L'institut monétaire présidé par Christine Lagarde devrait acter la fin, après mars 2022, de ses achats d'actifs lancés pour affronter les conséquences de la pandémie dans le cadre d'un dispositif d'urgence ("PEPP"), fort d'une enveloppe de 1.850 milliards d'euros.

Ce programme, lancé en 2020, tourne actuellement au rythme mensuel d'environ 70 milliards d'euros de rachats nets de dette privée et publique, pour aider l'économie et les marchés financiers à se relever du choc du Covid-19.

L'enjeu est celui d'une transition en douceur pour ne pas sevrer d'un coup les marchés après le retrait de cet instrument majeur et éviter des tensions sur les conditions de financement dans l'économie.

Les intentions de la BCE pour la suite sont restées floues, aussi les observateurs spéculent sur un renforcement de l'ancien programme d'achats d'actifs, l'APP, introduit début 2015 et qui tourne actuellement au rythme de 20 milliards d'euros d'achats nets par mois.

Le Conseil des gouverneurs voudra "éviter un effet de falaise et choisira plutôt de réduire progressivement le rythme mensuel (des achats nets) vers un volume stable compris entre 40 et 60 milliards d'euros à partir du deuxième trimestre de l'année prochaine", prédit Konstantin Veit, gérant de portefeuille chez Pimco.

Sensibilités divergentes

La question devrait cependant être âprement débattue au sein de la BCE où des sensibilités divergentes s'expriment: les "faucons" souhaitant le repli de la politique accommodante affrontent les "colombes" favorables au maintien d'un soutien monétaire conséquent face à un regain d'incertitudes, à commencer par l'impact potentiel du variant Omicron.

Le président démissionnaire de la Bundesbank Jens Weidmann, dont ce sera la dernière participation à une réunion de la BCE avant son départ fin décembre, n'a cessé de pointer le risque pour la banque centrale de se retrouver principal créancier des Etats de la zone euro.

"Le plus grand espoir de la BCE est peut-être que les dirigeants européens s'entendent sur une réforme des règles budgétaires en mars, menée par la France et l'Allemagne, qui rendrait enfin la croissance de la zone euro moins dépendante de la politique monétaire", analyse Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

Des annonces précises sur la suite des rachats de dette n'interviendront que début février, sont convaincus les observateurs.

Le communiqué sur les décisions du jour pourrait déjà "inclure la possibilité de reprendre les achats nets (au titre du PEPP) en 2022 si la pandémie s'aggravait", avance M. Ducrozet.

Et, contrairement aux Etats-Unis, la BCE ne devrait pas laisser miroiter de hausse prochaine des taux d'intérêt, malgré l'inflation (4,9% en zone euro en novembre) qui déjoue ses attentes.

Nouvelles prévisions

Un resserrement des vannes du crédit reste "très improbable" pour 2022, a martelé Mme Lagarde à plusieurs reprises, se disant "convaincue" que la poussée d'inflation était passagère et qu'elle diminuerait l'an prochain, tout en surveillant le risque d'une spirale salaires-prix.

L'institut se basera jeudi sur un nouveau jeu de prévisions dans lequel "les années 2023 et 2024" seront "particulièrement importantes", souligne Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque publique KfW.

Si l'inflation devait se stabiliser à terme autour des 2% visés par la BCE, il pourrait "en résulter une fenêtre de tir pour une série de hausses de taux d'intérêt et un arrêt progressif des programmes d'achat", ajoute-t-elle.

La Banque centrale américaine (Fed) table elle sur une inflation plus forte que prévu en 2021 et 2022, a-t-elle communiqué mercredi à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire.

Pour ne pas laisser filer les prix, elle envisage désormais de cesser ses achats d'actifs dès mars, avec trois mois d'avance sur le calendrier initial, ouvrant la voie à trois relèvements de ses taux directeurs en 2022.

La BCE devrait "rejoindre la Fed et elle aussi entrer dans une nouvelle phase", estime Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Celle de la gestion du risque, après celle du soutien monétaire massif".

