Rarement des élections régionales ont-elle été attendues avec autant d'intérêt que celles qui ont abouti au triomphe d'Isabel Diáz Ayuso dans la communauté régionale de Madrid. Cette jeune candidate du Partido Popular (PP) a surpris par l'ampleur de sa victoire face aux partis de gauche pro-gouvernementaux à la suite d'une campagne électorale passionnée. Le dirigeant communiste Pablo Iglesias avait même abandonné son poste de vice-Premier ministre pour tenter de battre la candidate de la droite. Tout cela pour encaisser une défaite très lourde qui l'a finalement poussé à annoncer son retrait de la vie politique...
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Rarement des élections régionales ont-elle été attendues avec autant d'intérêt que celles qui ont abouti au triomphe d'Isabel Diáz Ayuso dans la communauté régionale de Madrid. Cette jeune candidate du Partido Popular (PP) a surpris par l'ampleur de sa victoire face aux partis de gauche pro-gouvernementaux à la suite d'une campagne électorale passionnée. Le dirigeant communiste Pablo Iglesias avait même abandonné son poste de vice-Premier ministre pour tenter de battre la candidate de la droite. Tout cela pour encaisser une défaite très lourde qui l'a finalement poussé à annoncer son retrait de la vie politique... Ce qui fait l'intérêt du résultat de cette élection n'est pas que, pour la première fois depuis des années, la droite espagnole gagne de façon convaincante. Non, ce qui fait son intérêt, c'est d'abord la doctrine d'Isabel Diáz Ayuso, qui a rompu avec la vieille politique du PP lorsqu'il était au pouvoir sous le gouvernement calamiteux de Mariano Rajoy, c'est-à-dire une approche de centre gauche en économie et très dure à droite dans les autres domaines. La présidente madrilène a, elle, innové, proposant des solutions réellement libérales. Il en est ainsi non seulement sur le plan fiscal, où elle a utilisé à fond toutes les possibilités qu'offrent les lois espagnoles en matière de réduction des impôts dans les "communautés autonomes". On paie bien moins d'impôts à Madrid qu'à Barcelone, par exemple... Et à défaut de pouvoir supprimer les droits de succession, le gouvernement régional madrilène a utilisé son droit de les réduire à concurrence de... 99%, en faisant ainsi une taxe purement symbolique. Le résultat est un succès économique impressionnant de la région madrilène, devenue un pouvoir économique alors qu'on la voyait souvent comme une entité vivant de son statut administratif de capitale. Son gouvernement s'est aussi signalé par une gestion originale de la pandémie. Là où, à l'image de notre Frank Vandenbroucke, le gouvernement national espagnol choisissait la voie autoritaire en fermant tout ce qui peut l'être, celui de Madrid a toujours garanti le maximum d'ouverture possible, y compris pour les restaurants, demeurés en activité pendant presque toute la crise. Le tout sans que ses résultats en termes de contaminations ou de décès soient pires qu'au niveau national ou... qu'en Belgique. Une preuve de plus que les contraintes, dans ce domaine-là comme dans tant d'autres, ne sont pas efficaces. A tous les partis qui se sont opposés à elle, Isabel Diáz Ayuso a répondu par un mot, scandé tout au long de sa campagne: Libertad ! La liberté dans le cadre de la gestion de la crise du covid, mais aussi la liberté économique, opposée aux tentations socialo-communistes de gouvernement central. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'elle a réussi. C'est un message important non seulement pour son propre parti en Espagne mais aussi pour tous les autres qui peu ou prou se réclament du libéralisme sans oser l'afficher. Ce que montre la dirigeante madrilène, c'est qu'en affirmant sa doctrine libérale, on peut non seulement être "fiers d'être libéraux" mais aussi gagner! Un message utile pour tous les partis qui croient préférable, notamment en Belgique, d'oublier sa doctrine pour participer à une politique de "socialisme mou".