A priori, les jeux sont faits si l'on en croit les sondages : Emmanuel Macron devrait l'emporter. Mais comme il y a eu le Brexit et l'arrivée inattendue de Donald Trump à la Maison-Blanche, chacun se dit : et si les sondages se trompaient ? Et si les Français votaient non pas pour Marine Le Pen mais surtout contre Macron comme ils l'ont fait pour Sarkozy et Hollande. Bref, un vote blanc ou de rejet plutôt que d'adhésion ? L'inquiétude est d'autant plus grande que je ne sais pas si vous l'avez aussi remarqué, mais la seule chose qui est resté de ce débat si l'on en croit les médias et les réseaux sociaux : c'est l'arrogance d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. De par son attitude, il a donné l'impression qu'il s'ennuyait tout au long de ce débat-fleuve. Et c'est vrai que Marine Le Pen ne maîtrise pas ses dossiers sociaux et économiques comme c'est le cas de son adversaire. Ce qui a été résumé par quelqu'un sur Twitter en disant que c'était le débat de la suffisance contre l'insuffisance !

L'intellectuel Jacques Attali a compris le danger et a d'ailleurs rédigé une tribune pour mettre en garde contre ce danger très français de confondre arrogance et compétence. Surtout si celui qui est compétent ne le cache pas. Mais ça, comme le dit Jacques Attali, c'est un défaut de certaines franges de la population de faire l'apologie de la médiocrité et de non glorifier le succès. Ce que veut dire par là Jacques Attali, c'est que Macron est un peu la figure du premier de classe. C'est ce garçon à lunette, cette tête à claques avec lequel personne ne veut jouer à la récréation, une sorte de "Monsieur Je Sais Tout" qui n'a pas d'amis, car il n'est pas assez subtil pour cacher son intelligence.

En revanche, s'il y a une frange de la population qui elle cache bien son inquiétude, c'est la confrérie des banquiers français. Aucune n'a voulu s'exprimer à visage découvert auprès de mes confrères du quotidien économique Les Echos. D'abord, parce qu'ils savent que Marine Le Pen ne les aime pas - d'ailleurs, elle a dû avouer durant ce débat contre Macron que si son parti a dû s'endetter auprès d'une banque russe, c'est parce que les banques françaises n'ont pas voulu lui accorder un prêt. Mais si les banquiers ne l'aiment pas trop, c'est parce qu'ils sont obligés par les autorités de tutelle d'envisager des scénarios du pire en cas de déstabilisation politique. Or, si Marine Le Pen devait être élue, des cellules de crise seraient immédiatement activées, car les marchés financiers réagiraient mal à son arrivée à l'Elysée. Les taux d'intérêt grimperaient en flèche et les banques hexagonales devraient gérer une crise de liquidités de trois mois allant même jusqu'à un an dans les scénarios les plus extrêmes.

Très étonnant aussi, les syndicats des banques - y compris la CGT pourtant très à gauche - ont appelé à ne pas donner les clés de la démocratie, manière polie de dire "votez Macron".

Maintenant, il ne reste plus que deux jours pour Emmanuel Macron pour se souvenir de la phrase de l'un des frères Goncourt : il ne suffit pas d'avoir du talent, il faut encore se le faire pardonner.

A priori, les jeux sont faits si l'on en croit les sondages : Emmanuel Macron devrait l'emporter. Mais comme il y a eu le Brexit et l'arrivée inattendue de Donald Trump à la Maison-Blanche, chacun se dit : et si les sondages se trompaient ? Et si les Français votaient non pas pour Marine Le Pen mais surtout contre Macron comme ils l'ont fait pour Sarkozy et Hollande. Bref, un vote blanc ou de rejet plutôt que d'adhésion ? L'inquiétude est d'autant plus grande que je ne sais pas si vous l'avez aussi remarqué, mais la seule chose qui est resté de ce débat si l'on en croit les médias et les réseaux sociaux : c'est l'arrogance d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. De par son attitude, il a donné l'impression qu'il s'ennuyait tout au long de ce débat-fleuve. Et c'est vrai que Marine Le Pen ne maîtrise pas ses dossiers sociaux et économiques comme c'est le cas de son adversaire. Ce qui a été résumé par quelqu'un sur Twitter en disant que c'était le débat de la suffisance contre l'insuffisance ! L'intellectuel Jacques Attali a compris le danger et a d'ailleurs rédigé une tribune pour mettre en garde contre ce danger très français de confondre arrogance et compétence. Surtout si celui qui est compétent ne le cache pas. Mais ça, comme le dit Jacques Attali, c'est un défaut de certaines franges de la population de faire l'apologie de la médiocrité et de non glorifier le succès. Ce que veut dire par là Jacques Attali, c'est que Macron est un peu la figure du premier de classe. C'est ce garçon à lunette, cette tête à claques avec lequel personne ne veut jouer à la récréation, une sorte de "Monsieur Je Sais Tout" qui n'a pas d'amis, car il n'est pas assez subtil pour cacher son intelligence. En revanche, s'il y a une frange de la population qui elle cache bien son inquiétude, c'est la confrérie des banquiers français. Aucune n'a voulu s'exprimer à visage découvert auprès de mes confrères du quotidien économique Les Echos. D'abord, parce qu'ils savent que Marine Le Pen ne les aime pas - d'ailleurs, elle a dû avouer durant ce débat contre Macron que si son parti a dû s'endetter auprès d'une banque russe, c'est parce que les banques françaises n'ont pas voulu lui accorder un prêt. Mais si les banquiers ne l'aiment pas trop, c'est parce qu'ils sont obligés par les autorités de tutelle d'envisager des scénarios du pire en cas de déstabilisation politique. Or, si Marine Le Pen devait être élue, des cellules de crise seraient immédiatement activées, car les marchés financiers réagiraient mal à son arrivée à l'Elysée. Les taux d'intérêt grimperaient en flèche et les banques hexagonales devraient gérer une crise de liquidités de trois mois allant même jusqu'à un an dans les scénarios les plus extrêmes. Très étonnant aussi, les syndicats des banques - y compris la CGT pourtant très à gauche - ont appelé à ne pas donner les clés de la démocratie, manière polie de dire "votez Macron". Maintenant, il ne reste plus que deux jours pour Emmanuel Macron pour se souvenir de la phrase de l'un des frères Goncourt : il ne suffit pas d'avoir du talent, il faut encore se le faire pardonner.