L'étude constate que la progression des énergies renouvelables demeure la plus rapide du secteur avec un taux de 14,5% en 2018. Les coûts continuent également de baisser: de 13% pour l'énergie éolienne terrestre et l'électricité produite par la technologie photovoltaïque, de 1% pour celui de l'éolien offshore. L'amélioration des technologies existantes devraient contribuer à la poursuite de cette tendance.

Les investissements dans les énergies renouvelables enregistrent toutefois un ralentissement, avec une baisse de 14% au premier semestre de l'année par rapport à la même période en 2018. Ils ont particulièrement chuté en Chine (-39%), mais également aux États-Unis (-6%) et en Europe (-4%). L'Inde a, elle, intensifié ses investissements (+10%).

Mais malgré la croissance continue des énergies renouvelables, le charbon, le pétrole et le gaz "restent la pierre angulaire" d'une consommation d'énergie en hausse, souligne le rapport. Les émissions de gaz à effet de serre ont progressé de 2% l'année dernière (+6,4% en Inde et +3,4% aux États-Unis), contre 1,6% en 2017, tandis que la consommation énergétique mondiale a crû de 2,3%, soit près de deux fois le taux de croissance annuel moyen depuis 2010.

"Sans mesures plus ambitieuses, allant au-delà des politiques de transition énergétique existantes, le monde ne peut que faillir aux objectifs de l'Accord de Paris", prévient l'étude.

L'Europe, un bon élève

Dans ce contexte, l'Europe fait néanmoins figure de bon élève et s'affirme comme la région la plus avancée en matière de lutte contre le changement climatique et de mise en place de la transition énergétique. La croissance de sa demande énergétique s'est limitée à 0,2% en 2018. Selon le rapport, le Vieux Continent est d'ailleurs en bonne voie pour atteindre deux de ses trois objectifs climatiques fixés pour 2020: la réduction de 20% des émissions des gaz à effet de serre par rapport à 1990, et une part d'au moins 20% des énergies renouvelables dans la consommation énergétique.

La réduction des gaz à effet de serre pour 2030 reste par contre "un défi difficile à relever".

Pour tenter d'atteindre les objectifs climatiques, l'étude recommande notamment d'augmenter les prix du carbone afin de stimuler les investissements dans les autres énergies, d'accroître l'utilisation des énergies renouvelables et de multiplier les infrastructures de recharge des véhicules électriques. Les États doivent également dédier 100% des recettes des taxes environnementales aux projets de transition énergétique, contre moins de 50% actuellement, et lancer des programmes afin de modifier les habitudes de vie des citoyens.

"Nous avons besoin de mesures et de politiques à court terme plus audacieuses afin de réduire les émissions et d'éviter de nouvelles entorses à l'Accord de Paris", conclut Philippe Vié, à la tête du secteur de l'Energie et des Utilities chez Capgemini.