" J'ai quand même un sentiment de tristesse avec toute cette affaire. Quelle image de Liège véhicule-t-on avec ce type de comportements ? Il y a tant de choses fantastiques qui se passent ici et, à cause des errements de quelques-uns, on essaie de nous faire passer pour des mafieux. Ça me fait souffrir et je crains que cela ne rejaillisse négativement sur une série de projets importants pour Liège. " Christine Defraigne, première échevine de la ville de Liège et candidate à la présidence du MR, résume les réactions recueillies dans le monde économico- politique liégeois, après les derniers épisodes de la saga Nethys-Enodia. Elle n'a jamais mis le moindre orteil dans cette galaxie et, pourtant, elle se sent blessée " en tant que Liégeoise " par l'actualité de ces dernières semaines. Etre Liégeois, c'est une fierté principautaire qui dépasse très largement le folklore, qui bouscule des lignes politiques et sociales, mais qui, parfois, débouche sur un entre-soi, au minimum gênant et au pire illégal. On le voit maintenant avec les options retenues par Nethys pour la vente de ses filiales Elicio et Win...
...

" J'ai quand même un sentiment de tristesse avec toute cette affaire. Quelle image de Liège véhicule-t-on avec ce type de comportements ? Il y a tant de choses fantastiques qui se passent ici et, à cause des errements de quelques-uns, on essaie de nous faire passer pour des mafieux. Ça me fait souffrir et je crains que cela ne rejaillisse négativement sur une série de projets importants pour Liège. " Christine Defraigne, première échevine de la ville de Liège et candidate à la présidence du MR, résume les réactions recueillies dans le monde économico- politique liégeois, après les derniers épisodes de la saga Nethys-Enodia. Elle n'a jamais mis le moindre orteil dans cette galaxie et, pourtant, elle se sent blessée " en tant que Liégeoise " par l'actualité de ces dernières semaines. Etre Liégeois, c'est une fierté principautaire qui dépasse très largement le folklore, qui bouscule des lignes politiques et sociales, mais qui, parfois, débouche sur un entre-soi, au minimum gênant et au pire illégal. On le voit maintenant avec les options retenues par Nethys pour la vente de ses filiales Elicio et Win... Dans cette saga donc, tout part de Liège, en passant par Liège pour revenir à Liège. Et quand on s'en écarte, ça hurle. Pourquoi les recommandations de la commission d'enquête parlementaire du Parlement wallon votées à l'unanimité en 2017 n'ont-elles pas été suivies de beaucoup d'effets ? A cause de l'absence de Liégeois dans cette commission. Au-delà du potentiel déni démocratique, à Liège, les forces vives considèrent que l'on ne décide pas à leur place de ce qui leur appartient (pour rappel, les actionnaires d'Enodia sont la province de Liège et des communes de la même province) et encore moins sans eux. Les auteurs de cet article - non Liégeois - ont essayé de comprendre cet esprit principautaire qui motive tant de comportements. " C'est une réalité forte, émotionnelle et palpable pour quiconque vient à Liège. C'est une fierté liée à l'histoire et qui vit dans de nombreuses circonstances politiques ou économiques, raconte François Blondel, le CEO de KitoZyme (spin-off issue de l'ULiège qui a mis au point une technique inédite de production de chitosane à partir de fibres végétales). Les Liégeois ont un fort et fier sentiment d'appartenance, d'avoir une histoire et un rôle à jouer. C'est vraiment une conviction chevillée au corps. De l'extérieur, cela peut donner l'impression d'une bande où tout le monde est de mèche. Moi, j'estime que cette fierté est une véritable force, qu'elle fait bouger les lignes dans les bonnes circonstances. Le sentiment d'appartenance, à ne pas confondre avec le sentiment identitaire, est une besoin de l'être humain. Qu'il soit fort à Liège est une excellente chose. " Le propos est partagé par Melchior Wathelet, l'ancien homme politique devenu administrateur délégué de la société Xperthis, spécialisée dans l'informatique médicale. " L'esprit principautaire est une forme de chauvinisme et je le revendique, dit-il. Notamment en sport, mais pas seulement. Les Liégeois se soutiennent