Auditionnée devant le sénat en vue de sa confirmation à ce prestigieux ministère, Mme Yellen, 74 ans, a annoncé que les Etats-Unis allaient s'inscrire dans le sillage de l'administration Trump à l'égard de Pékin.

"Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine", a résumé la future secrétaire au Trésor, reprenant des accusations portées maintes fois par le président sortant Donald Trump.

Citant "le vol de la propriété intellectuelle", "les transferts forcés de technologies américaines" ou "les subventions illégales", Mme Yellen estime comme son prédécesseur, Steven Mnuchin, que ces pratiques causent du tort aux entreprises américaines.

Pékin a des pratiques qui lui donnent un avantage "injuste", a-t-elle également déploré.

C'est précisément au nom de la défense des entreprises et travailleurs américains que Donald Trump avait déclenché en 2018 une guerre commerciale contre la deuxième puissance économique du monde.

Le conflit aura duré près de deux ans jusqu'à la signature d'un accord en janvier 2020.

Dans le cadre de ce traité, dit "de phase 1", la Chine s'était engagée à augmenter d'au moins 200 milliards de dollars sur 2020 et 2021 ses achats de produits et services américains.

En revanche, cet accord maintient des droits de douane américains de 25% sur toute un éventail de biens et de composants industriels chinois représentant 250 milliards de dollars et des mesures de rétorsion chinoises sur plus de 100 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis.

L'administration Biden va déployer tout un arsenal d'outils pour lutter contre ces pratiques, a déclaré Mme Yellen sans donner de détails.

Yellen, Belga
Yellen © Belga

Si les maux identifiés sont inchangés et la volonté de les combattre intacte, l'administration Biden va en revanche changer de méthode: Washington ne fera plus cavalier seul dans son offensive contre la Chine.

"Nous allons travailler avec nos alliés", a assuré Mme Yellen, en référence notamment aux pays de l'Union européenne qui déplorent également les pratiques commerciales chinoises.

Pour gérer ce dossier, l'administration Biden pourra compter sur Katherine Tai, qui va occuper le poste influent de représentant américain au Commerce (USTR). Elle avait défendu, sous l'administration Obama, les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur des désaccords avec la Chine.

L'une des façons de rallier les Européens sera de régler rapidement les litiges avec Bruxelles.

Janet Yellen a ainsi indiqué que l'administration démocrate jouerait la carte de l'apaisement sur le délicat dossier de la fiscalité des géants du numérique.

- Vers un accord avec l'UE sur le numérique ? -

Prenant le contre-pied de son prédécesseur qui avait mis fin aux discussions dans le cadre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle a souligné que cette taxe "permettrait de percevoir une juste part des entreprises, tout en maintenant la compétitivité de nos entreprises et en diminuant les incitations (...) aux activités offshore que nous ne voulons certainement pas récompenser".

L'administration Trump avait aussi menacé la France de représailles sous forme de droits de douane supplémentaires sur des produits emblématiques comme le champagne, en rétorsion à la mise en oeuvre d'une taxation française en attendant une taxation dans le cadre de l'OCDE.

Mais, elle a finalement suspendu leur application.

Egalement désireuse de retrouver une relation normalisée avec Washington, la Commission européenne avait rendu public début décembre un projet de "nouveau programme transatlantique pour un changement planétaire".

Bruxelles propose notamment "d'instaurer un dialogue spécifique avec les États-Unis sur la responsabilité des plateformes en ligne et des grandes entreprises technologiques, de travailler ensemble sur la fiscalité équitable et les distorsions du marché et d'élaborer une approche commune pour protéger les technologies critiques".

Pour l'heure, l'administration Biden n'a pas encore fait savoir si elle était favorable à ces propositions.

Autre sujet: les dévaluations monétaires pour favoriser les exportations, notamment chinoises.

Sur ce point, Janet Yellen a promis que le niveau du dollar américain serait "fixé par les marchés".

Son ministère combattra "toutes les tentatives des pays étrangers de manipuler artificiellement les valeurs monétaires pour obtenir un avantage injuste dans le commerce", a-t-elle assuré.

