En matière de politique d'emploi aussi, nous sommes victimes de raisonnements beaucoup trop courts. Ainsi serons-nous facilement amenés à penser que, puisqu'il y a des emplois vacants en nombre, il suffirait de rendre la vie moins agréable aux chômeurs pour que le taux de chômage baisse. Voilà qui justifierait la dégressivité des allocations de chômage, la limitation dans le temps de l'octroi des allocations de chômage ou l'obligation pour les chômeurs de longue durée d'effectuer des tâches d'intérêt général assorties d'une modeste rémunération horaire. En un mot, pousser à l'action passerait par la sanction de l'inaction!

Bien entendu, il ne faut pas souhaiter la suppression de toute forme de sanction, pas plus en matière de chômage que dans d'autres politiques, mais se centrer sur la "punition" est réducteur et stigmatisant et, de ce fait, en plus d'être injuste, se révèle inefficace! Laisser penser que le chômeur choisit de ne pas chercher un emploi et se satisfait de sa situation est d'abord factuellement erroné, quand bien même il y a des profiteurs et vraisemblablement plus encore des découragés. Bien sûr que l'on souhaite un monde où chacun est acteur de sa vie mais véhiculer l'idée que le chômeur est le premier responsable de son état, outre que ce n'est pas correct, a des effets pervers détestables en termes d'estime de soi et de bon appariement sur le marché du travail.

Que préférer à une approche centrée sur la punition du chômeur, ou du malade longue durée? Beaucoup a déjà été dit et écrit, à raison, sur ces éternels chantiers que sont l'enseignement, y compris en alternance, la formation continuée, l'accompagnement des chômeurs, les discriminations à l'embauche, la conciliation avec la vie privée, la qualité ou la sécurité du travail ou l'absence de reconnaissance culturelle pour certains métiers, notamment. Le propos ici est d'avancer une proposition simple et consensuelle, à savoir améliorer la vitesse d'indemnisation du chômage. De quoi s'agit-il?

Pour beaucoup de chômeurs, accepter un emploi est prendre un trop grand risque de trésorerie. C'est abandonner la certitude de toucher une allocation à heure et à temps pour percevoir un salaire qui ne viendra peut-être pas ou partiellement ou avec retard parce que l'employeur ne tiendra pas ses engagements. Et si la relation de travail tourne mal, il faudra des mois sans revenu avant de recommencer à toucher une allocation de chômage. Or, ce public de chômeurs est fréquemment dépourvu d'une épargne où puiser en attendant de percevoir un salaire ou une allocation.

Que faire? Dans le monde des technologies de l'information, il suffirait que la personne qui accepte un travail puisse, en cas de non-payement du salaire, obtenir une avance, à l'image du Service des créances alimentaires (Secal) qui pallie les carences dans le versement des rentes alimentaires et, plus encore, qu'elle puisse très rapidement non seulement recouvrer ses droits à une allocation de chômage mais que celle-ci soit liquidée endéans les 30 jours. Plus généralement, il n'est plus acceptable que la liquidation d'une allocation sociale, aussi dans le cadre d'un congé de maternité ou d'un autre congé avec indemnisation, soit un processus qui prenne des mois, plaçant les bénéficiaires dépourvus d'épargne dans une situation de stress financier aussi injuste que néfaste, pour eux et pour la collectivité.

En matière de politique d'emploi aussi, nous sommes victimes de raisonnements beaucoup trop courts. Ainsi serons-nous facilement amenés à penser que, puisqu'il y a des emplois vacants en nombre, il suffirait de rendre la vie moins agréable aux chômeurs pour que le taux de chômage baisse. Voilà qui justifierait la dégressivité des allocations de chômage, la limitation dans le temps de l'octroi des allocations de chômage ou l'obligation pour les chômeurs de longue durée d'effectuer des tâches d'intérêt général assorties d'une modeste rémunération horaire. En un mot, pousser à l'action passerait par la sanction de l'inaction! Bien entendu, il ne faut pas souhaiter la suppression de toute forme de sanction, pas plus en matière de chômage que dans d'autres politiques, mais se centrer sur la "punition" est réducteur et stigmatisant et, de ce fait, en plus d'être injuste, se révèle inefficace! Laisser penser que le chômeur choisit de ne pas chercher un emploi et se satisfait de sa situation est d'abord factuellement erroné, quand bien même il y a des profiteurs et vraisemblablement plus encore des découragés. Bien sûr que l'on souhaite un monde où chacun est acteur de sa vie mais véhiculer l'idée que le chômeur est le premier responsable de son état, outre que ce n'est pas correct, a des effets pervers détestables en termes d'estime de soi et de bon appariement sur le marché du travail. Que préférer à une approche centrée sur la punition du chômeur, ou du malade longue durée? Beaucoup a déjà été dit et écrit, à raison, sur ces éternels chantiers que sont l'enseignement, y compris en alternance, la formation continuée, l'accompagnement des chômeurs, les discriminations à l'embauche, la conciliation avec la vie privée, la qualité ou la sécurité du travail ou l'absence de reconnaissance culturelle pour certains métiers, notamment. Le propos ici est d'avancer une proposition simple et consensuelle, à savoir améliorer la vitesse d'indemnisation du chômage. De quoi s'agit-il? Pour beaucoup de chômeurs, accepter un emploi est prendre un trop grand risque de trésorerie. C'est abandonner la certitude de toucher une allocation à heure et à temps pour percevoir un salaire qui ne viendra peut-être pas ou partiellement ou avec retard parce que l'employeur ne tiendra pas ses engagements. Et si la relation de travail tourne mal, il faudra des mois sans revenu avant de recommencer à toucher une allocation de chômage. Or, ce public de chômeurs est fréquemment dépourvu d'une épargne où puiser en attendant de percevoir un salaire ou une allocation. Que faire? Dans le monde des technologies de l'information, il suffirait que la personne qui accepte un travail puisse, en cas de non-payement du salaire, obtenir une avance, à l'image du Service des créances alimentaires (Secal) qui pallie les carences dans le versement des rentes alimentaires et, plus encore, qu'elle puisse très rapidement non seulement recouvrer ses droits à une allocation de chômage mais que celle-ci soit liquidée endéans les 30 jours. Plus généralement, il n'est plus acceptable que la liquidation d'une allocation sociale, aussi dans le cadre d'un congé de maternité ou d'un autre congé avec indemnisation, soit un processus qui prenne des mois, plaçant les bénéficiaires dépourvus d'épargne dans une situation de stress financier aussi injuste que néfaste, pour eux et pour la collectivité.