entre eux, c'est vrai, mais pour moi, c'est une très bonne chose... tant que cela reste à des fins acceptables et légales. " Ce chauvinisme pousse à lancer des projets hors normes, comme si rien n'était trop beau pour Liège. " ll y a une volonté viscérale quasi sanguine de faire en sorte que Liège rayonne, concède Pierre Leerschool, l'administrateur délégué des journaux régionaux du groupe Sudpresse qui sont actifs dans toutes les grandes villes de Wallonie et à Bruxelles. Pensez à la gare, à l'aéroport. Quand Liège a voulu avoir un musée des beaux-arts, les forces vives ont fait en sorte que ce soit le plus beau possible. Cela donne le musée de la Boverie, la première exposition d'Anne Sinclair, etc. Les forces vives voulaient que ce musée soit plus beau qu'un musée parisien. Je pense qu'aujourd'hui tout le monde considère que c'est une belle réussite. " Pour comprendre l'esprit principautaire, il faut faire appel à l'histoire. En 972, l'empire germanique nomme Notger évêque de Liège. Celui-ci devient en 980 le premier prince-évêque de la principauté de Liège. A ce moment-là, Liège devient un Etat indépendant et le restera jusqu'à la Révolution française de 1789. Huit siècles d'indépendance ont contribué à forger "l'esprit liégeois". "Huit cents ans d'indépendance, ça pèse sur la façon d'être des Liégeois, sur leur attachement à leur ville, même quand ils n'y habitent plus, insiste Christine Defraigne. Il y a une fierté chaleureuse, ouverte et généreuse, un fort sentiment d'appartenance. On partage des codes, un langage. " " Quand j'organise un événement à Liège, tout le monde vient. Et l'expérience me démontre que ce n'est pas le cas ailleurs en Wallonie et à Bruxelles ", sourit Pierre Leerschool. " Au moindre event auquel je participe, je rencontre des gens de tous les milieux, renchérit Pierre Wolper, le recteur de l'Université de Liège. Mes confrères d'autres universités me font souvent des remarques sur l'esprit principautaire. C'est vrai que, par rapport aux autres universités, nous avons plus de contacts locaux. J'ai récemment assisté à un événement militaire. Il y avait là plus de 500 personnes et pas que des militaires, loin de là ! " Ancien de Stanford, le recteur n'hésite pas à dresser un parallèle avec... la Silicon Valley. " Unir les forces pour faire avancer les dossiers, c'est comme cela qu'un écosystème fonctionne, à Liège comme dans la Silicon Valley, dit-il. Les gens se connaissent, se connectent et l'écosystème fonctionne. Le dynamisme de notre région vient de là. Des réseaux se créent. Et un réseau, ça ne veut bien entendu pas dire 'des dérives', évidemment. " Les dérives, nous y voilà. Entre l'union sacrée des forces vives et la connivence, la marge d'interprétation est parfois ténue. D'où une certaine crainte de voir tous les Liégeois jetés dans " le même panier " (de crabes... ? ) du dossier Nethys. " Il faut faire la part des choses et ne pas juger l'ensemble sur un cas particulier, concède Yves Caprara, CEO de Prayon, leader mondial dans les produits phosphatés. Quand le gouvernement ou le Parlement dénonce tel ou tel agissement d'une société liégeoise, je ne me sens pas visé. Prayon a un site d'exploi- tation à Puurs, et quand j'y vais, on ne me parle pas de Publifin. Je ne ressens pas une méfiance à l'égard de tous les Liégeois à cause de cette affaire. " " Il y a une vraie dynamique à Liège et autour, avec de superbes boîtes, abonde Melchior Wathelet. Mais, j'en conviens, parfois avec une sorte de connivence qui peut poser problème. Mais ne réduisez pas Liège à cela. Il ne faudrait pas qu'une volonté de règlement de comptes de la part des autres villes ou provinces vienne briser tout cela. Cela renforcerait un sentiment 'Calimero' à Liège et ce ne serait bon ni pour la ville ni pour la Wallonie. Ce n'est pas Liège contre le reste du monde, tout de même ! " Ce sentiment " Calimero " entretient, lui aussi, l'esprit principautaire. " L'idée d'un complot venant de Namur ou du PS hainuyer n'est peut-être pas totalement fausse, mais elle est montée en épingle par la fédération socialiste de Liège, analyse le journaliste David Leloup ( Le Vif), à qui l'on doit de nombreuses révélations sur