L'Union européenne n'est guère populaire auprès des citoyens, et nombre de politiciens disent le regretter. Pourtant, l'idée ne manquait pas d'atouts, même pour l'homme de la rue. L'Europe pouvait miser, et l'a souvent fait, sur la "libre circulation des personnes" qui est, avec la libre circulation des marchandises, un de ses fondements. On a vendu à la population l'idée qu'elle pourrait dorénavant circuler librement, sans contrôles d'identité et sans formalités douanières, d'un pays à l'autre, comme si elle restait dans son propre pays. Il s'agit de quelque chose d'essentiel.
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L'Union européenne n'est guère populaire auprès des citoyens, et nombre de politiciens disent le regretter. Pourtant, l'idée ne manquait pas d'atouts, même pour l'homme de la rue. L'Europe pouvait miser, et l'a souvent fait, sur la "libre circulation des personnes" qui est, avec la libre circulation des marchandises, un de ses fondements. On a vendu à la population l'idée qu'elle pourrait dorénavant circuler librement, sans contrôles d'identité et sans formalités douanières, d'un pays à l'autre, comme si elle restait dans son propre pays. Il s'agit de quelque chose d'essentiel. Ensuite, lorsque la pandémie de Covid-19 a atteint l'Europe, la plupart des pays ont supprimé purement et simplement la liberté de circulation. Certains, comme l'Allemagne, ont imposé des mesures de quarantaine ; d'autres, comme la Belgique, sont allés jusqu'à interdire purement et simplement tous les voyages non essentiels, créant ainsi un redoutable précédent de législation extraterritoriale portant atteinte à la liberté de circuler. Après un sursaut en juin, où la liberté de circuler dans l'Union a été rétablie avec quelques exceptions, la cacophonie a repris pendant l'été avec des mesures unilatérales, prises par pratiquement tous les pays, imposant au minimum des quarantaines aux personnes provenant de certains autres Etats, y compris des Etats européens, ou des régions de ceux-ci. La Belgique a persisté à interdire purement et simplement des déplacements dans certaines zones. Un simple regard sur les listes des différents pays montre l'absence totale de logique dans le choix des destinations de voyage interdites ou impliquant une quarantaine. Des pays se sont retrouvés en zone rouge sur les cartes de certains autres et non sur celles de pays n'adoptant pas les mêmes critères. Certains pays ont établi des règles strictes à propos du nombre de contaminations, puis ne les ont pas appliquées lorsqu'il s'agissait de certains Etats voisins. D'autres, comme la Belgique, n'annoncent même pas quel est leur critère, se bornant à se référer aux "avis" du Celeval qui, lui, ne cherche pas à les justifier. Personne ne paraît vouloir assumer la responsabilité des décisions. Ni le ministre des Affaires étrangères, ni celle de la Santé, ni Sciensano, qui se dit un simple conseiller tandis que le Celeval ne donnerait que des "avis". Et les décisions, jamais motivées, ne sont pas publiées au Moniteur Belge. Délicate situation sur le plan juridique... La conséquence de tout cela est que des personnes se retrouvent contraintes à de lourdes obligations de quarantaine ou doivent renoncer à leurs voyages, quand il ne s'agit pas du retour de voyage de pays qui étaient en zone verte et qui sont subitement passés au rouge pendant les vacances. La durée des quarantaines est elle-même différente d'un pays à l'autre : 14 jours en Belgique, 10 en Suisse, 7 en France,... Enfin, un examen des cartes des zonesrouges, oranges et vertes montre que ceux que l'on catalogue parmi les "mauvais élèves", et qui sont en zone rouge, sont souvent des Etats qui, comme la Belgique, ont imposé, en mars, des confinements "lourds", suivant la méthode chinoise : c'est le cas par exemple de la France et de l'Espagne. Alors que des pays qui n'ont pas confiné, comme la Suède, ou qui l'ont fait de manière plus douce (Pays-Bas, Allemagne, Suisse) s'en tirent plutôt bien, avec des régions alternant en général le vert et l'orange. Tout cela ne peut qu'amener la population à douter du sérieux et de la justification des mesures qui lui sont imposées.