constat pessimiste sur le monde actuel. En êtes-vous ressorti indemne ?

P.C. Je n'ai pas pris ce livre comme quelque chose de pessimiste, mais plutôt comme un livre qui alimente. On n'attend pas d'Amin Maalouf ¬ et je pense qu'il sera d'accord avec moi ¬ qu'il trouve la solution au monde. Il ne prône pas l'homme providentiel. Il installe des balises en donnant des moments charnières pour essayer de comprendre le monde et pour construire ensuite quelque chose de nouveau. J'y ai appris beaucoup de choses et j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire parce qu'il y a aussi une vraie accessibilité dans l'écriture.

A.M. Il est vrai que mon livre n'offre pas des solutions. Il faut résister à la tentation de dire : " Il y a quelques problèmes, voilà les solutions ! ". Il faut plutôt avoir l'humilité de dire : " Je vois les problèmes, j'essaie de comprendre comment on en est arrivé là et j'essaie d'expliquer de la manière la plus claire possible pourquoi les choses se sont déroulées de cette façon ". Mon but à ce stade, avec ce livre, c'est dire aux gens qu'il faut ouvrir les yeux. Il faut prendre conscience des risques d'une nouvelle guerre froide, des risques liés à la difficulté de vivre ensemble, des risques liés au climat, etc. Ce sont des risques réels qui menacent nos civilisations et donc je n'allais pas finir par un chapitre qui donne les solutions. Je ne suis pas en mesure de le faire. La mission de la littérature n'est pas de rassurer à bon compte, ni de dire qu'on a les solutions. La mission de la littérature, c'est plutôt d'aider à ouvrir les yeux. Quand George Orwell écrit 1984, il n'y a pas de happy ending.

Oui, mais c'est un roman, pas un essai...

A.M. Il a quand même la fonction de dire : " Attention ! ".

P.C. C'est un roman inspiré du stalinisme qu'il craint.

A.M. Il est important de comprendre aujourd'hui où l'on est, d'ouvrir les yeux et de savoir qu'il y a des risques clairs. Si le lecteur arrive à cela, j'aurai accompli beaucoup plus que je ne l'espère avec ce livre.

Vous restez malgré tout optimiste pour l'avenir du monde ?

A.M. Il y a un élément qui me pousse à rester optimiste, c'est que les problèmes du monde d'aujourd'hui dépendent de notre volonté. Ce n'était pas le cas par le passé où l'on n'avait ni les connaissances ni les moyens de résoudre les problèmes. Aujourd'hui, nous avons les moyens, les ressources et les connaissances technologiques pour résoudre ces problèmes. Le vrai combat, c'est de convaincre les gens qu'il est important de résoudre ces problèmes. Tout se passe dans la tête.

P.C. Je crois que c'est le philosophe français Marcel Gauchet qui parle toujours du tragique. En fait, ce qui manque parfois à nos sociétés, c'est du tragique dans le sens de la tragédie grecque. Alors, on a du tragique sur l'immigration massive, sur le réchauffement climatique, mais sur le social, par exemple, on n'a plus de conscience tragique. Or, on sait que les inégalités sont là. Et dans vos écrits, on retrouve ces moments de tragédie où il y a malgré tout de l'espoir.

© Hatim Kaghat (BelgaImage)

Amin Maalouf, dans votre livre, vous déplorez que les populations chrétiennes, juives et musulmanes n'arrivent plus aujourd'hui à vivre ensemble. Peut-on en déduire, de manière caricaturale, que la religion est un poison pour l'humanité ?

A.M. Non. Ce que je dis dans mon livre, c'est qu'aucune société n'a trouvé de solution pour faire vivre ensemble aujourd'hui les communautés comme elles ont pu vivre ensemble dans le quartier de mon enfance. Cela dit, je pense effectivement qu'une certaine utilisation de la religion dans la vie publique rend la coexistence beaucoup plus difficile. C'est certain. Plus généralement, je dirais qu'on peut faire vivre ensemble des personnes, des hommes et des femmes venant de toutes origines, avec différentes appartenances ethniques ou religieuses, mais je ne pense pas qu'on puisse en dire de même des communautés. Il faut, à un moment donné, sortir de l'esprit communautaire et que les citoyens soient considérés comme des citoyens.