l'affaire Publifin. Ils ravivent systématiquement cela, en s'appuyant sur un fond liégeois historiquement très jaloux de son indépendance. Liège est incontestablement la ville la plus dynamique de Wallonie. Mais elle n'en est pas devenue la capitale. Cela a laissé une certaine rancoeur, surtout dans les milieux politiques. " A Liège, les milieux politiques ne sont jamais très éloignés du monde éco- nomique. Comme dans le reste de la Wallonie, sans doute, mais de manière bien plus aiguë et affirmée. La déclinaison économique de cet esprit principautaire remonte à André Cools. L'homme fort du PS des années 1970 avait échafaudé une stratégie d'investissements publics dans l'économie pour compenser les pertes d'emploi dans les restructurations de la sidérurgie. L'idée était déjà de partir des recettes générées par la distribution d'eau, de gaz et d'électricité (des monopoles publics) pour financer un redéploiement industriel. C'est-à-dire exactement la formule retenue par le groupe Nethys pour grandir et investir dans le câble, les médias, les énergies renouvelables, les services informatiques, l'aéroport, etc. Une bonne ou une mauvaise chose que cette initiative industrielle publique ? Sur la place liégeoise, il n'y a pas grand monde pour en récuser le principe. " Je suis un entrepreneur, j'ai cela chevillé au corps, confie Jean Galler, le créateur des chocolats qui portent son nom. Ce concept d'initiative industrielle publique n'est pas dans mes gènes. Mais je dois bien constater que cela a été une excellente solution pour Liège. Sans cela, il n'y aurait pas eu l'aéroport de Liège, il n'y aurait pas eu le Port, ni même la plus belle gare du monde. " " Liège a sa dynamique économique dans laquelle le public a toujours été actif, renchérit Frédéric Daerden (PS). Nous avons des outils qui fonctionnent bien (Resa, l'aéroport, l'université, etc.). Nous devons défendre ces outils et cela donne peut-être l'image principautaire qu'on nous colle souvent. Ce n'est pas un repli sur soi mais, au contraire, un moteur pour toute la Wallonie. " Ce dynamisme a sans doute contribué (avec une bonne dose de lobbying politique aussi, ne soyons pas dupes) à faire de Liège la capitale économique de la Wallonie. Tous les organismes économiques régionaux y sont désormais réunis. Les résultats justifient-ils cependant toujours les moyens ? Là, il commence à y avoir des voix dissonantes. Bien avant les commissions d'enquête parlementaire, Christine Defraigne, première échevine de la ville de Liège, avait pointé en 2009 " le dangereux mélange des genres " entre une intercommunale de service public (à l'époque appelée encore Tecteo) et des activités dans des secteurs économiques très concurrentiels. " Je suis libérale mais je n'ai rien contre l'initiative industrielle publique, dit-elle. Mais celle-ci doit alors endosser le costume juridique adapté et, manifestement, ce n'était pas le cas de Nethys. " Comme à Liège tout se tient, ou presque, cette sortie lui avait valu de sérieux retours de bâton, au point de finir par en perdre son poste de cheffe du groupe MR au Sénat. Dix ans plus tard, son parti est bien forcé d'admettre que Christine Defraigne n'avait pas tout à fait tort sur ce point... L'autre critique récurrente porte sur les conflits d'intérêts, inhérents à l'activité d'un groupe naviguant entre le public et le privé. " Le rêve d'André Cools, c'est devenu mon cauchemar d'entrepreneur, soupire ainsi Laurent Minguet, serial entrepreneur, cofondateur d'EVS et ancien Manager de l'Année. Je travaille beaucoup avec les intercommunales. Quand vous êtes entrepreneur dans les énergies renouvelables et que vous posez des questions à Resa, vous attendez six mois pour obtenir la réponse. Et je ne vous parle pas des conflits d'intérêts quand l'un de vos concurrents s'appelle Nethys-Energie... Les entreprises publiques, à un moment donné, c'est de la concurrence déloyale. Elles ont d'autres relais que moi, simple entrepreneur, dans les cabinets ministériels et les administrations. " Ne vous méprenez pas sur les propos de Laurent Minguet, il n'est pas opposé à toute présence publique dans les entreprises. " Des groupes publics comme Meusinvest ou