Macron risque d'être comme l'écrit joliment Le Figaro, "le spectateur d'un quinquennat mort avant d'avoir commencé". C'est aussi, en quelque sorte, la mort de la "gauche de gouvernement" puisqu'une bonne partie des Français a choisi le mot "rupture" au lieu du mot "compromis". Pour comprendre ce rejet, il faut en revenir, comme souvent, à l'économie. Jérôme Fourquet, directeur du département d'opinion de l'IFOP, un institut de sondage, l'exprime bien depuis plusieurs mois. Pour lui, on assiste à une politisation de la consommation et des modes de vie des Français. Je pense d'ailleurs que l'argument est aussi valable pour la Belgique. En fait, le chômage n'a pas été la préoccupation première des Français dans cette élection. Non pas qu'ils s'en désintéressent, mais le pouvoir d'achat est devenu le premier souci des Français.

Une bonne partie de la population n'arrive plus à boucler son budget, c'est que ce Jérôme Fourquet appelle la "problématique du découvert au 20e jour du mois". En réalité, le pouvoir d'achat, c'est aussi la dimension statutaire de chacun d'entre nous. "Comme nous sommes dans des sociétés désidéologisées, l'acte de consommer revêt une dimension statutaire très forte. Ma position dans la société se lit à l'aune des enseignes que je peux fréquenter. Bref, je suis ce que je consomme" nous explique Jérôme Fourquet. Mais ce n'est pas tout. "Le consommateur aujourd'hui est souverain et quand il ne peut plus emmener son conjoint au restaurant ou ses enfants au cinéma, c'est vécu comme un renoncement et donc une atteinte insupportable à sa souveraineté de consommateur, et c'est ce qui fait de lui un citoyen de seconde zone" nous dit encore Jérôme Fourquet.

Durant les années 60 en France, on disposait, grâce au catholicisme et au communisme, d'un sas pour une forme de bonheur différé. Mais en 2022, ce n'est plus le cas, le bonheur, c'est ici et maintenant. Plus personne n'attend le bonheur du Grand Soir communiste ou le paradis des catholiques. Non, la grande peur, c'est le déclassement, la peur d'être relégué au rang de citoyen-consommateur de seconde zone. Les politiques le savent bien et utilisent la politique du carnet de chèques pour désamorcer cette bombe sociale. L'Etat, que ce soit en France ou en Belgique, est appelé à la rescousse pour amortir la vie chère. Ce réflexe du chéquier va s'accélérer avec la nouvelle Assemblée nationale. Les citoyens veulent un Etat édredon, mais personne ne pose la question de qui va payer l'édredon. Mélenchon pense que ce sont les riches qui paieront. Et le porte-parole de Macron répond qu'avec Mélenchon, c'est la guillotine fiscale à tous les étages. Le citoyen, lui, n'en peut plus, il ne se pose pas toutes ces questions budgétaires, il ne se dit pas que ces politiques d'extrême gauche et d'extrême droite vont "cramer la caisse", il veut juste respirer et se réfugier dans les jupes de la Mama étatique.

Macron risque d'avoir un second quinquennat qui ressemble à celui de Jacques Chirac entre 2002 et 2007. Un quinquennat sous le signe de l'immobilisme. Comme le disait je ne sais plus quel humoriste, "l'immobilisme n'empêche pas de faire un faux pas" .

Macron risque d'être comme l'écrit joliment Le Figaro, "le spectateur d'un quinquennat mort avant d'avoir commencé". C'est aussi, en quelque sorte, la mort de la "gauche de gouvernement" puisqu'une bonne partie des Français a choisi le mot "rupture" au lieu du mot "compromis". Pour comprendre ce rejet, il faut en revenir, comme souvent, à l'économie. Jérôme Fourquet, directeur du département d'opinion de l'IFOP, un institut de sondage, l'exprime bien depuis plusieurs mois. Pour lui, on assiste à une politisation de la consommation et des modes de vie des Français. Je pense d'ailleurs que l'argument est aussi valable pour la Belgique. En fait, le chômage n'a pas été la préoccupation première des Français dans cette élection. Non pas qu'ils s'en désintéressent, mais le pouvoir d'achat est devenu le premier souci des Français. Une bonne partie de la population n'arrive plus à boucler son budget, c'est que ce Jérôme Fourquet appelle la "problématique du découvert au 20e jour du mois". En réalité, le pouvoir d'achat, c'est aussi la dimension statutaire de chacun d'entre nous. "Comme nous sommes dans des sociétés désidéologisées, l'acte de consommer revêt une dimension statutaire très forte. Ma position dans la société se lit à l'aune des enseignes que je peux fréquenter. Bref, je suis ce que je consomme" nous explique Jérôme Fourquet. Mais ce n'est pas tout. "Le consommateur aujourd'hui est souverain et quand il ne peut plus emmener son conjoint au restaurant ou ses enfants au cinéma, c'est vécu comme un renoncement et donc une atteinte insupportable à sa souveraineté de consommateur, et c'est ce qui fait de lui un citoyen de seconde zone" nous dit encore Jérôme Fourquet. Durant les années 60 en France, on disposait, grâce au catholicisme et au communisme, d'un sas pour une forme de bonheur différé. Mais en 2022, ce n'est plus le cas, le bonheur, c'est ici et maintenant. Plus personne n'attend le bonheur du Grand Soir communiste ou le paradis des catholiques. Non, la grande peur, c'est le déclassement, la peur d'être relégué au rang de citoyen-consommateur de seconde zone. Les politiques le savent bien et utilisent la politique du carnet de chèques pour désamorcer cette bombe sociale. L'Etat, que ce soit en France ou en Belgique, est appelé à la rescousse pour amortir la vie chère. Ce réflexe du chéquier va s'accélérer avec la nouvelle Assemblée nationale. Les citoyens veulent un Etat édredon, mais personne ne pose la question de qui va payer l'édredon. Mélenchon pense que ce sont les riches qui paieront. Et le porte-parole de Macron répond qu'avec Mélenchon, c'est la guillotine fiscale à tous les étages. Le citoyen, lui, n'en peut plus, il ne se pose pas toutes ces questions budgétaires, il ne se dit pas que ces politiques d'extrême gauche et d'extrême droite vont "cramer la caisse", il veut juste respirer et se réfugier dans les jupes de la Mama étatique.Macron risque d'avoir un second quinquennat qui ressemble à celui de Jacques Chirac entre 2002 et 2007. Un quinquennat sous le signe de l'immobilisme. Comme le disait je ne sais plus quel humoriste, "l'immobilisme n'empêche pas de faire un faux pas" .