Auditionnée devant le sénat en vue de sa confirmation à ce prestigieux ministère, Mme Yellen, 74 ans, a annoncé que les Etats-Unis allaient s'inscrire dans le sillage de l'administration Trump à l'égard de Pékin."Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine", a résumé la future secrétaire au Trésor, reprenant des accusations portées maintes fois par le président sortant Donald Trump.Citant "le vol de la propriété intellectuelle", "les transferts forcés de technologies américaines" ou "les subventions illégales", Mme Yellen estime comme son prédécesseur, Steven Mnuchin, que ces pratiques causent du tort aux entreprises américaines. Pékin a des pratiques qui lui donnent un avantage "injuste", a-t-elle également déploré.C'est précisément au nom de la défense des entreprises et travailleurs américains que Donald Trump avait déclenché en 2018 une guerre commerciale contre la deuxième puissance économique du monde. Le conflit aura duré près de deux ans jusqu'à la signature d'un accord en janvier 2020.Dans le cadre de ce traité, dit "de phase 1", la Chine s'était engagée à augmenter d'au moins 200 milliards de dollars sur 2020 et 2021 ses achats de produits et services américains.En revanche, cet accord maintient des droits de douane américains de 25% sur toute un éventail de biens et de composants industriels chinois représentant 250 milliards de dollars et des mesures de rétorsion chinoises sur plus de 100 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis.L'administration Biden va déployer tout un arsenal d'outils pour lutter contre ces pratiques, a déclaré Mme Yellen sans donner de détails.Si les maux identifiés sont inchangés et la volonté de les combattre intacte, l'administration Biden va en revanche changer de méthode: Washington ne fera plus cavalier seul dans son offensive contre la Chine."Nous allons travailler avec nos alliés", a assuré Mme Yellen, en référence notamment aux pays de l'Union européenne qui déplorent également les pratiques commerciales chinoises. Pour gérer ce dossier, l'administration Biden pourra compter sur Katherine Tai, qui va occuper le poste influent de représentant américain au Commerce (USTR). Elle avait défendu, sous l'administration Obama, les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur des désaccords avec la Chine.L'une des façons de rallier les Européens sera de régler rapidement les litiges avec Bruxelles.Janet Yellen a ainsi indiqué que l'administration démocrate jouerait la carte de l'apaisement sur le délicat dossier de la fiscalité des géants du numérique.Prenant le contre-pied de son prédécesseur qui avait mis fin aux discussions dans le cadre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle a souligné que cette taxe "permettrait de percevoir une juste part des entreprises, tout en maintenant la compétitivité de nos entreprises et en diminuant les incitations (...) aux activités offshore que nous ne voulons certainement pas récompenser".L'administration Trump avait aussi menacé la France de représailles sous forme de droits de douane supplémentaires sur des produits emblématiques comme le champagne, en rétorsion à la mise en oeuvre d'une taxation française en attendant une taxation dans le cadre de l'OCDE. Mais, elle a finalement suspendu leur application.Egalement désireuse de retrouver une relation normalisée avec Washington, la Commission européenne avait rendu public début décembre un projet de "nouveau programme transatlantique pour un changement planétaire".Bruxelles propose notamment "d'instaurer un dialogue spécifique avec les États-Unis sur la responsabilité des plateformes en ligne et des grandes entreprises technologiques, de travailler ensemble sur la fiscalité équitable et les distorsions du marché et d'élaborer une approche commune pour protéger les technologies critiques".Pour l'heure, l'administration Biden n'a pas encore fait savoir si elle était favorable à ces propositions.Autre sujet: les dévaluations monétaires pour favoriser les exportations, notamment chinoises.Sur ce point, Janet Yellen a promis que le niveau du dollar américain serait "fixé par les marchés".Son ministère combattra "toutes les tentatives des pays étrangers de manipuler artificiellement les valeurs monétaires pour obtenir un avantage injuste dans le commerce", a-t-elle assuré.