En raison de l'impasse politique dans la province britannique et des perturbations dans les échanges commerciaux entre la province et le reste du Royaume-Uni, Londres souhaite renégocier en profondeur le protocole nord-irlandais conclu au moment du Brexit avec l'Union européenne qui se dit seulement prête à des aménagements.

Après des mois de discussions infructueuses, la cheffe de la diplomatie Liz Truss a expliqué devant les députés que le gouvernement comptait "introduire un projet de loi dans les prochaines semaines pour apporter des changements au protocole". "Il ne s'agit pas d'éliminer le protocole" et le texte de loi proposé est compatible avec les obligations du Royaume-Uni en matière de droit international, a insisté la ministre au sujet de ce projet qui risque de déclencher la colère du côté de l'UE.

"Notre préférence reste une solution négociée avec l'UE, et parallèlement à l'introduction de la législation, nous restons ouverts à de nouvelles discussions, si nous pouvons obtenir le même résultat grâce à un règlement négocié", a affirmé Mme Truss. L'UE a précédemment averti que revenir sur ce traité signé par Boris Johnson en connaissance de cause reviendrait à violer le droit international et que le Royaume-Uni s'exposerait à de sévères représailles commerciales.

Lire aussi : Boris Johnson cherche une sortie de crise en Irlande du Nord

- "Bon départ" -

Lundi, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait affirmé qu'il "aimerait" résoudre la question "de manière consensuelle avec nos amis et partenaires" de l'UE, ajoutant toutefois que le Royaume-Uni avait aussi besoin de "l'assurance" d'une "solution législative en même temps". Le dirigeant conservateur s'exprimait lors d'une visite en Irlande du Nord, où il a tenté de convaincre les différentes formations politiques de trouver un compromis et de "retourner au travail". Car depuis la victoire historique des républicains du Sinn Fein lors d'élections locales le 5 mai, les institutions nord-irlandaises sont à l'arrêt.

Les unionistes du DUP refusent de participer à l'exécutif local, pourtant censé être partagé en vertu de l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de conflit sanglant, connues sous le nom de "Troubles". Et ils ont bloqué l'Assemblée locale en refusant de désigner un nouveau candidat. Les unionistes entendent ainsi faire pression pour modifier le protocole nord-irlandais, l'accord signé entre Londres et Bruxelles pour répondre à la délicate question de la frontière entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande européenne après le Brexit.

Ce texte crée une frontière douanière de fait avec la Grande-Bretagne et menace, selon eux, la place de la province au sein du Royaume-Uni à laquelle ils sont viscéralement attachés. Au coeur du bras de fer politique, le chef du parti unioniste DUP, Jeffrey Donaldson, a qualifié les annonces du gouvernement de "bon départ" mais réclamé des "actes" et pas seulement des "mots".

Les républicains du Sinn Fein s'opposent, eux, fermement à un projet de loi britannique.

Le projet de loi annoncé mardi prévoit que les marchandises circulant et restant au sein du Royaume-Uni passent par un "nouveau canal vert", les libérant de démarches administratives. Les marchandises destinées à l'UE resteront, elles, soumises à l'ensemble des vérifications et contrôles appliqués en vertu du droit de l'UE. "Les entreprises pourront choisir entre respecter les normes britanniques ou européennes dans un nouveau régime de réglementation double", a dit Mme Truss. Pour répondre aux inquiétudes de l'UE sur la protection du marché unique, Londres promet de partager davantage de données.

Voisine de l'Irlande du Nord, la République d'Irlande, membre de l'UE, s'inquiète aussi des conséquences d'une éventuelle décision unilatérale britannique. "Toute action unilatérale est préjudiciable", a tweeté lundi le Premier ministre irlandais Micheál Martin, appelant à trouver une issue par la négociation.

Les institutions nord-irlandaises avaient déjà connu trois ans de paralysie, sur fond de scandale financier, avant qu'un accord ne permette le rétablissement de leur fonctionnement en janvier 2020.

L'UE réagira "avec tous les moyens à sa disposition"

Des modifications unilatérales par Londres du statut post-Brexit de l'Irlande du Nord ne seraient "pas acceptables" et l'UE devra y "répondre avec tous les moyens à sa disposition", a averti mardi le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic.

"Si le Royaume-Uni décide d'aller de l'avant avec un projet de loi supprimant des éléments constitutifs du protocole, comme l'a annoncé aujourd'hui le gouvernement britannique, l'UE devra réagir avec tous les moyens à sa disposition", a-t-il mis en garde. L'annonce du gouvernement britannique "soulève des inquiétudes importantes", a-t-il souligné.