la SRIW aident les entreprises et participent vraiment au développement économique en province de Liège et en Wallonie ", dit-il.On en revient au " costume juridique adapté ", évoqué par Christine Defraigne... Il y a le costume... et les personnes qui le portent. En l'occurrence, au vu des révélations de ces dernières semaines et même de ces dernières années, on peut raisonnablement penser que la galaxie Nethys péchait dans les deux cas. " Regardez les résultats qu'obtiennent des entreprises publiques comme Belfius, qui appartient intégralement à l'Etat belge, ou Sonaca, détenue par la Région wallonne, souligne Pierre Wolper, le recteur de l'ULiège. Ces entreprises sont gérées avec la rigueur nécessaire et leurs administrateurs sont des personnes qui ont les compétences nécessaires pour assumer les responsabilités. " On ne peut sans doute pas en dire autant de tous les administrateurs des différentes instances de la structure Nethys. Cela dit, des instances a priori très professionnelles n'ont pas empêché de grandes banques de se lancer dans de très dangereuses aventures, avec de lourdes conséquences pour l'ensemble de l'économie. En d'autres termes, le public n'a pas le monopole de la mauvaise gestion. Pour François Blondel (KitoZyme), il ne faut pas s'attarder sur les structures, sur leur caractère public ou privé, mais bien sur les hommes et les femmes qui les dirigent. " Ce sont les personnes qui font la différence, dit-il. Si la SRIW et Noshaq (ex-Meusinvest) ont pris des virages importants ces derniers temps, si Liège est devenue un territoire remarquable au niveau des sciences de la vie, c'est parce que des personnes l'ont voulu, pas parce qu'on a réformé des organismes. Toutes les évolutions, ce sont toujours des histoires et des projets d'hommes et de femmes. Et, franchement, tant mieux ! " Le défi est donc de miser sur les bonnes personnes, plus que de devoir choisir entre le public et le privé. De toute façon, en Wallonie de manière générale et à Liège en particulier, ces deux sphères sont largement imbriquées. Ce qui n'est pas forcément un problème. Sans les appuis publics, autant de chercheurs ne pourraient sans doute pas lancer leur spin-off pour tenter de valoriser le fruit de leurs recherches. " Le but n'est pas de créer des confusions entre le public et le privé mais, au contraire, d'aider des spin-off à sortir de la sphère universitaire et publique pour aller vers le marché, précise le recteur Pierre Wolper. Si des capitaux publics peuvent aider à générer de la croissance, à favoriser le développement de nouvelles entreprises, c'est très bien pour tout le monde. Bien entendu, ces acteurs publics doivent être gérés de manière rigoureuse. " Et au-delà des spin-off, personne ne semble avoir réellement envie de profiter des circonstances politiques pour séparer catégoriquement les sphères économiques publiques et privées. " Les économies performantes s'appuient toujours sur une forte solidarité dans une communauté locale, affirme Alain Lesage, ancien directeur général du pôle de compétitivité Greenwin et aujourd'hui consultant. Liège est une métropole de plus de 500.000 habitants, c'est un noyau économique suffisamment vaste et solide pour construire de grands projets. " Il cite aussi l'exemple des sciences de la vie où la stratégie concertée des forces privées et publiques a permis au secteur d'atteindre un seuil critique qui le rend aujourd'hui attractif auprès d'investisseurs du monde entier. Rappelons ici le projet Bridge2Health, à travers lequel l'université, le CHU et Noshaq collaborent pour offrir des services complets et séduire ainsi des biotechs internationales. " Cela va peut-être vous surprendre mais je suis un chaud partisan de l'idée selon laquelle, pour bien gérer un pays, il est utile d'avoir une forte imbrication entre le politique et l'économie, ajoute François Blondel. Je trouve très positif qu'il y ait des passages de la politique vers l'économie et vice versa, comme on le voit notamment aux Etats-Unis. " De toute façon, dans cette principauté, les relations croisées sont telles qu'il serait illusoire - et même sans doute carrément contre-productif - de vouloir à tout prix