La formation désormais connue de tous les gouvernements fédérés, les négociations fédérales vont-elles enfin connaître une accélération ? Trois éléments peuvent plaider pour une réponse positive : l'agenda des négociateurs potentiels sera moins encombré ; leurs esprits seront libérés des velléités de jeux de dominos entre les niveaux de pouvoir (du moins, on l'espère...) ; et enfin, les fortes ambitions de création d'emplois dans les accords régionaux ne pourront vraisemblablement pas être assouvies sans l'adoption d'une série de mesures nécessitant l'utilisation du levier fédéral. Flamands, Wallons et Bruxellois ont donc besoin d'une majorité fédérale pour doper leurs politiques de l'emploi.
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La formation désormais connue de tous les gouvernements fédérés, les négociations fédérales vont-elles enfin connaître une accélération ? Trois éléments peuvent plaider pour une réponse positive : l'agenda des négociateurs potentiels sera moins encombré ; leurs esprits seront libérés des velléités de jeux de dominos entre les niveaux de pouvoir (du moins, on l'espère...) ; et enfin, les fortes ambitions de création d'emplois dans les accords régionaux ne pourront vraisemblablement pas être assouvies sans l'adoption d'une série de mesures nécessitant l'utilisation du levier fédéral. Flamands, Wallons et Bruxellois ont donc besoin d'une majorité fédérale pour doper leurs politiques de l'emploi.Mais face à cela, il y a aussi des éléments qui n'incitent pas à l'optimisme pour les discussions fédérales. Plusieurs présidences de parti sont en instance de renouvellement, la prudence invitera sans doute à bien appréhender les nouvelles lignes politiques qui se dégageront chez les uns et chez les autres avant d'éventuellement avancer sur le terrain des concessions. Le président de la N-VA Bart De Wever a déjà fait savoir qu'il lui semblerait logique que les deux plus grands partis prennent désormais la main. Mais au PS, Paul Magnette semble encore plus réticent qu'Elio Di Rupo à explorer un travail de formation avec le parti nationaliste. Parce qu'il ne voit guère de points communs entre les politiques que les deux partis voudraient mener et parce que le PS a promis à ses électeurs de tout faire pour contourner la N-VA. On voit mal le bourgmestre de Charleroi mal entamer son mandat au boulevard de l'Empereur par la trahison d'un tel engagement de campagne. Et même s'il voulait le faire, il n'est pas du tout certain que les militants valideraient ensuite cette option, eux qui ont passé cinq ans à dénoncer la trahison du MR de Charles Michel sur ce même point. Les instances patronales ont plusieurs fois appelé les partis à prendre " leurs responsabilités " et à former un gouvernement fédéral. Mais personne n'a pu préciser ce que pourraient recouvrer ces " responsabilités ", quelles mesures contraires à leurs programmes électoraux respectifs le PS et la N-VA devraient endosser. Rappelons au besoin que, même s'ils restent les deux plus grands partis du pays, ils ont tous deux perdu des plumes au dernier scrutin, situation qui ne devrait pas les pousser à prendre le risque de froisser leurs électeurs.Miser sur une soudaine entente entre ces deux partis que tout oppose revient sans doute à attendre de longs mois encore la constitution d'un attelage fédéral. Quelles sont alors les alternatives ? La première, ce serait le recours aux élections anticipées. Une option risquée mais qui n'a en soi rien de scandaleuse dans une démocratie. Evidemment, elle n'a de sens que si les partis mènent ensuite campagne plus sur les ponts entre les communautés que sur les exclusives et ça, c'est loin d'être gagné d'avance...L'autre alternative consisterait à avancer au niveau fédéral sans l'un des deux grands partis. Soit en repartant de la suédoise, avec l'ajout de la famille écologiste, un scénario invraisemblable au vu du fossé entre les Verts et la N-VA. Soit en optant pour un arc-en-ciel (socialistes, libéraux et écologistes), éventuellement complété par le CD&V, voire le cdH. Une telle coalition, qui ne serait pas majoritaire en Flandre, ne pourrait être envisagée qu'après une patiente période de décantation. Elle devrait sans doute être combinée avec une négociation institutionnelle, pourquoi pas menée directement par les ministres-présidents. Après tout, ils sont installés et Jan Jambon est la figure nationaliste la plus présentable pour les francophones. Cette formule aurait en prime des relents confédéralistes qui ne déplairaient pas à tout le monde.