Le gouvernement va venir en aide à 28 millions de ménages cette année. En tout, c'est un plan d'environ 9 milliards de livres" (près de 11 milliards d'euros) qui seront mis à disposition des plus modestes, a annoncé le ministre de l'Économie Rishi Sunak aux députés britanniques.

Mais les critiques n'ont pas attendu pour fuser, d'abord des rangs de l'opposition travailliste qui dénonce des mesures insuffisantes, puis d'associations de défense des consommateurs ou d'ONG, qui reprochent au gouvernement d'aider avant tout les fournisseurs d'énergie.

Ainsi, la mesure phare annoncée par le gouvernement consiste en une réduction de 200 livres (240 euros) en octobre sur toutes les factures d'électricité du pays. Mais il s'agit d'une avance destinée à étaler la hausse brutale des coûts énergétiques, et les consommateurs seront tenus de rembourser sur cinq ans.

Cette mesure "protège et récompense les fournisseurs d'énergie, qui sont complices de la crise" et "renforce le fardeau des ménages avec encore plus de dette, qu'ils rembourseront difficilement", assène Fuel Poverty Action (FPA), une association de lutte contre la pauvreté énergétique.

Profits insolents de Shell

L'autorité britannique de l'énergie (Ofgem) avait annoncé un peu plus tôt jeudi augmenter de 54% le plafond des prix de l'énergie dans le pays à partir d'avril, ce qui se traduira par un bond annuel de 693 livres des factures (plus de 830 euros) pour des millions de foyers.

Ce relèvement du plafond "est dû à une envolée record des prix mondiaux du gaz au cours des six derniers mois, les cours de gros ayant quadruplé au cours de l'année dernière", a indiqué l'Ofgem.

Et tandis que la Banque centrale britannique annonçait un peu plus tard un nouveau relèvement de son taux directeur à 0,5% pour tenter d'endiguer l'inflation, qui pourrait selon elle culminer à 7,25% en avril, le géant pétrolier britannique Shell affichait de fastueux bénéfices pour 2021, portés par l'envolée des prix des hydrocarbures.

Ces annonces ont notamment fait s'étrangler l'ONG Greenpeace, qui demande, à l'instar de l'opposition travailliste, une taxe exceptionnelle sur les profits des compagnies pétrolières et regrette que cette proposition ne figure pas au rang des annonces de M. Sunak.

Les aides "sont désespérément maigres pour les ménages les plus pauvres et ne sont pas suffisamment ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin", a réagi une responsable de l'ONG au Royaume-Uni Kate Blagojevic.

"Nous apportons de l'aide aux personnes qui en ont besoin", a rétorqué Rishi Sunak jeudi soir lors d'une conférence de presse, ajoutant que "la hausse des prix est telle que ce ne sont pas uniquement les familles (les plus modestes) qui vont en ressentir les effets mais aussi les familles aux revenus moyens".

Faillites d'énergéticiens

"Nous allons devoir nous habituer" à voir des prix de l'énergie élevés mais "ce que nous pouvons faire, c'est de modérer cette période d'ajustement, pour la rendre plus gérable pour les ménages", a ajouté le ministre.

Parmi les autres mesures annoncées par le gouvernement jeudi figurent aussi une baisse des impôts locaux de 150 livres (180 euros) en avril qui concernera environ 80% des foyers, et une enveloppe de près de 150 millions de livres aux autorités locales à destination des plus modestes.

Ces mesures "soulageront certains" foyers, mais la hausse des prix en avril "entraînera de nombreuses personnes dans la précarité énergétique", avertit de son côté l'association de consommateurs Which?, appelant le gouvernement et les fournisseurs d'énergie à "veiller à ce que l'aide atteigne ceux qui en ont besoin avant" cette date.

Le plafond des prix est mis à jour deux fois par an pour prendre en compte les tarifs de gros de l'énergie, mais il a été récemment accusé de contribuer à la faillite de nombreux fournisseurs d'électricité, pris en étau entre l'envolée de leurs coûts et des factures bloquées.

Ainsi, la flambée des prix a entraîné la faillite de plus de la moitié des acteurs du marché depuis l'été dernier. Au total, 29 d'entre eux ont cessé d'exercer et 24 sont encore en activité.

