Marco Van Hees aurait voulu nous emmener dans l'une de ces grandes sociétés qu'il adore visiter. Mais les firmes sollicitées, y compris des coopératives, ont décliné la rencontre avec le député PTB. " Je visite souvent des entreprises mais, c'est vrai que dans ces cas-là, nous allons plus vers les travailleurs que vers le patron, sourit Marco Van Hees. Le problème, c'est que ce ne sont pas les travailleurs qui détiennent les clés de l'entreprise. Les refus que nous avons reçus pour ces visites avec votre magazine ne me surprennent pas. " L'Union wallonne des entreprises avait pourtant intégré le PTB dans ses rencontres et débats électoraux dans tous les arrondissements du sud du pays. " Ils nous ont donné la parole et nous nous sommes prêtés à l'exercice, dit le député fédéral. Nous avons eu un dialogue correct avec eux. "
...

Marco Van Hees aurait voulu nous emmener dans l'une de ces grandes sociétés qu'il adore visiter. Mais les firmes sollicitées, y compris des coopératives, ont décliné la rencontre avec le député PTB. " Je visite souvent des entreprises mais, c'est vrai que dans ces cas-là, nous allons plus vers les travailleurs que vers le patron, sourit Marco Van Hees. Le problème, c'est que ce ne sont pas les travailleurs qui détiennent les clés de l'entreprise. Les refus que nous avons reçus pour ces visites avec votre magazine ne me surprennent pas. " L'Union wallonne des entreprises avait pourtant intégré le PTB dans ses rencontres et débats électoraux dans tous les arrondissements du sud du pays. " Ils nous ont donné la parole et nous nous sommes prêtés à l'exercice, dit le député fédéral. Nous avons eu un dialogue correct avec eux. " D'ailleurs, le PTB se défend fermement d'être un parti anti-entreprise. " Je suis marxiste et je fais une analyse de classes de la société, poursuit Marco Van Hees. Je vois des grandes entreprises qui reçoivent énormément de soutiens publics et des PME ou des indépendants qui reçoivent beaucoup de soutiens...verbaux. La baisse du taux de l'impôt des sociétés, c'est un montant de 5 milliards d'euros dont à peine 2,5% va aux PME. Notre action, c'est de défendre les petits, ici comme ailleurs. Alors, rassurez-vous, notre vision de l'économie, ce n'est certainement pas de nationaliser l'épicerie du coin ou la menuiserie de la commune. " Il assure au contraire vouloir les aider, en simplifiant les procédures d'accès aux aides publiques - selon lui, trop souvent accaparées par les grandes entreprises -, en développant le conseil et l'accompagnement de la part des services publics, en intensifiant la progressivité des taxes (souvent forfaitaires aujourd'hui) imposées aux indépendants et PME, mais aussi en stoppant la multiplication des centres commerciaux ou en réglementant le coût des paiements électroniques, qui pèse proportionnellement plus sur les petits commerces que sur les grandes enseignes. Toujours ce combat des petits contre les grands. Le PTB défend par ailleurs l'idée d'une " vraie banque publique ", qui pourrait accorder des prêts à taux préférentiels aux entreprises débutantes ou aux PME qui embauchent. Dans cette discussion, Marco Van Hees n'utilise pas le terme de " classe moyenne " mais plutôt celui d'une classe " intermédiaire " entre les salariés et les " grands patrons ". " Qu'est-ce qui met en difficulté cette classe intermédiaire ? , interroge-t-il. Qu'est-ce qui met en difficulté l'épicerie du coin : le coût du travail ou la politique des grandes surfaces ? On m'interroge souvent sur la fiscalité ou le coût du travail. Mais pour les PME et les petits indépendants, le problème, ce n'est pas l'impôt, c'est d'arriver à ne pas être dans le rouge. Il y a un très gros problème de répartition des bénéfices entre les profits gigantesques de quelques-uns et la grande masse de tous ces petits acteurs qui essaient juste de nouer les deux bouts. " Pour sortir de cette situation, le PTB réclame notamment la mise à plat de toutes les aides publiques aux entreprises, y compris les réductions de cotisations, pour éviter les effets d'aubaine et autres rentes de situation. L'objectif est bien entendu de réorienter ensuite ces soutiens publics vers les entreprises ou activités qui en ont le plus besoin. Au risque, peut-être, de déstabiliser les stratégies actuelles de redéploiement économique. Sans le soutien à la recherche, et notamment la dispense de précompte sur le salaire des chercheurs, tout le secteur pharmaceutique belge, si souvent mis à l'honneur, risquerait de s'écrouler. La remarque laisse Marco Van Hees dubitatif : " Etes-vous sûr que les grandes entreprises ont besoin d'être aidées avec les moyens publics ? Il n'y a aucune étude sérieuse sur l'impact réel et concret de ces aides. Les dispenses de précompte coûtent 2,9 milliards à l'Etat. La Cour des comptes elle-même regrette l'absence d'évaluation d'une telle mesure. " Même si le coût du travail n'est pas un problème, parlons-en un peu. " C'est plus la solution que le problème, précise d'emblée le député PTB. Le salaire, c'est ce qui permet aux travailleurs de consommer. La modération salariale de ces dernières a bloqué la consommation. Cela a peut-être aidé quelques grandes entreprises exportatrices mais certainement pas les PME qui travaillent sur le marché intérieur. C'est pourquoi, nous prônons la suppression de la loi de 1996 sur la compétitivité pour rendre la liberté de négociation sur les salaires. " Et quand il dit " salaire ", il parle bien du " salaire brut ". " Le salaire-poche, c'est de la fumisterie, insiste Marco Van Hees. Réduire les cotisations sociales et compenser en augmentant la TVA et les accises - 7 milliards de hausse des recettes sur cette législature -, cela bride la consommation et touche surtout les plus faibles. " Avant d'être député, Marco Van Hees était... inspecteur des impôts. Ce diplômé en sciences politiques (ULB) connaît donc la musique fiscale. Il l'assure haut et fort : " Nous ne voulons pas taxer plus. Mais nous voulons une plus grande justice fiscale. Cela signifie qu'avec notre programme, l'immense majorité de la population, celle qui consomme, paiera un peu moins d'impôts. En revanche, les plus riches, eux, paieront plus. Nous redistribuons à l'intérieur de l'IPP. " Cela passera par la globalisation des revenus (professionnels, financiers et immobiliers) et l'instauration de barèmes plus progressifs. A ces mesures s'ajoute la fameuse " taxe des millionnaires ", qui a déjà fait couler beaucoup d'encre et dont le Bureau du Plan n'a malheureusement pas pu estimer le rendement. Le PTB prévoit une taxe de 1% sur les patrimoines de plus de 1 million d'euros, 2% au-delà de 2 millions et 3% à 3 millions d'euros (l'habitation familiale et les bâtiments professionnels sont exonérés à concurrence de 500.000 euros chacun). " A peine 2 ou 3% de la population belge serait concernés par cette taxe, précise Marco Van Hees. Et 90% de la recette proviendrait des 1% les plus riches. " La disposition toucherait donc les couches vraiment les plus riches de la population. Au contraire, s'amuse-t-il à souligner, de " l'impôt sur les petites fortunes " instauré par le gouvernement Michel. Le député PTB fait ici allusion à la taxe sur les comptes-titres de plus de 500.000 euros. " Les vraies grandes fortunes en seront exemptées car elles ne détiennent pas leurs avoirs via des comptes-titres, dit-il. On est dans l'ordre du symbole, avec un rendement très faible. "