Les États-Unis sont le 4e partenaire commercial et le premier investisseur étranger en Belgique. Nos deux pays sont des alliés sécuritaires traditionnels au sein de l'OTAN et leurs économies, liées par des échanges de biens et services depuis plus d'un siècle, sont profondément intégrées. Le président élu, Monsieur Biden, aura un cahier des charges bien rempli, entre autres en ce qui concerne le rétablissement d'un dialogue constructif autour de la relation commerciale UE - USA.

Une approche différente ?

Les premières actions du président élu sur le front commercial devront, néanmoins, attendre janvier 2021. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur une possible relaxation de la politique commerciale des États-Unis vis-à-vis de l'Europe.

La prise de décision sous Biden sera assurément moins volatile et le ton plus conciliant envers ses alliés alors qu'il a déjà annoncé de mettre fin aux "guerres commerciales artificielles" avec l'Europe. Cela étant, l'approche fondamentale du libre-échange de l'Administration Trump est largement bipartisane et la priorité économique du président élu ira aux conséquences désastreuses du coronavirus. Il apparaît dès lors peu probable que Washington s'attelle à un mouvement rapide d'apaisement commercial envers Bruxelles.

Les chantiers commerciaux

Pour les entreprises, européennes et américaines, il est, toutefois, indispensable de résoudre rapidement certains irritants commerciaux que nous avons vu naître ces quatre dernières années. J'appuie ainsi pleinement la volonté de la Commission européenne de travailler à un agenda commercial positif entre l'Union européenne et les États-Unis dans un esprit de respect mutuel.

Premièrement, les mesures tarifaires américaines - toujours en vigueur - sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) européens touchent également les producteurs belges. L'argument du danger présenté à la sécurité nationale est mal perçu et contribue à un climat de suspicion protectionniste. Peut-on réellement affirmer que nos exportations représentent un danger pour le partenaire américain ?

Deuxièmement, les États-Unis et l'Union européenne ont le pouvoir de reformer l'Organisation mondiale du commerce, et de sortir son organe d'appel de l'impasse actuelle. L'Administration américaine, dont certains griefs peuvent être entendus, a maintenant l'opportunité de procéder à la sélection de juges à la Cour d'appel. Une réforme en profondeur de cette organisation ne peut se faire sans une coopération étroite entre les deux blocs.

Troisièmement, une solution politique négociée peut également être trouvée aux différends Boeing et Airbus afin d'éviter une escalade de contre-mesures tarifaires néfaste pour l'économie transatlantique. L'Union européenne a récemment reçu le droit par l'OMC d'imposer à son tour des tarifs douaniers sur des produits américains d'une valeur de 4 milliards USD. La Commission européenne a annoncé le 9 novembre sa décision d'imposer des tarifs douaniers entre 10 et 25%.

Plus largement, Washington et Bruxelles ont la possibilité de mettre en place de nouvelles règles globales sur les subsides industriels. Les résultats du trialogue Japon - USA - UE sont prometteurs à cet égard.

Enfin, un accord commercial, même partiel, sur les tarifs industriels entre l'Union européenne et les États-Unis stimulerait les économies des deux blocs durement touchés par la récession due à la pandémie. Ces négociations étaient en cours sous l'Administration Trump mais sont, en ce moment, soyons francs, au point mort. Sur le moyen terme, un tel accord s'avérera bénéfique pour nos entreprises.

Un "reset" de la relation commerciale

Bien qu'elles aient été mises à l'épreuve ces quatre dernières années, les relations commerciales transatlantiques sont solides. L'élection de Joe Biden est une opportunité de les consolider davantage, de s'affranchir des irritants commerciaux et de façonner le système commercial global de demain.

Nos entreprises et nos économies s'en trouveront renforcées.

Pieter Timmermans

Les États-Unis sont le 4e partenaire commercial et le premier investisseur étranger en Belgique. Nos deux pays sont des alliés sécuritaires traditionnels au sein de l'OTAN et leurs économies, liées par des échanges de biens et services depuis plus d'un siècle, sont profondément intégrées. Le président élu, Monsieur Biden, aura un cahier des charges bien rempli, entre autres en ce qui concerne le rétablissement d'un dialogue constructif autour de la relation commerciale UE - USA.Une approche différente ?Les premières actions du président élu sur le front commercial devront, néanmoins, attendre janvier 2021. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur une possible relaxation de la politique commerciale des États-Unis vis-à-vis de l'Europe. La prise de décision sous Biden sera assurément moins volatile et le ton plus conciliant envers ses alliés alors qu'il a déjà annoncé de mettre fin aux "guerres commerciales artificielles" avec l'Europe. Cela étant, l'approche fondamentale du libre-échange de l'Administration Trump est largement bipartisane et la priorité économique du président élu ira aux conséquences désastreuses du coronavirus. Il apparaît dès lors peu probable que Washington s'attelle à un mouvement rapide d'apaisement commercial envers Bruxelles. Les chantiers commerciauxPour les entreprises, européennes et américaines, il est, toutefois, indispensable de résoudre rapidement certains irritants commerciaux que nous avons vu naître ces quatre dernières années. J'appuie ainsi pleinement la volonté de la Commission européenne de travailler à un agenda commercial positif entre l'Union européenne et les États-Unis dans un esprit de respect mutuel.Premièrement, les mesures tarifaires américaines - toujours en vigueur - sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) européens touchent également les producteurs belges. L'argument du danger présenté à la sécurité nationale est mal perçu et contribue à un climat de suspicion protectionniste. Peut-on réellement affirmer que nos exportations représentent un danger pour le partenaire américain ? Deuxièmement, les États-Unis et l'Union européenne ont le pouvoir de reformer l'Organisation mondiale du commerce, et de sortir son organe d'appel de l'impasse actuelle. L'Administration américaine, dont certains griefs peuvent être entendus, a maintenant l'opportunité de procéder à la sélection de juges à la Cour d'appel. Une réforme en profondeur de cette organisation ne peut se faire sans une coopération étroite entre les deux blocs.Troisièmement, une solution politique négociée peut également être trouvée aux différends Boeing et Airbus afin d'éviter une escalade de contre-mesures tarifaires néfaste pour l'économie transatlantique. L'Union européenne a récemment reçu le droit par l'OMC d'imposer à son tour des tarifs douaniers sur des produits américains d'une valeur de 4 milliards USD. La Commission européenne a annoncé le 9 novembre sa décision d'imposer des tarifs douaniers entre 10 et 25%. Plus largement, Washington et Bruxelles ont la possibilité de mettre en place de nouvelles règles globales sur les subsides industriels. Les résultats du trialogue Japon - USA - UE sont prometteurs à cet égard. Enfin, un accord commercial, même partiel, sur les tarifs industriels entre l'Union européenne et les États-Unis stimulerait les économies des deux blocs durement touchés par la récession due à la pandémie. Ces négociations étaient en cours sous l'Administration Trump mais sont, en ce moment, soyons francs, au point mort. Sur le moyen terme, un tel accord s'avérera bénéfique pour nos entreprises.Un "reset" de la relation commercialeBien qu'elles aient été mises à l'épreuve ces quatre dernières années, les relations commerciales transatlantiques sont solides. L'élection de Joe Biden est une opportunité de les consolider davantage, de s'affranchir des irritants commerciaux et de façonner le système commercial global de demain. Nos entreprises et nos économies s'en trouveront renforcées. Pieter Timmermans