Dans une réaction teintée d'amertume, la Commission européenne a affirmé sa volonté de ne pas abandonner la partie.

"Je n'abandonne pas, je vais m'adresser à tous les pays membres, leur rappeler les grandes déclarations qui ont été faites après tant de scandales comme les Panama Papers, après les attaques terroristes", a affirmé la commissaire en charge du dossier, Vera Jourova. De nouvelles consultations seront ainsi lancées.

Mis sous pression par Ryad et Washington, le Conseil de l'UE a argué de carences méthodologiques pour rejeter la proposition de la Commission qui ajoutait notamment à la liste actuelle, outre l'Arabie saoudite, le Panama et quatre territoires américains: les Samoa américaines, Guam, Porto Rico et les Îles Vierges américaines.

Les États membres ont justifié ce refus en affirmant que la procédure n'avait pas été suffisamment transparente et n'avait pas permis aux pays visés de faire valoir leurs arguments. La Commission, elle, a défendu la solidité de sa méthodologie et la transparence de la procédure.

Jusqu'il y a peu, la Belgique ne s'opposait pas à la liste de la Commission. Elle avait adopté une approche neutre sur la question. Mais elle a rejoint in extremis les autres membres du Conseil en reconnaissant que la Commission avait manqué de transparence, selon une source européenne. La décision du Conseil a ainsi été unanime.

Le Parlement européen doit encore adopter sa position. Mme Jourova, qui représentera la Commission mardi à Strasbourg sur ce dossier, se dit soutenue par les eurodéputés.

Pas plus que le Panama et l'Arabie saoudite, les quatre territoires américains ne figurent sur la liste du Groupe d'action financière international (Gafi), l'organisme chargé de coordonner les efforts mondiaux pour assainir le système financier international, actuellement présidé par les Etats-Unis.

Le fait de se retrouver sur cette liste ne déclenche pas de sanctions, mais il oblige les banques européennes à appliquer des contrôles renforcés sur les opérations financières avec des clients ou des établissements financiers dans ces pays.

Sur une cinquantaine de pays passés à la loupe, la Commission avait conclu que 23 présentaient des "carences stratégiques" dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

"La Belgique a gardé sa neutralité jusqu'à être totalement isolée"

La Belgique a maintenu sa neutralité sur la liste anti-blanchiment jusqu'à se retrouver totalement isolée au sein du Conseil de l'Union européenne, a expliqué jeudi le cabinet du ministre des Finances Alexander De Croo, interrogé par Belga.

"Nous étions conscients des problèmes méthodologiques de la Commission, mais nous pouvions vivre avec cette liste" proposée par la Commission, qui ajoutait notamment l'Arabie saoudite et quatre territoires américains à la liste actuelle.

La Belgique reste partisane d'une liste européenne indépendante de celle du Groupe d'action financière (GAFI), l'organisme chargé de coordonner les efforts mondiaux pour assainir le système financier international, actuellement présidé par les Etats-Unis.

Cette liste du GAFI ne reprend pas l'Arabie saoudite ni les quatre territoires américains. "Nous ne voyons pas de problème à ce que des pays qui ne sont pas sur cette liste figurent sur la liste européenne, s'il y a de bonnes raisons à cela", insiste le cabinet De Croo, en disant espérer une méthodologie améliorée.

"La raison pour laquelle nous avons finalement abandonné notre neutralité est que nous nous sommes retrouvés isolés et que nous ne voulions pas empêcher l'unanimité. Une telle résistance n'aurait rien apporté, et il n'est pas dans nos habitudes de bloquer l'unanimité".

Dans une réaction teintée d'amertume, la Commission européenne a affirmé sa volonté de ne pas abandonner la partie. "Je n'abandonne pas, je vais m'adresser à tous les pays membres, leur rappeler les grandes déclarations qui ont été faites après tant de scandales comme les Panama Papers, après les attaques terroristes", a affirmé la commissaire en charge du dossier, Vera Jourova. De nouvelles consultations seront ainsi lancées. Mis sous pression par Ryad et Washington, le Conseil de l'UE a argué de carences méthodologiques pour rejeter la proposition de la Commission qui ajoutait notamment à la liste actuelle, outre l'Arabie saoudite, le Panama et quatre territoires américains: les Samoa américaines, Guam, Porto Rico et les Îles Vierges américaines. Les États membres ont justifié ce refus en affirmant que la procédure n'avait pas été suffisamment transparente et n'avait pas permis aux pays visés de faire valoir leurs arguments. La Commission, elle, a défendu la solidité de sa méthodologie et la transparence de la procédure. Jusqu'il y a peu, la Belgique ne s'opposait pas à la liste de la Commission. Elle avait adopté une approche neutre sur la question. Mais elle a rejoint in extremis les autres membres du Conseil en reconnaissant que la Commission avait manqué de transparence, selon une source européenne. La décision du Conseil a ainsi été unanime. Le Parlement européen doit encore adopter sa position. Mme Jourova, qui représentera la Commission mardi à Strasbourg sur ce dossier, se dit soutenue par les eurodéputés. Pas plus que le Panama et l'Arabie saoudite, les quatre territoires américains ne figurent sur la liste du Groupe d'action financière international (Gafi), l'organisme chargé de coordonner les efforts mondiaux pour assainir le système financier international, actuellement présidé par les Etats-Unis. Le fait de se retrouver sur cette liste ne déclenche pas de sanctions, mais il oblige les banques européennes à appliquer des contrôles renforcés sur les opérations financières avec des clients ou des établissements financiers dans ces pays. Sur une cinquantaine de pays passés à la loupe, la Commission avait conclu que 23 présentaient des "carences stratégiques" dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.