Dix jours après la victoire historique des républicains du Sinn Fein à des élections locales, les institutions nord-irlandaises sont à l'arrêt. Les unionistes du DUP ont en effet refusé de participer à l'exécutif de cette province, pourtant censé être partagé en vertu de l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de conflit sanglant connues sous le nom de "Troubles". Et ils ont bloqué le fonctionnement l'Assemblée d'Irlande du Nord en ne rendant pas possible pour le moment l'élection de son président.

Les unionistes, viscéralement attachés à l'union avec la Grande-Bretagne, entendent ainsi protester contre le protocole nord-irlandais, l'accord signé entre Londres et Bruxelles pour répondre à la délicate question de la frontière entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande européenne après le Brexit. Ce texte crée une frontière douanière de fait avec la Grande-Bretagne et menace selon eux la place de cette province au sein du Royaume-Uni.

A son arrivée au château d'Hillsborough, en périphérie de Belfast, où se déroulent les discussions, Boris Johnson a été hué par environ 200 manifestants parmi lesquels figuraient des militants antiBrexit et des proches de victimes des "Troubles". Le Premier ministre britannique, selon Downing Street, compte envoyer un "message clair" aux différentes formations politiques : elles doivent "retourner au travail" pour régler les problèmes quotidiens de la population, pendant qu'il cherche à convaincre Bruxelles de modifier le protocole.

- "Progresser urgemment" -

Invoquant les tensions politiques en Irlande du Nord et des perturbations dans les échanges commerciaux, le gouvernement britannique veut renégocier en profondeur le protocole avec l'Union européenne, qui se dit seulement prête à des aménagements. Londres agite la menace d'actions unilatérales pour outrepasser cet accord. Une telle position est inacceptable pour l'UE, qui reproche à Boris Johnson de revenir sur un traité signé en connaissance de cause, quitte à violer le droit international, et menace de sévères représailles commerciales.

"J'espère que la position de l'UE changera", a écrit Boris Johnson dans une tribune parue dans le Belfast Telegraph, sans quoi "il sera nécessaire d'agir" pour protéger l'accord de paix du Vendredi Saint de 1998. Le "raisonnement" de Londres doit être présenté mardi au parlement britannique par la cheffe de la diplomatie Liz Truss, selon Downing Street, qui insiste sur la nécessité de "progresser urgemment".

Selon la presse britannique, cela pourrait prendre la forme d'un projet de loi permettant au gouvernement de suspendre unilatéralement certaines parties du protocole en invoquant son article 16. Une adoption prendrait des semaines et ouvrirait la voie à une longue période de crise entre l'UE et Londres mais aussi en Irlande du Nord.

- "Folie" -

Les institutions nord-irlandaises avaient déjà connu trois ans de paralysie, sur fond de scandale financier, avant qu'un accord ne permette le rétablissement de leur fonctionnement en janvier 2020.

A son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney a mis en garde contre "des mesures unilatérales ou des menaces de mesures unilatérales" qui violeraient le droit international. De tels actes sont "la dernière chose dont l'Europe a besoin alors que nous travaillons si bien ensemble face à l'agression russe" en Ukraine, a-t-il ajouté, soulignant que le protocole nord-irlandais et l'accord de libre-échange conclu entre Londres et Bruxelles sont "liés".

Appelée à devenir la nouvelle Première ministre de l'Irlande du Nord, la vice-présidente du Sinn Fein, Michelle O'Neill, a accusé le DUP de prendre "la société en otage pour le Brexit dur qu'ils ont apporté avec leurs amis" du parti conservateur de Boris Johnson.

Après avoir rencontré le Premier ministre irlandais Micheal Martin à Dublin, elle a reproché à Boris Johnson ses menaces répétées d'actions unilatérales, une attitude qu'elle a qualifiée de "folie".

Dix jours après la victoire historique des républicains du Sinn Fein à des élections locales, les institutions nord-irlandaises sont à l'arrêt. Les unionistes du DUP ont en effet refusé de participer à l'exécutif de cette province, pourtant censé être partagé en vertu de l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de conflit sanglant connues sous le nom de "Troubles". Et ils ont bloqué le fonctionnement l'Assemblée d'Irlande du Nord en ne rendant pas possible pour le moment l'élection de son président.Les unionistes, viscéralement attachés à l'union avec la Grande-Bretagne, entendent ainsi protester contre le protocole nord-irlandais, l'accord signé entre Londres et Bruxelles pour répondre à la délicate question de la frontière entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande européenne après le Brexit. Ce texte crée une frontière douanière de fait avec la Grande-Bretagne et menace selon eux la place de cette province au sein du Royaume-Uni.A son arrivée au château d'Hillsborough, en périphérie de Belfast, où se déroulent les discussions, Boris Johnson a été hué par environ 200 manifestants parmi lesquels figuraient des militants antiBrexit et des proches de victimes des "Troubles". Le Premier ministre britannique, selon Downing Street, compte envoyer un "message clair" aux différentes formations politiques : elles doivent "retourner au travail" pour régler les problèmes quotidiens de la population, pendant qu'il cherche à convaincre Bruxelles de modifier le protocole. - "Progresser urgemment" -Invoquant les tensions politiques en Irlande du Nord et des perturbations dans les échanges commerciaux, le gouvernement britannique veut renégocier en profondeur le protocole avec l'Union européenne, qui se dit seulement prête à des aménagements. Londres agite la menace d'actions unilatérales pour outrepasser cet accord. Une telle position est inacceptable pour l'UE, qui reproche à Boris Johnson de revenir sur un traité signé en connaissance de cause, quitte à violer le droit international, et menace de sévères représailles commerciales. "J'espère que la position de l'UE changera", a écrit Boris Johnson dans une tribune parue dans le Belfast Telegraph, sans quoi "il sera nécessaire d'agir" pour protéger l'accord de paix du Vendredi Saint de 1998. Le "raisonnement" de Londres doit être présenté mardi au parlement britannique par la cheffe de la diplomatie Liz Truss, selon Downing Street, qui insiste sur la nécessité de "progresser urgemment".Selon la presse britannique, cela pourrait prendre la forme d'un projet de loi permettant au gouvernement de suspendre unilatéralement certaines parties du protocole en invoquant son article 16. Une adoption prendrait des semaines et ouvrirait la voie à une longue période de crise entre l'UE et Londres mais aussi en Irlande du Nord.- "Folie" -Les institutions nord-irlandaises avaient déjà connu trois ans de paralysie, sur fond de scandale financier, avant qu'un accord ne permette le rétablissement de leur fonctionnement en janvier 2020.A son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney a mis en garde contre "des mesures unilatérales ou des menaces de mesures unilatérales" qui violeraient le droit international. De tels actes sont "la dernière chose dont l'Europe a besoin alors que nous travaillons si bien ensemble face à l'agression russe" en Ukraine, a-t-il ajouté, soulignant que le protocole nord-irlandais et l'accord de libre-échange conclu entre Londres et Bruxelles sont "liés".Appelée à devenir la nouvelle Première ministre de l'Irlande du Nord, la vice-présidente du Sinn Fein, Michelle O'Neill, a accusé le DUP de prendre "la société en otage pour le Brexit dur qu'ils ont apporté avec leurs amis" du parti conservateur de Boris Johnson.Après avoir rencontré le Premier ministre irlandais Micheal Martin à Dublin, elle a reproché à Boris Johnson ses menaces répétées d'actions unilatérales, une attitude qu'elle a qualifiée de "folie".