L'institut monétaire présidé par Christine Lagarde devrait acter la fin, après mars 2022, de ses achats d'actifs lancés pour affronter les conséquences de la pandémie dans le cadre d'un dispositif d'urgence ("PEPP"), fort d'une enveloppe de 1.850 milliards d'euros.Ce programme, lancé en 2020, tourne actuellement au rythme mensuel d'environ 70 milliards d'euros de rachats nets de dette privée et publique, pour aider l'économie et les marchés financiers à se relever du choc du Covid-19.L'enjeu est celui d'une transition en douceur pour ne pas sevrer d'un coup les marchés après le retrait de cet instrument majeur et éviter des tensions sur les conditions de financement dans l'économie. Les intentions de la BCE pour la suite sont restées floues, aussi les observateurs spéculent sur un renforcement de l'ancien programme d'achats d'actifs, l'APP, introduit début 2015 et qui tourne actuellement au rythme de 20 milliards d'euros d'achats nets par mois.Le Conseil des gouverneurs voudra "éviter un effet de falaise et choisira plutôt de réduire progressivement le rythme mensuel (des achats nets) vers un volume stable compris entre 40 et 60 milliards d'euros à partir du deuxième trimestre de l'année prochaine", prédit Konstantin Veit, gérant de portefeuille chez Pimco.Sensibilités divergentesLa question devrait cependant être âprement débattue au sein de la BCE où des sensibilités divergentes s'expriment: les "faucons" souhaitant le repli de la politique accommodante affrontent les "colombes" favorables au maintien d'un soutien monétaire conséquent face à un regain d'incertitudes, à commencer par l'impact potentiel du variant Omicron.Le président démissionnaire de la Bundesbank Jens Weidmann, dont ce sera la dernière participation à une réunion de la BCE avant son départ fin décembre, n'a cessé de pointer le risque pour la banque centrale de se retrouver principal créancier des Etats de la zone euro."Le plus grand espoir de la BCE est peut-être que les dirigeants européens s'entendent sur une réforme des règles budgétaires en mars, menée par la France et l'Allemagne, qui rendrait enfin la croissance de la zone euro moins dépendante de la politique monétaire", analyse Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.Des annonces précises sur la suite des rachats de dette n'interviendront que début février, sont convaincus les observateurs.Le communiqué sur les décisions du jour pourrait déjà "inclure la possibilité de reprendre les achats nets (au titre du PEPP) en 2022 si la pandémie s'aggravait", avance M. Ducrozet.Et, contrairement aux Etats-Unis, la BCE ne devrait pas laisser miroiter de hausse prochaine des taux d'intérêt, malgré l'inflation (4,9% en zone euro en novembre) qui déjoue ses attentes.Nouvelles prévisionsUn resserrement des vannes du crédit reste "très improbable" pour 2022, a martelé Mme Lagarde à plusieurs reprises, se disant "convaincue" que la poussée d'inflation était passagère et qu'elle diminuerait l'an prochain, tout en surveillant le risque d'une spirale salaires-prix.L'institut se basera jeudi sur un nouveau jeu de prévisions dans lequel "les années 2023 et 2024" seront "particulièrement importantes", souligne Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque publique KfW.Si l'inflation devait se stabiliser à terme autour des 2% visés par la BCE, il pourrait "en résulter une fenêtre de tir pour une série de hausses de taux d'intérêt et un arrêt progressif des programmes d'achat", ajoute-t-elle.La Banque centrale américaine (Fed) table elle sur une inflation plus forte que prévu en 2021 et 2022, a-t-elle communiqué mercredi à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire.Pour ne pas laisser filer les prix, elle envisage désormais de cesser ses achats d'actifs dès mars, avec trois mois d'avance sur le calendrier initial, ouvrant la voie à trois relèvements de ses taux directeurs en 2022.La BCE devrait "rejoindre la Fed et elle aussi entrer dans une nouvelle phase", estime Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Celle de la gestion du risque, après celle du soutien monétaire massif".