"La Commission européenne a proposé des arrangements sur mesure, d'une portée et d'un impact considérables, pour faciliter la circulation des marchandises de la Grande-Bretagne vers l'Irlande du Nord", a rappelé Maros Sefcovic dans le communiqué. "Ces propositions - qui découlent de notre engagement approfondi avec les parties prenantes en Irlande du Nord - prévoient, entre autres, une voie express avec des procédures douanières réduites et simplifiées de manière drastique et à une échelle sans précédent. Elles peuvent faire une réelle différence sur le terrain", a-t-il affirmé.

La Commission européenne se dit "prête à poursuivre les discussions avec le gouvernement britannique afin d'identifier des solutions communes dans le cadre du protocole".

En raison de l'impasse politique dans la province britannique et des perturbations dans les échanges commerciaux entre la province et le reste du Royaume-Uni, Londres souhaite renégocier en profondeur le protocole nord-irlandais conclu au moment du Brexit avec l'Union européenne qui se dit seulement prête à des aménagements.Après des mois de discussions infructueuses, la cheffe de la diplomatie Liz Truss a expliqué devant les députés que le gouvernement comptait "introduire un projet de loi dans les prochaines semaines pour apporter des changements au protocole". "Il ne s'agit pas d'éliminer le protocole" et le texte de loi proposé est compatible avec les obligations du Royaume-Uni en matière de droit international, a insisté la ministre au sujet de ce projet qui risque de déclencher la colère du côté de l'UE."Notre préférence reste une solution négociée avec l'UE, et parallèlement à l'introduction de la législation, nous restons ouverts à de nouvelles discussions, si nous pouvons obtenir le même résultat grâce à un règlement négocié", a affirmé Mme Truss. L'UE a précédemment averti que revenir sur ce traité signé par Boris Johnson en connaissance de cause reviendrait à violer le droit international et que le Royaume-Uni s'exposerait à de sévères représailles commerciales.Lire aussi : Boris Johnson cherche une sortie de crise en Irlande du Nord- "Bon départ" -Lundi, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait affirmé qu'il "aimerait" résoudre la question "de manière consensuelle avec nos amis et partenaires" de l'UE, ajoutant toutefois que le Royaume-Uni avait aussi besoin de "l'assurance" d'une "solution législative en même temps". Le dirigeant conservateur s'exprimait lors d'une visite en Irlande du Nord, où il a tenté de convaincre les différentes formations politiques de trouver un compromis et de "retourner au travail". Car depuis la victoire historique des républicains du Sinn Fein lors d'élections locales le 5 mai, les institutions nord-irlandaises sont à l'arrêt. Les unionistes du DUP refusent de participer à l'exécutif local, pourtant censé être partagé en vertu de l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de conflit sanglant, connues sous le nom de "Troubles". Et ils ont bloqué l'Assemblée locale en refusant de désigner un nouveau candidat. Les unionistes entendent ainsi faire pression pour modifier le protocole nord-irlandais, l'accord signé entre Londres et Bruxelles pour répondre à la délicate question de la frontière entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande européenne après le Brexit. Ce texte crée une frontière douanière de fait avec la Grande-Bretagne et menace, selon eux, la place de la province au sein du Royaume-Uni à laquelle ils sont viscéralement attachés. Au coeur du bras de fer politique, le chef du parti unioniste DUP, Jeffrey Donaldson, a qualifié les annonces du gouvernement de "bon départ" mais réclamé des "actes" et pas seulement des "mots". Les républicains du Sinn Fein s'opposent, eux, fermement à un projet de loi britannique. Le projet de loi annoncé mardi prévoit que les marchandises circulant et restant au sein du Royaume-Uni passent par un "nouveau canal vert", les libérant de démarches administratives. Les marchandises destinées à l'UE resteront, elles, soumises à l'ensemble des vérifications et contrôles appliqués en vertu du droit de l'UE. "Les entreprises pourront choisir entre respecter les normes britanniques ou européennes dans un nouveau régime de réglementation double", a dit Mme Truss. Pour répondre aux inquiétudes de l'UE sur la protection du marché unique, Londres promet de partager davantage de données.Voisine de l'Irlande du Nord, la République d'Irlande, membre de l'UE, s'inquiète aussi des conséquences d'une éventuelle décision unilatérale britannique. "Toute action unilatérale est préjudiciable", a tweeté lundi le Premier ministre irlandais Micheál Martin, appelant à trouver une issue par la négociation.Les institutions nord-irlandaises avaient déjà connu trois ans de paralysie, sur fond de scandale financier, avant qu'un accord ne permette le rétablissement de leur fonctionnement en janvier 2020.