P.C. C'est le socle commun. Bruxelles, sans le vouloir et sans le savoir, est devenue la capitale la plus cosmopolite du monde juste après Dubaï et c'est d'ailleurs ce qui fait qu'elle existe sur la carte du monde. Nous sommes non seulement la capitale des institutions européennes et la capitale de l'Otan, mais nous comptons surtout 184 nationalités. C'est ça qui fait l'identité bruxelloise et c'est une opportunité incroyable. Mais le plus dangereux lorsque l'on compte 184 nationalités dans sa ville, c'est de croire que Bruxelles va être l'addition de toutes les différences des communautés. Ça, on n'y arrivera pas ! Parce que, à un moment donné, chacun a sa spécificité qui n'est pas toujours compatible avec l'autre...

Dans nos sociétés, le libre arbitre est une valeur qu'il faut continuer à défendre et promouvoir. " Philippe Close

A.M. Ce qui est important, c'est de faire vivre ensemble non pas des communautés, mais des personnes. On s'engage sur une voie périlleuse quand on réfléchit en termes de communautés que l'on traite comme des entités.

P.C. Il y a un exemple à Bruxelles qui est assez marquant et ce sont les néerlandophones. Pendant très longtemps, il y avait un côté paradis perdu pour beaucoup de Flamands parce que Bruxelles était, dans le passé, une ville flamande. Mais aujourd'hui ¬ et je le vois avec mes collègues élus par exemple ¬ ils ne sont plus des ambassadeurs de la communauté flamande, ce sont des Bruxellois d'abord, néerlandophones certes, mais ils ont une identité bruxelloise. Je trouve que c'est une très belle avancée et c'est assez remarquable. Et c'est aussi la raison pour laquelle je dis souvent que l'essor des villes et leur dynamique viennent aussi des minorités.

Etes-vous l'un et l'autre croyant et, dans l'affirmative, quelle influence peut avoir cette foi sur votre travail ?

A.M. ( Silence) Moi, je crois à des valeurs. J'aimerais que le terme de croyance soit utilisé principalement pour des gens qui croient à des valeurs et qui peuvent s'appuyer ou pas sur une religion. S'agissant de la religion, j'ai reçu il y a quelques années un doctorat honoris causa à Louvain-la-Neuve et j'ai fait un discours que je publierai un jour, peut-être en le développant un peu, et que j'intitulerai Eloge du doute. Je pense qu'un élément essentiel de toute croyance et de tout humanisme, c'est la capacité de douter de tout, y compris du doute.

Cela veut dire qu'à 70 ans, vous n'êtes pas toujours convaincu qu'il puisse y avoir un Dieu ?

A.M. Je n'ai pas dit ça. ( sourire) Je ne suis pas de ceux qui sentent que le ciel est vide. Mais simplement, je pense que l'essentiel est de ne pas utiliser ses croyances contre les autres. Les croyances que l'on a, quelles qu'elles soient, ne donnent pas le droit d'imposer ses vues ou son autorité aux autres. Je suis quelqu'un qui a un grand respect de toutes les croyances. Je n'ai pas de certitudes. Je me sens à égale distance des adeptes des différentes religions et de ceux qui n'en ont pas. Sincèrement, je regarde le tout avec beaucoup de respect, beaucoup d'intérêt et beaucoup d'écoute, mais je n'ai pas un tempérament d'adepte.