Le gouvernement va venir en aide à 28 millions de ménages cette année. En tout, c'est un plan d'environ 9 milliards de livres" (près de 11 milliards d'euros) qui seront mis à disposition des plus modestes, a annoncé le ministre de l'Économie Rishi Sunak aux députés britanniques.Mais les critiques n'ont pas attendu pour fuser, d'abord des rangs de l'opposition travailliste qui dénonce des mesures insuffisantes, puis d'associations de défense des consommateurs ou d'ONG, qui reprochent au gouvernement d'aider avant tout les fournisseurs d'énergie.Ainsi, la mesure phare annoncée par le gouvernement consiste en une réduction de 200 livres (240 euros) en octobre sur toutes les factures d'électricité du pays. Mais il s'agit d'une avance destinée à étaler la hausse brutale des coûts énergétiques, et les consommateurs seront tenus de rembourser sur cinq ans.Cette mesure "protège et récompense les fournisseurs d'énergie, qui sont complices de la crise" et "renforce le fardeau des ménages avec encore plus de dette, qu'ils rembourseront difficilement", assène Fuel Poverty Action (FPA), une association de lutte contre la pauvreté énergétique.L'autorité britannique de l'énergie (Ofgem) avait annoncé un peu plus tôt jeudi augmenter de 54% le plafond des prix de l'énergie dans le pays à partir d'avril, ce qui se traduira par un bond annuel de 693 livres des factures (plus de 830 euros) pour des millions de foyers.Ce relèvement du plafond "est dû à une envolée record des prix mondiaux du gaz au cours des six derniers mois, les cours de gros ayant quadruplé au cours de l'année dernière", a indiqué l'Ofgem.Et tandis que la Banque centrale britannique annonçait un peu plus tard un nouveau relèvement de son taux directeur à 0,5% pour tenter d'endiguer l'inflation, qui pourrait selon elle culminer à 7,25% en avril, le géant pétrolier britannique Shell affichait de fastueux bénéfices pour 2021, portés par l'envolée des prix des hydrocarbures.Ces annonces ont notamment fait s'étrangler l'ONG Greenpeace, qui demande, à l'instar de l'opposition travailliste, une taxe exceptionnelle sur les profits des compagnies pétrolières et regrette que cette proposition ne figure pas au rang des annonces de M. Sunak.Les aides "sont désespérément maigres pour les ménages les plus pauvres et ne sont pas suffisamment ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin", a réagi une responsable de l'ONG au Royaume-Uni Kate Blagojevic."Nous apportons de l'aide aux personnes qui en ont besoin", a rétorqué Rishi Sunak jeudi soir lors d'une conférence de presse, ajoutant que "la hausse des prix est telle que ce ne sont pas uniquement les familles (les plus modestes) qui vont en ressentir les effets mais aussi les familles aux revenus moyens"."Nous allons devoir nous habituer" à voir des prix de l'énergie élevés mais "ce que nous pouvons faire, c'est de modérer cette période d'ajustement, pour la rendre plus gérable pour les ménages", a ajouté le ministre.Parmi les autres mesures annoncées par le gouvernement jeudi figurent aussi une baisse des impôts locaux de 150 livres (180 euros) en avril qui concernera environ 80% des foyers, et une enveloppe de près de 150 millions de livres aux autorités locales à destination des plus modestes.Ces mesures "soulageront certains" foyers, mais la hausse des prix en avril "entraînera de nombreuses personnes dans la précarité énergétique", avertit de son côté l'association de consommateurs Which?, appelant le gouvernement et les fournisseurs d'énergie à "veiller à ce que l'aide atteigne ceux qui en ont besoin avant" cette date.Le plafond des prix est mis à jour deux fois par an pour prendre en compte les tarifs de gros de l'énergie, mais il a été récemment accusé de contribuer à la faillite de nombreux fournisseurs d'électricité, pris en étau entre l'envolée de leurs coûts et des factures bloquées.Ainsi, la flambée des prix a entraîné la faillite de plus de la moitié des acteurs du marché depuis l'été dernier. Au total, 29 d'entre eux ont cessé d'exercer et 24 sont encore en activité.