les séparer. Noshaq a été plusieurs fois pointé comme " le " bon exemple de gestion publique. L'invest est présent dans le capital de plus de 300 entreprises et il a encore investi 115 millions l'an dernier dans des sociétés essentiellement liégeoises. Cela fait un paquet d'entreprises liées, plus ou moins fortement, à la sphère publique. Et, comme pour boucler la boucle, dans l'actionnariat de Noshaq, on retrouve aussi des entreprises privées ainsi que... Nethys (en association avec Ethias, ils détiennent 20%). Le président de l'invest, Jean- Michel Javaux, ne siège d'ailleurs pas au conseil d'administration en tant que bourgmestre Ecolo mais bien en tant que représentant de Nethys. Comme quoi, démanteler le groupe bâti par Stéphane Moreau aurait d'importantes conséquences en cascade. Rappelons que Nethys détient aussi, toujours avec Ethias, 50% de Liege Airport et 26% du holding intercommunal wallon Socofe. " Je crains que nous assistions bientôt à un énorme gâchis économique, augure Alain Lesage. Des positions se sont figées devant l'ampleur et la succession des problèmes. J'espère que les nouveaux managers désignés pourront prendre le recul nécessaire pour définir des stratégies industrielles. " " Toute cette bronca, tous ces scandales - n'ayons pas peur des mots - ne jouent pas en faveur de l'outil, renchérit Christine Defraigne. Je suis inquiète pour l'emploi et pour le maintien des centres de décision à Liège, ainsi que pour les finances des communes actionnaires. Il faut rapidement réinventer un projet industriel de qualité, avec des managers de qualité et, cette fois, en fixant très clairement les balises. Un futur de terre brûlée ne servirait à rien ni à personne. " Une telle issue ne déplairait peut-être pas à d'autres acteurs, à Namur ou en Hainaut, parfois irrités par l'entre-soi principautaire. Aucun de nos interlocuteurs ne va cependant jusque-là. Ils évoquent de l'inquiétude, de la honte parfois, du gâchis... mais pas de règlement de comptes. " Je comprends et soutiens la logique de clarification mise en oeuvre par le gouvernement wallon, déclare Frédéric Daerden. Evidemment, les derniers événements tendent à nuire à l'image de Liège mais, en aucun cas, je ne vis cela comme une agression contre Liège. Ce que l'on peut regretter, en revanche, c'est cet a priori selon lequel il ne pouvait pas y avoir de Liégeois dans la commission d'enquête parlementaire Publifin. On voulait s'occuper de nous sans que nos représentants puissent être autour de la table. Je comprends que cela ait pu être mal ressenti. " Et même s'il y a quelques sourires en coin dans d'autres provinces wallonnes, il ne faudrait pas dramatiser. " Qu'il y ait une certaine émulation, de la concurrence entre villes, entre les fédérations, entre les territoires, je trouve cela plutôt sain ", résume François Blondel. " Que des événements comme ceux que nous venons de vivre ces derniers temps autour de Nethys créent des tensions, c'est logique, convient le recteur Pierre Wolper. Que l'on remette en cause la manière dont tout cela a été géré, c'est compréhensible au vu des révélations. Je dirais même que les réactions ont plutôt été un peu tardives. Mais sincèrement, je ne crois pas que ces faits visés soient typiquement liés au microcosme liégeois. " Il y a une dizaine d'années, c'était plutôt Charleroi qui symbolisait l'affairisme politique. " A cause de Publifin, le Zwarte Piet est revenu à Liège, constate Laurent Minguet. Dans ce dossier, Elio Di Rupo a enfin pris ses responsabilités et, effectivement, Liège ne peut pas sortir grandie d'une telle histoire. Dommage que la remise en ordre ne soit pas venue de Liège, que Jean-Claude Marcourt n'ait pas osé agir plus tôt. Il y avait pourtant des gens ici qui savaient que ça n'allait pas et qui le disaient. David Leloup et François Gemenne ( professeur à l'ULiège qui avait qualifié Publifin de système "mafieux", Ndlr), ce sont des Liégeois ! Dans cette histoire, le quatrième pouvoir a joué son rôle, et le Parlement aussi, finalement. C'est bien, cet équilibre entre les pouvoirs. Sinon, des opportunistes comme Stéphane Moreau viennent et se servent. "Par Christophe De Caevel et Jérémie Demeyer.