Les Chinois mangent à eux seuls près de la moitié de toute la viande porcine consommée de par le monde. Le pays produit la moitié de cette viande, mais il est également confronté à une épidémie de peste porcine africaine actuellement. Les prix augmentent dès lors, mais les producteurs belges - flamands majoritairement - ne peuvent en profiter puisqu'un embargo a été imposé par la Chine sur le porc belge depuis septembre 2018.

Malgré sa petite taille, la Belgique est un acteur majeur du secteur. Elle produit 1,1 million de tonnes de viande de porc par an, dont deux tiers sont exportés, ce qui fait du Plat pays le 7e exportateur mondial du produit. Jusqu'à l'embargo, la Chine achetait environ 2% des exportations belges en la matière.

"Ce qui fait du pays un marché particulier, c'est que les Chinois adorent les oreilles, le museau et les pattes des porcs. Alors que ce sont précisément des morceaux que nos entreprises ont habituellement du mal à écouler sur les autres marchés", explique Gert Van Causenbroeck de VLAM (Vlaams centrum voor Agro- en Visserijmarketing). "Grâce aux Chinois, nos éleveurs peuvent valoriser tout le cochon. Dans un secteur où les marges sont si faibles, c'est très important."

La découverte de peste porcine africaine dans le sud de la Belgique a fermé de nombreuses portes internationales pour nos porcs. Il est depuis peu à nouveau possible d'exporter vers Singapour et le Vietnam, mais cela ne compense pas les pertes liées à l'embargo chinois.

Lundi, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) et d'autres acteurs ont rappelé à leurs interlocuteurs que la peste porcine africaine n'avait été signalée que dans le sud du pays, dans une zone clairement délimitée et uniquement chez des sangliers. Cela fait plusieurs mois qu'aucun nouveau cas n'a d'ailleurs été affirmé, ont-ils répété.