P.C. Ce n'est pas mal, ça. ( sourire) C'est terrible de parler après vous ! C'est très compliqué. ( Amin Maalouf rit) Je vais être de nouveau dans un discours assez politique par rapport à cela. Je viens d'un milieu où une partie de ma famille est chrétienne et l'autre, laïque. J'ai été bercé là-dedans, mais j'ai l'impression que, dès que la religion rentre en politique, cela se passe toujours mal. Je pense que, aujourd'hui, il y a d'autres façons d'exprimer des convictions et des socles de valeur sans mettre l'élément religieux dans le débat. Sinon, on confisque le débat. Mais ce n'est pas pour cela qu'on ne respecte pas la religion de l'autre ! Je pense que, dans la pensée collective, il faut laisser un libre arbitre. Dans nos sociétés, le libre arbitre est une valeur qu'il faut continuer à défendre et à promouvoir. C'est à partir de là que, personnellement, j'essaie d'agir et d'éduquer mes enfants par rapport à leurs choix.

L'écriture est-elle vitale pour vous, Amin Maalouf ? Vous n'envisagez pas de prendre votre retraite ?

A.M. Non, je pense que la retraite est exclue. J'ai besoin, en me réveillant le matin, d'avoir un livre en projet. J'écris pratiquement tous les jours et je me sens mal quand je n'ai pas un livre en préparation.

L'homme politique a-t-il le fantasme de l'écrivain ? A-t-il nécessairement l'envie d'écrire un livre ?

P.C. Pas moi, pour l'instant. Les hommes politiques écrivent parfois leurs mémoires à la fin de leur carrière, mais moi, j'ai 48 ans et je m'alimente davantage des lectures des autres. On a besoin de ces intellectuels qui positionnent les choses. Cela nous nourrit tout le temps. L'homme et la femme politique doivent incarner une vision. On est plutôt à vouloir peser sur le réel. Et puis, nous avons un ennemi qui est terrible et qui est le temps. C'est quelque chose qui tue aussi notre action. Je vais citer à nouveau l'architecte français Chemetov qui dit : " Il faut admettre la ville patiente ". L'immédiateté qui nous est demandée est impossible.

Profil: Philippe Close

© Hatim Kaghat (BelgaImage)

- Né le 8 mars 1971 à Namur.

- Licencié en droit de l'Université libre de Bruxelles.

- En 1999, il rejoint l'Institut Emile Vandervelde, le centre d'études du Parti socialiste.

- En 2000, il devient porte-parole d'Elio Di Rupo, président du PS, avant de rejoindre, un an plus tard, l'équipe de Freddy Thielemans, alors bourgmestre de la Ville de Bruxelles, en tant que directeur de cabinet.

- En 2006, il est élu au conseil communal de la Ville de Bruxelles et nommé échevin en charge du Tourisme et du Personnel.

- En 2009, il devient également député bruxellois, poste qu'il abandonnera après avoir été désigné bourgmestre de Bruxelles en juin 2017, suite à la démission de son prédécesseur Yvan Mayeur.

- Aux dernières élections communales d'octobre 2018, il engrange 8.501 voix de préférence et est réélu au poste de bourgmestre de Bruxelles.

Profil: Amin Maalouf

© Hatim Kaghat (BelgaImage)

- Né le 25 février 1949 à Beyrouth (Liban).

- Après des études en sociologie et en sciences économiques, il travaille comme journaliste pour le principal quotidien libanais, mais la guerre civile l'oblige à fuir son pays pour rejoindre la France en 1976.

- Devenu rédacteur en chef du magazine Jeune Afrique à Paris, il décroche un contrat d'édition en 1981 et sort, deux ans plus tard, son premier essai Les Croisades vues par les Arabes.

- En 1986, son roman Léon l'Africain marque son premier succès de librairie. Suivront Samarcande (1988), Les Jardins de lumière (1991) et Le Rocher de Tanios pour lequel il reçoit le prix Goncourt en 1993.

- En 2011, il est élu à l'Académie française.

- Il a écrit une quinzaine d'ouvrages traduits en une cinquantaine de langues. Son dernier essai, Le Naufrage des civilisations, est sorti aux éditions Grasset en mars dernier.