Au terme de cette première année de mandat, Donald Trump a-t-il déjà marqué la scène internationale de son empreinte ?
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Au terme de cette première année de mandat, Donald Trump a-t-il déjà marqué la scène internationale de son empreinte ? Clairement oui, mais il s'agit plutôt d'une marque négative. Normalement, une puissance comme les Etats-Unis apporte une certaine stabilité, un point de référence dans le monde. On attend d'un pays qui exerce le leadership mondial qu'il montre de la rationalité et qu'il prenne des décisions et les explique. C'était une évidence sous Barack Obama. Mais avec Donald Trump, nous avons exactement l'inverse. Que l'on parle du climat, de l'immigration, du Moyen-Orient ou de la Corée du Nord, on a l'impression que tout se décide dans des tweets lancés le matin. La présidence américaine devient un facteur d'instabilité dans tous les dossiers. Le dossier sur lequel je serais peut-être le plus indulgent envers lui, c'est la Corée du Nord. Personne n'a réussi à faire évoluer la situation en 20 ans et, lui, il essaie quelque chose de neuf. Accentuer la pression sur la Chine et la Russie, ce n'est pas forcément mauvais. Faut-il donc avoir peur de cette présidence ? Je m'en méfie énormément. Au lieu d'élaborer une stratégie internationale, ses conseillers les plus proches sont constamment dans le damage control pour expliquer ce que le président a voulu dire dans ses tweets. Donald Trump agit comme un candidat en campagne, à coup de slogans et sans connaître ses dossiers. Je suis la politique américaine depuis une vingtaine d'années et je suis sidéré de ce que je vois, tant sur le plan intérieur qu'extérieur. A ses débuts, George W. Bush faisait aussi l'objet de railleries. Mais il a appris à maîtriser ses dossiers. On pouvait être en désaccord avec ses décisions mais elles ne provenaient pas d'un homme instable. Donald Trump est lui incapable de trancher, il change continuellement d'avis. Une telle situation est-elle, selon vous, tenable trois années de plus ? Nous avons plusieurs scénarios. Je ne crois pas beaucoup à ceux qui envisagent une destitution ( impeachment) ou une évolution du président qui commencerait à écouter ses conseillers. Je ne pense pas non plus qu'une majorité démocrate au Congrès et/ou au Sénat modifierait profondément l'instabilité du président Trump. Nous risquons donc de voir le chaos s'accentuer et le leadership américain continuer à s'effriter. L'un des points d'interrogation est de savoir combien de temps ses conseillers les plus modérés vont encore tenir à ses côtés. L'Europe n'en a pas profité pour s'affirmer plus sur la scène internationale. Elle est trop préoccupée par ses problèmes internes, avec le Brexit, la question des migrations, etc. Elle n'a pas saisi l'opportunité de l'année catastrophique de Donald Trump. La Chine ne paraît pas plus soucieuse d'exercer ce leadership. Leur priorité reste le développement d'une politique économique agressive et ils ne veulent pas la mettre en danger en assumant un leadership mondial, avec les coûts militaires et financiers que cela implique. Si les Etats-Unis persistent dans leur instabilité actuelle, il faudra néanmoins que quelqu'un prenne le relais.