Un rapport qui sera soumis au comité de gestion de la Sécu chiffre le déficit à 3,055 milliards d'euros en 2019. Le trou devrait s'élever à 3,5 milliards en 2020 avant de grimper à six milliards d'ici la fin de la nouvelle législature en 2024, avaient alerté les syndicats jeudi.

La CSC, la FGTB et la CGSLB réclament une augmentation des recettes pour financer la Sécu au lieu de nouvelles économies. Ces organisations plaident en faveur de la création de davantage d'emplois stables, capables de créer des cotisations sociales et sur la taxation accrue des revenus sur le capital, afin de refinancer la Sécu. La part des recettes du travail dans son financement ne cesse de diminuer, avait notamment dénoncé Robert Vertenueil, président de la FGTB.

"Résoudre les problèmes de la sécurité sociale en faisant payer plus encore les employeurs et les pouvoirs publics. Voilà en gros la proposition formulée par les syndicats", résument la FEB, l'Unizo, l'UCM et le Boerenbond. Ces organisations contestent la vision selon laquelle la Sécu ne peut se porter bien que si l'on y injecte de plus en plus d'argent. Selon elles, il faut tenir compte des véritables problèmes. Elles citent ainsi "la croissance immodérée des dépenses (liée notamment au vieillissement de la population), le manque d'efficacité (cher n'est pas toujours synonyme de performant), la charge élevée sur le travail, le déficit budgétaire de 12 milliards d'euros, etc."

"Nous devons sauver la sécurité sociale, mais nous ne le ferons pas en ignorant tous les points épineux", affirment les fédérations patronales. Elles plaident dès lors pour un nouveau Pacte social (le dernier date de 1944, NDLR), dans lequel les partenaires sociaux définissent les lignes directrices pour l'avenir et pour les 75 prochaines années. "De sérieux travaux de rénovation s'imposent aujourd'hui. Le monde a fondamentalement changé et la sécurité sociale doit elle aussi évoluer", préconisent-elles.

"C'est là notre mission principale. Nous sommes désireux d'en discuter avec les syndicats, mais dans un esprit d'ouverture et sans tabous. Chaque partie doit toutefois être disposée à laisser tomber le 'chacun pour soi' au profit de l'intérêt général. Nous tendons en tous cas la main", concluent la FEB, Unizo, l'UCM et Boerenbond.