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Ça s'appelle une bonne pioche. Le nouveau président du MR a réussi à attirer dans ses filets Axel Miller, ancien CEO de Dexia et D'leteren et qui sera désormais le chef de cabinet de Georges-Louis Bouchez. Il doit lui apporter l'expérience qui lui fait défaut (Georges-Louis Bouchez n'a que 33 ans), ainsi que de solides compétences juridiques, financières et managériales. Sur papier, cela peut former un tandem très complémentaire. Mais, dans la pratique, quel rôle joue exactement le chef de cabinet d'un président de parti ? La réponse n'est pas simple car elle varie d'un parti à l'autre et, peut-être plus encore, d'une personne à l'autre. Au parti socialiste, le chef de cabinet du président et directeur de l'Institut Emile Vandervelde (centre d'études du parti) est le maillon central d'une structure souvent décrite comme " une machine de guerre ". " Le chef de cabinet est chargé d'acheminer toute l'expertise interne auprès du président, afin qu'il puisse poser les choix politiques en connaissance de cause ", résume Hervé Parmentier, qui a exercé cette fonction auprès d'Elio Di Rupo tant au 16, rue de la Loi qu'au boulevard de l'Empereur. C'est toutefois bien plus qu'une courroie de transmission ou un alignement des aspects positifs et négatifs d'une décision. " Dans chaque dossier important, on propose une porte de sortie au président, dit-il. Il la prendra ou en choisira une autre mais on ne vient pas chez le président sans proposition de solution. " Le chef de cabinet prépare les dossiers en amont, réunit les ministres du parti avant les échéances importantes, veille à ce que le travail des coalitions reste fidèle à la ligne du parti. " Cela engendre parfois des discussions serrées avec des ministres, confie Hervé Parmentier. Il faut orchestrer les choses, trouver le bon timing pour faire aboutir les dossiers. " Cela nécessite un réel sens politique. Et sur ce plan, Georges-Louis Bouchez et plus encore la secrétaire générale du MR Valentine Delwart, sont sans doute mieux armés qu'Axel Miller. " Je ne suis pas un spécialiste des codes politiques et je ne veux pas le devenir ", a-t-il déclaré à L'Echo. Il va donc essayer de ne pas trop se fondre dans le moule politique, afin de conserver ce regard différent, plus managérial pour lequel le président du MR est venu le chercher. Chez Ecolo, le fonctionnement est moins pyramidal. Les relations avec les ministres sont gérées directement par les coprésidents, les interlocuteurs du directeur politique sont les chefs de cabinet des ministres. " C'est un travail de coordination, explique Mohssin El Ghabri. Mon rôle est d'exécuter au mieux la note stratégique dans laquelle les coprésidents exposent les orientations stratégiques. Je veille à cela dans la durée, en assurant un pilotage politique. Mais les arbitrages, eux, relèvent bien des élus. " La direction politique d'Ecolo s'occupe de l'action quotidienne (en ce compris une tutelle sur la communication du parti et les instances locales) mais pas du travail prospectif. Celui-ci est confié à un organisme distinct, Etopia, qui oeuvre comme boîte à idées pour les questions de long terme. Au MR, ce travail plus prospectif ressort du Centre Jean Gol, dont la direction sera assumée par Axel Miller. Le long terme et le court terme sont donc ici pilotés depuis le même gouvernail mais, bien entendu, avec des équipages différents. Le chef de cabinet entend se concentrer sur " la structuration de la réflexion et la proposition ", pas sur la ligne politique qui relèvera bien de Georges-Louis Bouchez.