Pourquoi avoir appelé à la grève générale en front commun en ce mercredi ?

Marie-Hélène Ska : Nous avons appelé à la grève générale simplement parce que les messages qui revenaient des travailleurs dans l'ensemble des secteurs, font qu'aujourd'hui pouvoir négocier 0,8% d'augmentation salariale sur les deux ans à venir, c'est inacceptable. C'est totalement insuffisant.

Vous évoquez le fait de changer la loi de 1996 (Loi qui organise la modération salariale, ndlr) Pensez-vous qu'aujourd'hui elle ne correspond plus du tout à la réalité économique et du marché du travail ?

Si aujourd'hui on veut pouvoir mesurer les salaires au travers d'une loi, il faut qu'on puisse comparer l'ensemble des données salariales, l'ensemble des réductions de cotisations de sécurité sociale et l'ensemble des subventions salariales... Et avoir un thermomètre qui mesure exactement la situation et pas seulement un thermomètre artificiel comme c'est le cas aujourd'hui.

Sur l'antenne de Bel RTL ce matin, vous avez parlé "d'un manque de respect pour ceux qui produisent les richesses..."

Nous étions ce matin sur le piquet de grève de Swissport à l'aéroport de Zaventem. Une partie des bagagistes, qui se chargent des affaires des voyageurs et nettoient les avions, ont été transférés d'une commission paritaire à une autre et ils ont au passage perdu des chèques-repas, des primes... Leur travail est aujourd'hui chronométré... Ils travaillent tantôt dans le froid, tantôt dans le chaud et cela avec une grande vitesse d'exécution. Ca ne va pas, on ne peut pas tenir 45 ans dans ces conditions ! Chez Proximus, beaucoup se posent des questions pour leur avenir, la restructuration est en cours et ils ne savent pas où ils seront dans cinq ans. Dans le secteur de la distribution, les nouveaux engagés sont aussi traités de manière différente par rapport à leurs collègues. On les dresse les uns contre les autres. Ce n'est pas comme ça que l'on respecte celles et ceux qui produisent la richesse aujourd'hui.

Robert Vertenueil (FGTB) a expliqué ce matin chez nos confrères de La Première que ""Kris Peeters torpillait la concertation sociale". Partagez-vous cet avis ?

Nous ne cherchons ni de boucs émissaires ni de punching ball. Nous demandons simplement de pouvoir travailler à améliorer le quotidien du monde du travail. C'est notre mission et c'est pour ça que les travailleuses et travailleurs sont en grève aujourd'hui.

Que va-t-il se passer désormais dans les prochains jours ? Les responsables syndicaux et patronaux vont-ils se remettre autour de la table ?

Je ne sais pas exactement comment les choses vont se passer. J'ai pris acte que du côté patronal certains disent qu'il y a des possibilités d'aller au-delà de 0,8%. L'interview du patron des classes moyennes allait d'ailleurs dans ce sens mardi. Mais nous attendons de voir comment les positions vont évoluer du côté patronal puisque c'est là que les positions ont été fermées.

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