Jamais les stocks n'avaient été si élevés depuis 1983, c'est-à-dire depuis la création de cet indicateur sur la distribution élaborée par la principale organisation patronale du pays, la CBI.

Les commerces ont constitué des réserves à tour de bras en raison des incertitudes du Brexit et à l'approche de Noël, selon la CBI. Elle estime que les distributeurs ont fait des stocks plus tôt que d'habitude en prévision de la période clé des fêtes de fin d'année.

Cette étude a été réalisé au moment où la date du Brexit était encore fixée au 31 octobre, sans que le Parlement n'ait pu se décider sur une sortie de l'UE avec accord, comme négocié entre Londres et Bruxelles. Mais compte tenu du blocage politique et pour éviter un Brexit sans accord, les Européens ont validé un report du divorce au 31 janvier 2020.

"Le calendrier ne pourrait pas être pire: la période avant Noël est cruciale pour le secteur de la distribution et ne pas savoir où nous en serons le 1er novembre ne fait qu'ajouter aux difficultés", souligne Rain Newton-Smith, économiste au CBI.

Le CBI confirme en outre que le commerce traverse une mauvaise période avec une baisse des ventes au détail au cours des 12 mois achevés en octobre, soit le sixième repli consécutif, ce qui ne s'était plus produit depuis la crise financière.

Seule éclaircie, les ventes en ligne poursuivent leur croissance, laquelle s'accélère, témoignant des changements d'habitude de consommation des Britanniques qui délaissent les commerces physiques pour privilégier les achats sur internet.

Selon Howard Archer, économiste chez EY Item Club, cette étude du CBI intervient après des chiffres officiels moroses pour les ventes au détail en août et septembre et "suggère que les consommateurs sont prudents" à l'approche du Brexit.

Toute faiblesse de la consommation des ménages serait une mauvaise nouvelle pour la croissance économique, qui ralentit déjà sous le coup de la baisse des investissements des entreprises.

Les économistes, qui sont nombreux à prévoir une croissance moins forte même en cas de Brexit avec accord, rappellent que les dépenses des Britanniques ont résisté jusqu'à présent à la faveur d'une hausse des salaires plus vive que l'inflation et d'un marché de l'emploi solide.